lundi 30 mars 2020

Une journée passée avec Abdoulaye,

Quand Abdoulaye Sangaré, après quelques années, quitte le Village d’Enfants SOS de Ouagadougou et la Cellule d’ Encadrement des Jeunes, il laisse les responsables sur un sentiment de devoir accompli, et surtout de satisfaction. La vie d’Abdoulaye représente un de ces résultats sociaux durables de l’action de SOS Villages d’Enfants Burkina Faso. Son parcours reste encore un exemple à même de faire faire des émules.


 Abdoulaye a aujourd’hui un statut chez CITEC qui l’emploie en qualité d’agent de maintenance dans son usine de fabrique d’huile et de savon. Au milieu des machines, c’est bien là sa place, puisqu’il l’a désirée en préparant ses diplômes à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso. D’abord un Certificat d’Aptitude Professionnelle(CAP), option mécanique industrielle obtenue au Centre Mout; puis, en 2005, toujours dans la même spécialité, il s’adjuge un BEP (Brevet d’Etudes Professionnelles) au Complexe Scolaire Baraka dans des conditions inhabituelles à SOS Villages d’ Enfants Burkina Faso. Abdoulaye témoigne en effet : « J’avais atteint la limite d’âge de prise en charge tandis que je n’avais pas encore fini mes études. 
Les responsables de SOS Villages d’Enfants Burkina Faso, m’ont accordé une année supplémentaire. Sans quoi, je n’aurais pas été candidat à l’examen du BEP.» Dans les jours qui suivent, Abdoulaye suit une formation en techniques de recherche d’emploi proposée par SOS Villages d’ Enfants Burkina Faso, en collaboration avec l’Agence Nationale de la Promotion de l’Emploi (ANPE). « Cette formation a été déterminante pour l’obtention de son premier travail », se souvient Abdoulaye. Et c’est le déclic ! Quelques semaines plus tard son dossier à l’ANPE intéresse la CITEC qui l’intègre tout de suite dans un effectif d’environ 4000 employés. « Mon travail est d’assurer le bon fonctionnement des machines. Vu la taille des machines et leur nombre nous travaillons en équipe », explique Abdoulaye. Le milieu est exigeant, mais il tire son épingle du jeu, en témoigne le satisfecit de monsieur Badiéra, son supérieur hiérarchique immédiat : « C’est un garçon dont les compétences professionnelles et la qualité de ses relations avec les collègues forcent l’admiration […] Jamais je n’ai eu à le reprocher de quoi que ce soit ; je suis fier de lui ». Sentiment d’ailleurs partagé par de nombreux autres collaborateurs. 

A propos de lui, sa maman SOS ne tarit d’éloges : « J’ai été très heureuse et je le suis encore aujourd’hui, d’avoir été la Mère SOS de Abdoulaye. En plus de son amour pour les études, il a toujours été un garçon serviable». Tout sourire, l’ancien pensionnaire du Village d’Enfants dit garder un très bon souvenir de sa vie d’enfant à SOS. « Certes, nous avons rencontré quelques difficultés - comme dans toute autre famille -, mais ce que je retiens après ces moments passés au Village d’Enfant SOS, c’était la joie de vivre avec mes frères et sœurs SOS. », ajoute-t-il. Quant à sa Maman SOS, c’est une personnalité de choix dans sa vie, et il cache difficilement son émotion quand il parle d’elle. Il reste en contact avec elle, et sans doute pour toujours. « Qui ne voudrait pas en faire autant pour sa mère ? », lance-t-il comme pour se justifier. 
                                                                                        Par Victor KOMONDI

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