lundi 30 mars 2020

Comité de protection de l’enfant, une initiative du Projet RECORDE

Un bébé fut abandonné en plein mois d’août, aux intempéries. Et il fallait faire quelque chose ! Ce que fit le comité de Protection de l’enfant, lorsqu’il a été saisi de la situation dans le quartier Polesgo. Abandonné par sa mère, malade, et démunie, Emmanuel eût la vie sauve grâce à l’intervention de la communauté, alertée par les pleurs de l’infortuné. Le comité de protection de l’enfant, déjà mis en place à l’époque, s’est dépêché sur les lieux et a trouvé un beau garçon âgé d’à peine dix jours ! Puis, tout s’améliora au bonheur d’Emmanuel qui vit aujourd’hui dans les conditions lui permettant d’espérer des jours meilleurs.



La question des droits de l’enfant fait polémique un peu partout, c’est connu ! En Afrique, et au Burkina Faso, même si des voix ne s’élèvent pas pour décrier certaines dispositions officielles en la matière, l’on discute tout de même sur leur opportunité. Tels qu’ils sont institutionnalisés, les droits de l’enfant dérangent certains milieux, qui y trouvent un phénomène importé, ou une question futile devant les multiples formes de la pauvreté, de préoccupations quotidiennes hautement plus vitales. La culture y est aussi pour quelque chose, surtout lorsque coercitions et brimades sont une approche admise. Excision des jeunes filles, mariages forcés et/ou précoces, violences physiques et autres formes de maltraitance, tout y passe. 

D’où parfois, malheureusement, des conséquences dommageables et irréversibles. L’Association Namanegbzanga se trouve aux avantgardes du combat légitime que le constat suscite sur le terrain. Mariam Boly, responsable du projet RECORDE à Ouagadougou, porte également la charge du suivi des actions entreprises par l’association. Ainsi dit-elle, « c’est pour contrer ces dérives récurrentes observées sur la protection de l’enfant, que l’Association Namanegbzanga a mis en place le comité de protection de l’enfant, dont l’objectif majeur est de veiller au respect des droits de l’enfant dans les communautés (Polesgo et Roumtenga) ».

Le rôle du comité est de contribuer à lutter contre les violences faites aux enfants dans les communautés de mise en œuvre du projet RECORDE que sont Polesgo et Roumtenga, et au-delà, si cela est nécessaire. Il est composé de 10 membres, issus des différentes communautés, dont un leader religieux, des leaders d’opinion et surtout des représentants des services de l’Etat, de la mairie et des écoles. Pour Houda DABO, président dudit comité, la configuration de cet organe est un enjeu de crédibilité pour les messages véhiculés pendant les séances de sensibilisation de masse parfois à travers des théâtres fora dans les lieux de culte, et lors des rencontres des Groupements Villageois d’Epargne et de Crédit (GVEC). « Les membres qui composent le comité, lui valent une certaine crédibilité. La sensibilisation n’aurait pas eu un écho favorable si elle devait être menée par des personnes étrangères à la communauté ». Chacun d’eux fait office de conseiller et facilite la mise en relation du groupe avec les services de l’action sociale, surtout en cas d’alerte. D’où la grande confiance que la communauté leur accorde.
 Et des signalements, comme le cas d’Emmanuel, sont faits. En effet, depuis la mise en place du comité, sept cas de signalement ont été enregistrés et traités avec succès. L’appropriation d’informations relatives aux droits de l’enfant devient par ailleurs une réalité ; le changement de mentalité également. Fort de cette expérience, et en vue de partager les bonnes pratiques, le comité à Polesgo et Roumtenga compte intégrer dans un avenir proche le réseau de protection de l’enfant, une organisation à l’échelle de la ville de Ouagadougou. 

Victor KOMONDI

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