mercredi 18 mai 2022

Résilience des personnes albinos : L’audace d’Asseta

 



Pleine de volonté et engagée dans la quête de meilleures conditions de vie,  Asseta  se bat comme de nombreuses personnes atteintes d’albunisme  au Burkina Faso, pays où la température oscille en moyenne à 41°. La voix quelquefois  submergée par l'émotion, elle tient malgré tout à s’exprimer, car bénéficiaire d’une session de formation sur les changements climatiques  tenue le 31 mars 2022 à Ouagadougou par le projet Benkadi. Titulaire d'une licence en Anglais, Asseta, jeune albinos  est issue d’une famille de sept  (07) enfants dont trois (03) atteints d’albinisme. Stigmatisée depuis son enfance du fait de  sa condition d’albinos, elle en garde encore aujourd’hui des séquelles psychologiques et émotionnelles. Elle nous livre ici un témoignage tout aussi édifiant qu’interpellateur, avec un accent mis sur la résilience, la témérité et l’audace des personnes albinos dans un contexte de réchauffement de la planète.

 





L’albinisme est souvent considéré comme un signe de mauvais augure au Burkina Faso. En effet, la société perpétue des croyances fort préjudiciables et rétrogrades à l'endroit des personnes atteintes d’albinisme, qui sont souvent mises à l’écart, tournées en bourrique, voire tuées au cours de pratiques rituelles. Comme tant d’autres, Asseta a appris à composer avec l’albinisme, mais elle a dû se battre contre la stigmatisation liée à sa couleur de peau.

C’est avec une poignée de main ferme et chaleureuse qu’elle nous accueille chez elle dans le quartier Dassasgho à Ouagadougou où elle vit avec ses frères et sœurs. « Je vous apporte à boire ?» nous demande-t-elle, après avoir pris le soin de nous installer confortablement.  « A l’école, personne ne voulait s’assoir à côté de moi » précise-t-elle d’entrée de jeu. Et de poursuivre, émue par le souvenir, « même pendant les activités sportives, où il est demandé de faire des groupes, tous les groupes me rejetais…. je me retrouvais toute seule, et parfois en larme ».

Pourtant, tous ces rejets n’ont pas entamé la détermination d’Asseta, qui poursuit courageusement ses études jusqu’à décrocher brillamment en 2020 sa licence d’anglais à l’université Joseph Ki-Zerbo de Ouagadougou.  « Je suis fière aujourd’hui d’avoir pu surmonter toutes les épreuves pour réaliser mon rêve d’avoir un diplôme », confie-t-elle. Aujourd’hui, Asseta ambitionne de faire un Master afin d'embrasser une carrière dans la diplomatie ou être interprète dans une organisation de référence. Si Asseta a pu braver les moqueries et les injures de toutes sortes, d’autres personnes albinos par contre n’ont pas eu cette chance. En effet, plusieurs dizaines d’enfants ont été obligés de quitter les bancs, las de  la stigmatisation. Certains d'entre eux passent des journées entières à la maison à cause de la peur du regard des autres.  Autant de blessures profondes enfouies dans leurs subconscients, qui détériorent leur estime de soi.

L’obtention de son parchemin n’est pas le seul gage d'épanouissement d’Asseta.  Comme d’autres jeunes filles et garçons de sa situation, elle est   membre de l’Association des Femmes Albinos du Burkina Faso (AFAB). Cette  association  mène des activités aussi riches que variées, afin de  trouver des solutions aux difficultés rencontrées par les personnes atteintes d’albinisme.

Les objectifs de l’AFAB correspondent aux spécificités du projet Benkadi qui prônent la promotion du genre et l’inclusion sociale, d’où la formation organisée à leur endroit. Pour Asseta, cet atelier de formation des femmes albinos sur les enjeux liés aux changements climatiques dans un contexte de COVID 19 fut véritablement une expérience inoubliable. « La formation m’a permis non seulement de renforcer mes connaissances sur les questions liées aux variations climatiques et leurs impacts sur les personnes atteintes d’albinisme, mais également de recevoir des  conseils pratiques  pour y faire face ». Asseta et sa communauté connaissent mieux maintenant les bons comportements à adopter  et  sont surtout disposés  à  former d’autres personnes sur les enjeux des changements climatiques sur les populations vulnérables et les bonnes pratiques à mettre en œuvre. En effet, la hausse des températures occasionne le développement de maladies telles que le cancer de la peau et les maladies liées aux yeux. Il est donc à craindre que les impacts des changements climatiques influencent fortement la situation des personnes albinos et accentuent les risques de vulnérabilité de cette frange de la population.  

Au-delà de la formation proprement dite, avoue  s'être sentie respectée  dans sa différence, et cela a renforcé  sa  confiance en soi. «  Je remercie le projet Benkadi pour cette  attention accordée à notre communauté et aux perspectives nouvelles qui s’ouvrent pour nous », affirme-t-elle pleine d'émotions. L’expérience d’Asseta pourrait être résumée à travers cette phrase de Georges Bernanos  qui stipule que : « pour rencontrer l’espérance, il faut être allé au-delà du désespoir. Quand on va jusqu’au bout de la nuit, on rencontre une nouvelle aurore ».

C’est pour cela que nous interpellons toutes les communautés à faire preuve d’humanisme à travers un changement de comportement à l’endroit  des personnes albinos qui sont humiliées et stigmatisées. Ils sont nos frères, nos sœurs, nos mamans et comptent sur nous pour avoir un avenir meilleur afin de jouir  de leurs vies comme les autres êtres humains à part entière. Leurs droits doivent être respectés et promus à tous les niveaux pour un développement durable et inclusif.

 

De Victor Komondi

Expert Communication et Plaidoyer

Projet Benkadi Burkina Faso

Mail : victorkom@gmail.com

 

jeudi 22 octobre 2020

Le karaté-do, un tremplin d’épanouissement pour les enfants

 


Si le karaté-do se définit de prime a bord comme un art martial, il semble paradoxal qu’il puisse être un puissant moyen d’éducation à la discipline. Le but du karaté do serait-il la victoire à tout prix ou la victoire sur les défis intérieurs et extérieurs ? Toujours est-il que Monsieur Guiro Hamadé en fin praticien en sait davantage, lui qui en a fait aujourd’hui un moyen privilégié de régulation du comportement chez les enfants. Employé à SOS Villages d’Enfants Burkina Faso où il est coordonnateur de la prise en charge alternative, ce travailleur qui recherche des moyens inédits d’éducation est un diplômé de l’école des cadres supérieurs en travail social de Ouagadougou. Ses compétences d’administrateur des affaires sociales lui permettent de quitter la fonction publique pour d’intégrer SOS Villages d’Enfants en février  2017.  Ceinture noire de karaté-do depuis 1998 il jouit d’une réputation sure dans ce milieu combien exigeant. Certain que le karaté-do qui fascine tant les adolescents est un puissant moyen de domination de soi, il attache du prix à sa pratique assidue et à sa valorisation à SOS Villages d’Enfants Burkina Faso.

 

Prunelle : Vous êtes un expert en travail social. Quelle analyse  faites-vous de la situation des enfants au Burkina Faso ?  

Hamadé GUIRO  ( HG): De mon expérience professionnelle, des constats que je fais personnellement, et des différentes études menées sur les questions de l’enfance,  il ressort de façon évidente, et croyez-moi, je n’en suis pas fier, que la situation des enfants n’est pas reluisante au Burkina Faso. Les enfants font face à de nombreux problèmes, et leurs droits fondamentaux ne sont pas respectés, notamment le droit à la santé, le droit à l’éducation. Même ceux qui vont à l’école, ils ne sont pas nombreux à atteindre le post primaire et l’université. Alors que nous savons tous que l’éducation est la base de tout développement. Il y a malheureusement une kyrielle de situations qui font froid au dos : enfance en situation de rue, enfants délaissés. Tiens ! Parlant des enfants délaissés, il y a des questions à se poser sur notre société actuelle, lorsqu’un petit matin, on découvre un bébé jeté dans un dépotoir d’ordures. Et que dire des enfants victimes de terrorisme. Chaque semaine, nous dénombrons des milliers de personnes déplacées. Et c’est toujours les familles qui se déplacent avec leurs enfants. C’est dans ce sens que le travail que SOS Villages d’Enfants prend tout son sens. Les actions de notre organisation viennent en soutien aux efforts déjà déployés par l’Etat. Nous sommes tous interpelés !

 

 Prunelle : Quelles conditions s’avèrent nécessaires pour l’épanouissement de l’enfant ?

HG : Pour ma part, l’une des conditions sine qua non pour qu’un enfant soit heureux, c’est l’amour et l’affection inconditionnels des parents. C’est la base pour qu’un enfant puisse croître harmonieusement. Si les parents jouaient très bien leur rôle, tant d’enfants ne seraient pas en situation de vulnérabilité et placés à SOS Villages d’Enfants ou d’autres structures de prise en charge des enfants en difficulté.

 

Prunelle : Depuis votre arrivée à SOS Villages d’Enfants, il a été remarqué un engouement certain pour le sport en général et le karaté –do en particulier, pouvez-vous nous en dire plus ?

HG : Avant de répondre à votre question, je tiens à préciser que mon rôle premier  à SOS Villages d’Enfants est de veiller à ce que les enfants bénéficient d’une prise en charge de qualité. Pour revenir à votre question, je dirai que le sport et plus particulièrement le karaté, s’est imposé de lui-même. Lorsque je suis arrivé au Village d’Enfants SOS de Ouagadougou, j’ai longtemps observé les enfants, leurs inter – actions entre eux, et avec leurs Mamans SOS, ainsi qu’avec les éducateurs et les collaborateurs. Le premier constat que j’ai fait chez les adolescents, à savoir ceux qui ont entre 11 et 14 ans est que les Mamans SOS avaient des difficultés avec les enfants de cette tranche d’âge. Et cela n’est pas étonnant, les réactions de contestation de l’autorité sont naturelles, mais elles ont besoin d’être canalisées. Je devais donc faire quelque chose, apporter ma contribution pour améliorer les relations entre les enfants de cette tranche d’âge et leurs Mamans SOS. J’ai d’abord commencé avec le football. Je jouais avec eux, et c’était une belle occasion de gagner leur confiance. C’est ainsi que lors d’un échange avec l’un de ces enfants, que j’ai appris qu’il voulait faire du karaté. En tant qu’instructeur de karaté, nous avons commencé les premiers pas séance tenante ! Ainsi est né le club de Karaté, avec les accoutrements et les procédures rigoureuses que cela exige.  

Prunelle : D’aucuns affirment que le Karaté est un sport dangereux,  qu’il pourrait créer chez les enfants un instinct de révolte et d’indiscipline. Est – ce vrai ?

HG : De prime a bord, on serait tenté de leur donner raison, car avant tout le karaté est un art martial. Etymologiquement cette notion est relative au combat et à la guerre. Il est possible de comprendre un tel jugement. Cependant, il s’agit de jugements   de profanes. Sinon le karaté est un diminutif. Le terme exact, c’est le karaté – do. Entendez par karaté toute la partie consacrée au physique, et par do, l’activité qui fait appelle à la philosophie, à la formation de l’esprit. Les deux sont intimement liés. On ne peut pas faire le Karaté sans le do et vice versa. La philosophie du karaté enseigne que l’homme est corps et esprit. Cette interaction entre les deux entités est très importante en karaté. Les enfants qui pratiquent le karaté le savent par cœur à travers les principes que nous leur enseignons : le caractère, la sincérité, l’effort, l’éthique, self-défense. Je garde en mémoire ce que  mon maître de karaté nous a enseigné. Il tire d’ailleurs ses propos du fondateur du karaté lui-même. Il disait que le karaté commence par le travail, la persévérance, et se termine par le respect et l’humilité. La plus grande victoire qu’un karatéka puisse avoir, c’est de ne pas avoir à combattre. C’est celui qui ne connait pas la violence qui fait la violence. Toujours dans cette même logique, permettez-moi de vous raconter cette petite anecdote. Un jour, alors que le karaté allait commencer, j’ai vu des enfants du Village pourchasser un margouillat qu’ils ont finalement tué. Ils étaient fiers de leur acte. Ayant suivi la scène, j’ai, après quelques minutes d’entrainement, tenu à leur parler. Je leur ai posé une et une simple question : pourquoi avez-vous tué le margouillat ? Qu’est-ce qu’il vous a fait ? Ils ont dit que le reptile ne leur a rien fait. Et j’ai continué mes questions. Si le margouillat ne vous a rien fait, pourquoi l’avez-vous tué ? J’ai conclu mes propos en leur faisant comprendre qu’il n’y a pas d’action offensive en karaté, et son but est la préservation et la défense de toute vie. Les films de karaté nous l’enseignent d’ailleurs. Que ce soit Bruce Lee, Jackie Chan, Jean Claude Van  Damme, Jet Li Steaven Seagal, ces héros du karaté sont toujours dans une position de défense du faible. Le défenseur des causes perdues… Le même esprit prévaut dans toutes les autres disciplines des arts martiaux :  Kung Fu, Judo, Taekwondo… Pratiquer le Karaté, c’est véhiculer un message. Lorsqu’une personne mal intentionnée vous attaque sans raison valable, vous avez alors le devoir de vous défendre. C’est pourquoi tous les katas (combats imaginaires) en karaté commencent toujours par une défense et non par une attaque





Prunelle : Il a été dit que l’instauration du karaté au programme de Ouaga a apporté un plus dans l’instauration de la discipline avec les enfants ?

HG : Je suis gêné de répondre à cette question, parce que je suis celui qui a instauré le karaté au sein du Village. Je ne voudrais pas que cela ressemble à une auto satisfaction. Si je dois répondre, ça sera avec ma casquette de coordonnateur de la prise en charge altérative. De ce point de vue, je peux affirmer, si je prends en compte les témoignages des Mamans SOS et des collaborateurs,  que le karaté a assagi les enfants. Cela se remarque par la diminution des fugues d’enfants.

Prunelle : Avez-vous des perspectives pour le club de karaté ?

HG : Des perspectives, il y en a ! Lorsque je vois la qualité du travail des enfants que j’encadre avec Maitre. Diabouga, un de mes tout premiers élèves de l’ONATEL CLUB de Kaya en 1998, je suis certain qu’il y en a qui iront loin dans cette discipline. Ils sont nombreux à avoir du potentiel et pour cela, nous pouvons faire de grands rêves pour eux. D’ailleurs, je suis en contact permanent avec le Directeur technique de la fédération nationale du karaté au Burkina Faso, Maitre Maré Corneille, qui vient d’être nommé juge mondial de karaté en février 2020.  C’est le premier burkinabè à avoir reçu une telle distinction au niveau international.  Bien que grand maître du karaté, il est en même temps un haut cadre du Ministère de la Femme de la Solidarité Nationale de la Famille et de l’Action humanitaire.  Avec lui nous allons parler de l’avenir de ces enfants. Je pense particulièrement aux bourses que nous pourrons décrocher pour eux afin qu’ils puissent poursuivre leurs études et devenir  des cadres de ce pays.  Quand je pense aux enfants comme Compaoré Rachid, Zoungrana Natacha, Balma Amza… il y a de quoi être fier.

Prunelle : Avez-vous des besoins pour améliorer le travail qui se fait ?

HG: Nous avons besoin d’un  soutien de bénévoles qui s’engagent corps et âme pour que le club de Karaté marche bien. J’ai le soutien de Maître Diabouga, un de mes tout premiers jeunes que j’ai encadrés il y a 20 ans. Aujourd’hui, il en a fait son métier. Il mérite d’être soutenu à la hauteur de son engagement et du travail de qualité qu’il fait à SOS Villages d’Enfants à mes côtés. Autre soutien, ce sont  les tatamis c’est-à-dire des planches spécialement conçus pour la pratique du karaté .



Prunelle : Avez-vous un dernier mot ?

HG : Je voudrais tout simplement  exprimer ma profonde gratitude au Directeur National qui a vivement soutenu  la mise en place de ce club de karaté. Je profite remercier tous les collaborateurs qui se consacrent nuit et jour à la cause des enfants

Propos recueillis par Victor KOMONDI


Elisabeth, révélation d’une femme d’affaires !

 



A SOS Villages d’Enfants, l’on arrive avec une histoire pour en repartir avec une autre. Exemple d’un accompagnement abouti, la vie d’Elisabeth vaut à présent son pesant d’or, puisque l’ancienne enfant de SOS Villages d’Enfants est une femme d’affaires.  Qui s’est établie à Yako, localité à une centaine de kilomètres de Ouagadougou.  A deux jours de notre rendez-vous que nous avions sollicité, nous recevons un coup de fil d’elle demandant un report. «  Je suis presqu’à terme, et je me demande si ça serait bien que j’apparaisse dans votre journal avec un gros ventre,» s’excuse-t-elle.  Cela nous semble drôle et nous la convainquons de se raviser. Et le RDV est maintenu.

 Elle est à la tête de deux petites entreprises : un atelier de coupe-couture, et une librairie. C’est qu’Elisabeth Ouedraogo a toujours été intéressée par le métier de couturier et rêvait de s’y former. « Depuis ma prime enfance, j’ai été émerveillée par le métier de la couture », explique-telle. « De cette curiosité est née une passion, puis une vocation affermie». Lorsque, à la fin de sa prise en charge, elle reçoit un soutien de SOS Villages d’Enfants, elle achète le matériel de base et se duquel elle réussit sans ambages au Certificat d’Aptitude Professionnel en 2013.   Deux grands événements s’enchainent les mois suivants : Elisabeth convole en justes noces avec un agent des finances – actuellement en formation -, puis ouvre un  modeste atelier de couture. Son aventure d’entrepreneure débutante promet déjà, mais pas assez pour la convaincre de dormir sur ses lauriers. La désormais Madame Kiendega entend défendre ses ambitions de femme d’affaires. Elle crée alors une "librairie-papeterie" où elle se met à commercialiser fournitures scolaires et matériel didactique. Ses allures de combattante, elle se l’explique : « J’ai appris à me battre dans la vie. Si SOS Villages d’Enfants m’a aidée, je dois me montrer digne de cette attention. » Pour elle, une seule activité n’est pas une garantie. Elle témoigne tout de même que la librairie gérée par un employé, fonctionne aussi bien que la couture. Le secret de sa réussite, elle nous le dévoile : « Dans notre métier [ndlr : coupe-couture], il ne suffit  pas de bien faire son travail, il faut aussi être à l’écoute des clientes, et au mieux, leur faire des suggestions. Ce qui me vaut ma clientèle ». Puis de rassurer qu’à Yako tout le monde ou presque connaît la librairie " Le Passoré", une destination idéale pour l’acquisition de fournitures scolaires, surtout à l’orée de la rentrée des classes.  



Et la marche vers la prospérité continue pour Elisabeth qui, dans l’intention de postuler aux différents marchés publics, vient de formaliser sa librairie.  D’ailleurs, soutenue par son financier d’époux, elle ambitionne de développer la librairie " Le Passoré" au-delà des frontières de la province dont l’entreprise porte le nom. N’est-ce pas logique quand, à l’issue de notre entretien, la dame demande à-brûle-pourpoint à notre équipe : « Pensez-vous que je pourrai déposer une offre de service afin que mon entreprise fasse partie de la base de données des fournisseurs de SOS Villages d’Enfants ?».  Une doléance que, nous espérons, sera entendue par les responsables.

 Victor KOMONDI