jeudi 22 octobre 2020

Elisabeth, révélation d’une femme d’affaires !

 



A SOS Villages d’Enfants, l’on arrive avec une histoire pour en repartir avec une autre. Exemple d’un accompagnement abouti, la vie d’Elisabeth vaut à présent son pesant d’or, puisque l’ancienne enfant de SOS Villages d’Enfants est une femme d’affaires.  Qui s’est établie à Yako, localité à une centaine de kilomètres de Ouagadougou.  A deux jours de notre rendez-vous que nous avions sollicité, nous recevons un coup de fil d’elle demandant un report. «  Je suis presqu’à terme, et je me demande si ça serait bien que j’apparaisse dans votre journal avec un gros ventre,» s’excuse-t-elle.  Cela nous semble drôle et nous la convainquons de se raviser. Et le RDV est maintenu.

 Elle est à la tête de deux petites entreprises : un atelier de coupe-couture, et une librairie. C’est qu’Elisabeth Ouedraogo a toujours été intéressée par le métier de couturier et rêvait de s’y former. « Depuis ma prime enfance, j’ai été émerveillée par le métier de la couture », explique-telle. « De cette curiosité est née une passion, puis une vocation affermie». Lorsque, à la fin de sa prise en charge, elle reçoit un soutien de SOS Villages d’Enfants, elle achète le matériel de base et se duquel elle réussit sans ambages au Certificat d’Aptitude Professionnel en 2013.   Deux grands événements s’enchainent les mois suivants : Elisabeth convole en justes noces avec un agent des finances – actuellement en formation -, puis ouvre un  modeste atelier de couture. Son aventure d’entrepreneure débutante promet déjà, mais pas assez pour la convaincre de dormir sur ses lauriers. La désormais Madame Kiendega entend défendre ses ambitions de femme d’affaires. Elle crée alors une "librairie-papeterie" où elle se met à commercialiser fournitures scolaires et matériel didactique. Ses allures de combattante, elle se l’explique : « J’ai appris à me battre dans la vie. Si SOS Villages d’Enfants m’a aidée, je dois me montrer digne de cette attention. » Pour elle, une seule activité n’est pas une garantie. Elle témoigne tout de même que la librairie gérée par un employé, fonctionne aussi bien que la couture. Le secret de sa réussite, elle nous le dévoile : « Dans notre métier [ndlr : coupe-couture], il ne suffit  pas de bien faire son travail, il faut aussi être à l’écoute des clientes, et au mieux, leur faire des suggestions. Ce qui me vaut ma clientèle ». Puis de rassurer qu’à Yako tout le monde ou presque connaît la librairie " Le Passoré", une destination idéale pour l’acquisition de fournitures scolaires, surtout à l’orée de la rentrée des classes.  



Et la marche vers la prospérité continue pour Elisabeth qui, dans l’intention de postuler aux différents marchés publics, vient de formaliser sa librairie.  D’ailleurs, soutenue par son financier d’époux, elle ambitionne de développer la librairie " Le Passoré" au-delà des frontières de la province dont l’entreprise porte le nom. N’est-ce pas logique quand, à l’issue de notre entretien, la dame demande à-brûle-pourpoint à notre équipe : « Pensez-vous que je pourrai déposer une offre de service afin que mon entreprise fasse partie de la base de données des fournisseurs de SOS Villages d’Enfants ?».  Une doléance que, nous espérons, sera entendue par les responsables.

 Victor KOMONDI

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