A SOS Villages d’Enfants, l’on arrive avec une histoire pour en repartir avec une autre. Exemple d’un accompagnement abouti, la vie d’Elisabeth vaut à présent son pesant d’or, puisque l’ancienne enfant de SOS Villages d’Enfants est une femme d’affaires. Qui s’est établie à Yako, localité à une centaine de kilomètres de Ouagadougou. A deux jours de notre rendez-vous que nous avions sollicité, nous recevons un coup de fil d’elle demandant un report. « Je suis presqu’à terme, et je me demande si ça serait bien que j’apparaisse dans votre journal avec un gros ventre,» s’excuse-t-elle. Cela nous semble drôle et nous la convainquons de se raviser. Et le RDV est maintenu.
Elle est à la tête de deux petites
entreprises : un atelier de coupe-couture, et une librairie. C’est
qu’Elisabeth Ouedraogo a toujours été intéressée par le métier de couturier et
rêvait de s’y former. « Depuis ma prime enfance, j’ai été émerveillée par
le métier de la couture », explique-telle. « De cette curiosité est
née une passion, puis une vocation affermie». Lorsque, à la fin de sa
prise en charge, elle reçoit un soutien de SOS Villages d’Enfants, elle achète le matériel
de base et se duquel elle réussit sans ambages au Certificat d’Aptitude Professionnel
en 2013. Deux grands événements s’enchainent les mois
suivants : Elisabeth convole en justes noces avec un agent des finances –
actuellement en formation -, puis ouvre un modeste atelier de couture. Son aventure
d’entrepreneure débutante promet déjà, mais pas assez pour la convaincre de
dormir sur ses lauriers. La désormais Madame Kiendega entend défendre ses
ambitions de femme d’affaires. Elle crée alors une
"librairie-papeterie" où elle se met à commercialiser fournitures
scolaires et matériel didactique. Ses allures de combattante, elle se
l’explique : « J’ai appris à me battre dans la vie. Si SOS
Villages d’Enfants m’a aidée, je dois me montrer digne de cette
attention. » Pour elle, une seule activité n’est pas une garantie. Elle
témoigne tout de même que la librairie gérée par un employé, fonctionne aussi
bien que la couture. Le secret de sa réussite, elle nous le dévoile :
« Dans notre métier [ndlr : coupe-couture], il ne suffit pas de bien faire son travail, il faut aussi
être à l’écoute des clientes, et au mieux, leur faire des suggestions. Ce qui
me vaut ma clientèle ». Puis de rassurer qu’à Yako tout le monde ou
presque connaît la librairie " Le Passoré", une destination idéale
pour l’acquisition de fournitures scolaires, surtout à l’orée de la rentrée des
classes.
Victor KOMONDI
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