Les débuts d’un nouveau séjour au Burkina Faso ne s’avèrent pas aisés.
Car tout est à reconstruire, à commencer par le tissu social. « Lorsque
nous quittions la Côte d’ Ivoire, nous avions l’impression de quitter une
partie de nous-mêmes ; nous étions
si bien intégrés dans ce pays », regrette- t- elle, écrasant une larme. Le
plus dur dans le retour fut les premiers moments à Bobo Dioulasso. « Pour nourrir les enfants, je devais parcourir
environ 15 km à pieds, pour gagner la brousse où je ramassais des morceaux de
bois de chauffe que je vendais ensuite en fagots », nous confie en effet
la femme. Puis de poursuivre : « La situation
était doublement pénible en ce sens que mon mari resté en Côte d’Ivoire
espérait chaque jour que la crise prendrait bientôt fin et que nous pourrions
le rejoindre à nouveau. Mais cela a tellement duré ; notre retour en Côte
d’Ivoire n’était quasiment plus possible, tandis que tout empirait. Des
fois, quand le bois ne s’achetait pas, nous dormions à jeun. » Alors, Ramata sombrait dans le désarroi,
puisque parmi tant de priorités, elle s’était mis un point d’honneur à assurer au minimum un repas. Quid des vêtements et de
l’éducation ? Bien entendu, ces priorités-là passaient pour su luxe.
Mise au courant de la détresse de Ramata et des ses enfants, l’équipe du
Programme de Renforcement de la Famille (SOS VE), a mené nécessairement une
enquête sociale qui a conclu à l’état d’indigence de cette famille. « C’est à partir de ce
moment que notre vie a changé », reconnait Ramata. En effet, l’assistance immédiate a consisté
en des aides sur les plans de l’alimentation, du logement, de la santé (à
hauteur de 100% pour les enfants), des vêtements, et de la scolarisation des
enfants. Ramata reconnait par ailleurs avoir bénéficié d’un prêt bancaire et
d’un don d’une machine à tricoter, sans oublier les diverses formations.