dimanche 19 juin 2016

D’une vie à une autre.


  Face à la guerre qui a éclaté en Côte d’Ivoire en 2001, les rêves de Ramata ont fondu comme un morceau de beurre. Naguère, la femme était marchande,  En aventure avec son mari et trois de leurs enfants dans ce beau pays, les conditions difficiles dans ce pays en pleine crise n’augurait rien de bon pour eux  tandis que son époux exerçait un petit boulot stable. De quoi offrir une vie épanouie à leurs enfants, au nombre de trois.  Mais la guerre sévissant ne laissait autre choix à la famille que de rentrer au pays natal. C’est plutôt la femme qui prit le chemin du retour avec les enfants.  

Les débuts d’un nouveau séjour au Burkina Faso ne s’avèrent pas aisés. Car tout est à reconstruire, à commencer par le tissu social. « Lorsque nous quittions la Côte d’ Ivoire, nous avions l’impression de quitter une partie de nous-mêmes ;  nous étions si bien intégrés dans ce pays », regrette- t- elle, écrasant une larme. Le plus dur dans le retour fut les premiers moments à Bobo Dioulasso.  « Pour nourrir les enfants, je devais parcourir environ 15 km à pieds, pour gagner la brousse où je ramassais des morceaux de bois de chauffe que je vendais ensuite en fagots », nous confie en effet la femme.   Puis de poursuivre : « La situation était doublement pénible en ce sens que mon mari resté en Côte d’Ivoire espérait chaque jour que la crise prendrait bientôt fin et que nous pourrions le rejoindre à nouveau. Mais cela a tellement duré ; notre retour en Côte d’Ivoire n’était quasiment plus possible, tandis que tout empirait.  Des fois, quand le bois ne s’achetait pas, nous dormions à jeun. »  Alors, Ramata sombrait dans le désarroi, puisque parmi tant de  priorités,  elle s’était mis un point d’honneur à assurer  au minimum un repas. Quid des vêtements et de l’éducation ? Bien entendu, ces priorités-là passaient pour su luxe.

Mise au courant de la détresse de Ramata et des ses enfants, l’équipe du Programme de Renforcement de la Famille (SOS VE), a mené nécessairement une enquête sociale qui a conclu à l’état d’indigence  de cette famille. « C’est à partir de ce moment que notre vie a changé », reconnait Ramata.   En effet, l’assistance immédiate a consisté en des aides sur les plans de l’alimentation, du logement, de la santé (à hauteur de 100% pour les enfants), des vêtements, et de la scolarisation des enfants. Ramata reconnait par ailleurs avoir bénéficié d’un prêt bancaire et d’un don d’une machine à tricoter, sans oublier les diverses formations.
    

 En 2015, c’est le grand retour du père de famille à Bobo Dioulasso, auprès des siens. Le souvenir amer de la crise en côte d’Ivoire  a émoussé parmi eux le goût de l’aventure. Avec sa machine à tricoter, Ramata subvient aux besoins courants des enfants.  Plus que deux ans, et la famille sera autonomisée. Ainsi, elle sera une réussite à l’actif du "Programme de Renforcement de la Famille" de SOS Villages d’Enfants du Burkina Faso.   

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