lundi 30 mars 2020

Allianz social fund au Burkina Faso, une victoire qui compte


D’une valeur de 10 000 euros, le projet devra bientôt faire bouger les lignes en matière d’informatique et d’exploitation de l’Internet chez les jeunes de SOS Villages d’Enfants. Financé par Allianz Social Fund, il vise le renforcement de la compétitivité des jeunes pour la recherche d’un emploi décent. Ce fonds est le fruit d’un appel à projet lancé en 2018 et auquel SOS Villages d’Enfants Burkina a été admis, tout comme SOS Villages d’Enfants  Madagascar. 


D’abord inespéré au regard des rigueurs de l’appel à projet, c’est à la surprise de l’équipe de SOS Villages d’Enfants Burkina Faso, que la bonne nouvelle a été annoncée. Ce qui vaut des lauriers pour le département Mobilisation de Ressources du programme de prise en charge des jeunes. En somme, un cadeau de noël de la part de Allianz ! 

Le projet de Renforcement de la compétitivité des jeunes pour la recherche d’un emploi décent est une trouvaille novatrice pour SOS Villages d’Enfants Burkina Faso. Il vise à relever le défi de l’employabilité des jeunes. Il y a de quoi ! Car, selon une enquête menée en 2015 par l’Institut National de la Statistique et de la Démographie(INSD) seulement 5.3% des jeunes âgés de 15 -25 ans ont accès à l’internet et à l’ordinateur au Burkina Faso. La notion actuelle de modernisation de l’emploi passe par la maîtrise des technologies de l’information et de la communication. Leurs principaux outils que sont l’internet et l’ordinateur passent aujourd’hui pour être les clés de l’insertion socioprofessionnelle. Le faible taux d’accessibilité des jeunes aux moyens indispensables pour la quête de l’emploi constitue un défi tant au plan national que pour SOS Villages d’Enfants, qui fait de l’emploi des jeunes son cheval de bataille. 

Le chemin qui mène à l’emploi passe par l’ordinateur et le net. Les avatars de la fracture numérique qui caractérisent les pays à faible revenu, c’est aussi le faible accès aux biens de connexion et l’absence de compétence pour les emplois parvenus à leur stade de modernité. La conséquence immédiate en est la disqualification des couches pauvres, dont les jeunes sans appui familial. S’il faut rechercher les annonces sur Internet, le dossier de candidature, lui, sera déposé sur une plateforme de la toile qui attend un très prochain clic pour délivrer les résultats. Autant former les jeunes en vue d’accroitre leur employabilité. A SOS Villages d’Enfants, les jeunes sont un groupe vulnérable ; un gap les sépare de leurs camarades d’âge bénéficiant de conditions sociales décentes, et face auxquels ils devront se montrer à la hauteur des emplois désirés. 

Des rencontres d’échanges avec les jeunes autour de la question de l’employabilité ont permis de déceler l’obstacle majeur à l’insertion socioprofessionnelle des jeunes, qui est le non accès des jeunes à l’ordinateur et à l’internet. Dans ce contexte, est né le projet d’une salle informatique aménagée. Equipée de 5 machines, cette salle servira de cadre de formation pour le renforcement de la compétitivité des jeunes appelés, dans un proche avenir, à trouver de l’emploi ou à s’en créer un. Le projet consiste à renforcer une salle informatique existant, en vue d’y former 91 jeunes du programme de prise en charge des jeunes et du programme de renforcement de la famille. A terme, par le biais des TIC, ceux-ci devront voir leur compétitivité renforcée en matière de recherche d’emploi.

 Divers outils pédagogiques seront mis à profit : cours théoriques et travaux pratiques, afin qu’ils soient effectivement formés à l’utilisation de logiciel tel le pack office, et à l’exploitation responsable des réseaux sociaux. Sera associée une autre formation en technique de recherche d’emploi. Suivis par la cellule d’encadrement des jeunes, ils sont dans la tranche d’âge de 17 à 25 ans, tous issus des Villages SOS et des communautés environnantes. Ils devront être autonomes à l’issue de leur formation, c’est-à-dire, aptes, libres de la tutelle de SOS Villages d’Enfants, et capables de trouver leur place dans la société, au double plans social et professionnel. Il s’agit de l’aboutissement d’un processus qui commence après leur 16ème anniversaire, c’est-à-dire la fin de leur séjour dans le Village SOS. Leur avenir est envisagé à travers un plan de développement des jeunes (PDJ), qui encadre chaque jeune selon son projet d’insertion sociale et professionelle. 

                                                                                                                     Par Victor KOMONDI

Comité de protection de l’enfant, une initiative du Projet RECORDE

Un bébé fut abandonné en plein mois d’août, aux intempéries. Et il fallait faire quelque chose ! Ce que fit le comité de Protection de l’enfant, lorsqu’il a été saisi de la situation dans le quartier Polesgo. Abandonné par sa mère, malade, et démunie, Emmanuel eût la vie sauve grâce à l’intervention de la communauté, alertée par les pleurs de l’infortuné. Le comité de protection de l’enfant, déjà mis en place à l’époque, s’est dépêché sur les lieux et a trouvé un beau garçon âgé d’à peine dix jours ! Puis, tout s’améliora au bonheur d’Emmanuel qui vit aujourd’hui dans les conditions lui permettant d’espérer des jours meilleurs.



La question des droits de l’enfant fait polémique un peu partout, c’est connu ! En Afrique, et au Burkina Faso, même si des voix ne s’élèvent pas pour décrier certaines dispositions officielles en la matière, l’on discute tout de même sur leur opportunité. Tels qu’ils sont institutionnalisés, les droits de l’enfant dérangent certains milieux, qui y trouvent un phénomène importé, ou une question futile devant les multiples formes de la pauvreté, de préoccupations quotidiennes hautement plus vitales. La culture y est aussi pour quelque chose, surtout lorsque coercitions et brimades sont une approche admise. Excision des jeunes filles, mariages forcés et/ou précoces, violences physiques et autres formes de maltraitance, tout y passe. 

D’où parfois, malheureusement, des conséquences dommageables et irréversibles. L’Association Namanegbzanga se trouve aux avantgardes du combat légitime que le constat suscite sur le terrain. Mariam Boly, responsable du projet RECORDE à Ouagadougou, porte également la charge du suivi des actions entreprises par l’association. Ainsi dit-elle, « c’est pour contrer ces dérives récurrentes observées sur la protection de l’enfant, que l’Association Namanegbzanga a mis en place le comité de protection de l’enfant, dont l’objectif majeur est de veiller au respect des droits de l’enfant dans les communautés (Polesgo et Roumtenga) ».

Le rôle du comité est de contribuer à lutter contre les violences faites aux enfants dans les communautés de mise en œuvre du projet RECORDE que sont Polesgo et Roumtenga, et au-delà, si cela est nécessaire. Il est composé de 10 membres, issus des différentes communautés, dont un leader religieux, des leaders d’opinion et surtout des représentants des services de l’Etat, de la mairie et des écoles. Pour Houda DABO, président dudit comité, la configuration de cet organe est un enjeu de crédibilité pour les messages véhiculés pendant les séances de sensibilisation de masse parfois à travers des théâtres fora dans les lieux de culte, et lors des rencontres des Groupements Villageois d’Epargne et de Crédit (GVEC). « Les membres qui composent le comité, lui valent une certaine crédibilité. La sensibilisation n’aurait pas eu un écho favorable si elle devait être menée par des personnes étrangères à la communauté ». Chacun d’eux fait office de conseiller et facilite la mise en relation du groupe avec les services de l’action sociale, surtout en cas d’alerte. D’où la grande confiance que la communauté leur accorde.
 Et des signalements, comme le cas d’Emmanuel, sont faits. En effet, depuis la mise en place du comité, sept cas de signalement ont été enregistrés et traités avec succès. L’appropriation d’informations relatives aux droits de l’enfant devient par ailleurs une réalité ; le changement de mentalité également. Fort de cette expérience, et en vue de partager les bonnes pratiques, le comité à Polesgo et Roumtenga compte intégrer dans un avenir proche le réseau de protection de l’enfant, une organisation à l’échelle de la ville de Ouagadougou. 

Victor KOMONDI

Les frères Doulkom, un parcours exemplaire

Elever des triplets de garçons, si gentils soient-ils, est un triple défi, qu’il n’est pas donné à tous de relever. Au Village d’Enfants SOS de Ouagadougou, on se souvient des frères Dolkom, des triplets admis en 1997, trois success stories, qui révèlent le sens du combat de notre organisation. Installés aux places qu’ils ont choisies dans la société, ils témoignent respectivement d’un moral à toute épreuve, et d’un passé pleinement assumé.

Dominique : Sa verve rassure avant qu’il vous conte l’histoire qui est la sienne, celle d’une enfance qui aurait pu être difficile ; celle d’un jeune homme en quête d’un emploi décent ; mais aussi, celle d’un accomplissement au bout d’un travail d’équipe au sein de SOS Villages d’Enfants. Son parcours à la suite de son séjour au Village d’Enfants SOS décrit effectivement son combat pour se faire une place dans le monde du travail. L’ancien enfant SOS est aujourd’hui réceptionniste à l’hôpital de district de Bogodogo. « J’ai trois sources de revenus qui me permettent de vivre dignement, et au-delà, de subvenir aux besoins d’autres personnes », se réjouit- il. Avant qu’il ne quitte SOS Villages d’Enfants, il se forme au métier d’instituteur à l’Ecole Nationale des Enseignants du Primaire(ENEP) de Loumbila. A l’issue de cette formation il n’est pas reçu au test de recrutement d’enseignants dans la fonction publique. Dynamique, il est embauché agent commercial pour des produits d’assurance, par une maison de la place. C’est que l’homme dispose d’assez de qualités humaines pour faire un bon agent commercial. Très vite, son carnet d’adresses s’étoffe et l’avenir lui semble prometteur dans cet univers. 

 Pourtant Dominique se sent insatisfait, et va se porter candidat au test de recrutement de réceptionnistes. « Mon admission à ce poste relève du miracle », s’étonne - t - il encore quand il évoque les épreuves de ce recrutement. « Nous étions 300 candidats au départ, précise-t-il. L’on devait alors procéder à un tir au sort pour en retenir 20. Je fus de ce groupe. Après le test, 5 personnes ont été retenues pour l’entretien d’embauche. Au bout du rouleau, 02 personnes furent retenues, dont moi, le veinard ! »
 Il met cela à l’actif de l’éducation reçue à SOS Villages d’Enfants Burkina Faso. « Nous avons, mes frères et moi, reçu une très bonne éducation. Au Village d’Enfants SOS, comme à la Cellule d’Encadrement des Jeunes, nous avons toujours reçu des conseils nous invitant à la persévérance quoi qu’il arrive ». Et pour lui, ne pas exercer le métier d’instituteur n’est pas une fatalité dans la mesure où il profite des acquis de sa formation. La preuve est que, réceptionniste qu’il est, il dispense encore des cours de soutien, et continue d’officier en qualité de freelance pour l’assureur qui l’employait. «Alors que j’étais agent commercial, j’ai pu établir un bon carnet d’adresses. Si bien que je reste sollicité par les clients pour l’assurance de leurs automobiles. Mais pour en arriver là, j’ai dû comprendre le secret du métier : communiquer, séduire le client, le fidéliser et surtout maintenir le contact avec lui. En somme, c’est ce qui me vaut les ristournes que je perçois pendant que je suis hors de l’entreprise ». Dominique est un fonceur qui assume son parcours. Sans complexe, il y reconnait le mérite de SOS Villages d’ Enfants Burkina Faso. Il se souvient particulièrement de ce jour de 1997, lorsqu’après la disparition de leur père, ils y ont été admis. 

Laurent : Comme son frère Dominique, Laurent commence par une formation professionnelle, celle d’Infirmier Diplômé d’Etat. A la fin du cycle, Laurent passe deux ans en quête d’intégration à la fonction publique. Avant cette intégration, il devrait se contenter d’un poste dans le privé dont les revenus lui permettent à peine de vivre. Cependant, cela n’est pas un motif de découragement. Il sera enfin retenu à la promotion de 2018. Plutôt satisfait, il affiche de l’enthousiasme quant à ses débuts : « Je suis affecté à DANDE à 100 km de Bobo - Dioulasso. Je dois avouer qu’au début, être infirmier représentait pour moi une opportunité professionnelle. A présent, c’est mieux que cela. Je ne regrette pas d’avoir embrassé ce noble métier. Quand je vois le retour que me font les patients sur l’attention que je leur porte, je me dis que c’était plutôt une vocation tardive » nous confie – t – il, le sourire aux lèvres.
 Se remémorant son parcours à SOS Villages d’ Enfants Burkina Faso, il marque une halte sur un pan de son histoire qui reste pour lui sujet à de nombreux souvenirs dont celui-ci : « Lorsque nous étions à la Cellule d’Encadrement des Jeunes (CEJ), il m’est arrivé d’avoir une moyenne trimestrielle insatisfaisante, 09/20. Le responsable de la CEJ à l’époque, m’a fait appeler, et dans le secret de son bureau, il m’a dit ceci: « Ecoute, je ne sais pas ce qui t’arrive, mais sache que si tes frères ont obtenu une bonne moyenne, toi aussi tu peux le faire. A la prochaine évaluation, je veux que tu me montres que tu es aussi capable. » Et ce fut le cas, la courbe de ma moyenne a commencé à grimper. Puis ce fut le tour des autres éducateurs de s’intéresser à mon travail. Très vite, j’ai pu remonter la pente. Du reste, les encadreurs et notre maman SOS sont des personnes auxquelles je suis à jamais attaché. Ce sont des membres de ma famille. La notion de la famille, c’est à eux que nous la devons. Je trouve difficilement des mots de reconnaissance à l’endroit de SOS Villages d’Enfants Burkina Faso et de ses partenaires. 

Profitant largement de leurs efforts, nous sommes devenus des hommes accomplis et comblés aux plans professionnel et social. Malgré la difficulté de l’emploi au Burkina Faso, nous avons mes frères et moi, réussi à nous frayer un chemin et à trouver une place au soleil. Mais pour nous [NDLR : Laurent, Dominique, et Jean], la meilleure reconnaissance ne sera pas que des mots, nous voulons la traduire en actes concrets en nous engageant à aider nos frères encore sous la tutelle de SOS Villages d’Enfants Burkina Faso. 

Jean : Jean a commencé sa formation professionnelle au Lycée Privé le Technicien, puis au Lycée de la Jeunesse (Ouagadougou), où il s’est orienté en construction bâtiment. Spécialiste en génie civil, il a un travail à plein temps dans une brasserie de la place. Bien avant, Jean était tâcheron, travaillant à son propre compte. Avec plusieurs cordes à son arc, Jean saisit volontiers toute opportunité d’activité lucrative, en particulier à ses heures perdues. Aujourd’hui, avec son expérience, il trouve quelques marchés de construction qu’il conduit ou sous-traite.

 Parti à la rencontre d’un triplet ayant vécu dans l’un des Village d’Enfants SOS du Burkina Faso, nous avons redécouvert le trio complémentaire dont les mamans SOS se souviennent. Les décisions sont prises lorsque le quorum est atteint, c’est-à-dire lorsque deux sont avisés. Selon l’envergure du sujet, la maman SOS peut être mise à contribution. Une séduisante leçon de démocratie  en famille qui ne peut laisser personne indifférent.
                                                                                                                        Par Victor KOMONDI

Siddhartha KAUL, tout pour l'enfant !

On l’attendait impatiemment depuis l’annonce de sa visite et il est venu, celui qui, à la suite de son père, fondateur du premier Village SOS en Inde, marche depuis 4 décennies dans le sillon tracé par Hermann Gmeiner. Dans le cadre d’une tournée africaine qui l’a d’abord conduit au Togo, au Bénin et en Côte d’Ivoire, Siddhartha KAUL a séjourné au Burkina Faso, du 05 au 09 Août 2018 pour toucher du doigt les réalités de SOS Villages d’Enfants au Burkina Faso.


Au menu, une série de rencontres avec des groupes d’acteurs, des visites, avec le Président du Faso, pour évaluer, à chaque étape, la qualité des services au bien-être des enfants d’une part et d’autre part une audience avec le président du Faso afin de plaider pour un soutien conséquent du gouvernement à l’organisation. Le Président international de SOS Villages d’Enfants a immergé dans le quotidien des enfants, des travailleurs, et des partenaires de son organisation au Burkina Faso. En somme, la mission de SOS Villages d’Enfants a été porté durant ce séjour pas comme les autres. Tout a commencé par un accueil à la hauteur de l’hôte, au Village d’Enfants SOS de Ouagadougou dans l’après-midi du 5 août 2018.

 Ce sont les femmes de l’OBC (Organisation à Base Communautaire), Namanegbzanga, partenaire du programme de renforcement de la Famille, les Mamans SOS, les enfants, et les collaborateurs qui étaient les maîtres d’œuvre de cette activité, apportant du rythme avec chants et pas de danse gracieux. Puis un mot solennel de bienvenue de la représentante des Mères SOS du Burkina Faso. Le deuxième temps fort de ce séjour est la rencontre avec l’équipe managériale conduite par le Directeur National Ousseni Nyantudré. Moment de débats constructifs, ces échanges n’ont pas occulté certaines insuffisances, d’où des directives claires et fermes à observer pour rendre plus efficace l’action de SOS Villages d’Enfants Burkina. Quid des écoles dites SOS ? Elles garderont leur raison d’être, à condition qu’au moins 30% des enfants du groupe cible y fréquentent. D’une rencontre à une autre, voilà le Président dans le bureau de Madame la Ministre de la Femme de la Solidarité Nationale de la Famille et de l’ Action Humanitaire, qui depuis une vingtaine d’années, suit et supervise des activités de SOS Villages d’Enfants Burkina Faso.

Aux Mamans SOS, par exemple, Il connaît l’énormité de leur mission. A la Ministre, le Président a relayé les attentes de SOS VE Burkina: la mise à disposition de personnel pour soutenir la prise en charge des enfants dans les différents programmes ; le relèvement de la contribution du gouvernement pour le fonctionnement de SOS Villages d’ Enfants Burkina Faso. Légitimité oblige, la Ministre a marqué son accord de principe pour la première attente, en attendant une expression de besoin afin de réagir efficacement à la seconde. Ensuite, convivialité et chaleur ont été au rendezvous lors de la rencontre entre l’invité du jour et le Président du Faso, SEM Rock Marc Christian KABORE. Si pour le premier, l’heure était au plaidoyer, le second a saisi l’occasion pour rendre un hommage mérité à Siddhartha KAUL et à son organisation, et surtout, susciter davantage leur abnégation face aux difficultés que le gouvernement à lui seul ne peut surmonter.


A leur tour, les mères SOS, une des forces vives de notre organisation, ont eu droit à un échange avec le Président Siddhartha KAUL. Reconnaissant la portée de l’œuvre des Mères SOS, le Président les a exhortées à garder de vue les valeurs et les capacités qu’elles doivent développer chez leurs enfants. Ils ont ensemble fait le tour de nombreuses questions sur la vie actuelle de l’organisation et les projets à venir. A la fin des échanges, ce fut la visite d’une concession familiale dont l’architecture n’a pas laissé le Président indifférent. 

Quant aux 52 jeunes qu’il a rencontrés, ils ont pu retenir quelques conseils pratiques pour réussir leur vie. Entre autres, dire non à la drogue et avoir une vie sexuelle responsable. La cérémonie de remise des chevalières, dernier acte grandiose de ce séjour, a permis de sanctionner le programme par un temps de réjouissance, qui a aussi été celui des aurevoirs. 

                                                                                                                Par Victor KOMONDI 

La drogue, l’autre obstacle aux droits des jeunes

Le 26 juin dernier la communauté mondiale célébrait la journée internationale de lutte contre l’abus et le trafic des drogues. L’opportunité de revenir sur cet événement répond au souci de SOS Villages d’Enfants Burkina Faso, à l’occasion, de mettre en relief un problème de santé publique au Burkina Faso, qui plus, menace l’épanouissement de la jeunesse. Il faut malheureusement constater que le phénomène de la drogue affecte l’école, menace l’équilibre de la famille, tout en mettant en jeu les fondements de l’économie. En tirant la sonnette d’alarme notre rédaction espère faire œuvre utile pour la prise en compte immédiate de la question par l’Etat et ses partenaires.



Aux côtés de nombreux fléaux, aujourd’hui la drogue guète nos enfants à l’école. Tandis qu’il a été un tabou par le passé, du fait de la répression et des risques multiples, la drogue est aujourd’hui une denrée de consommation courante dans les milieux jeunes, d’où son entrée dans la cour de l’école. Criard dans les centres urbains, le phénomène marque aussi sa présence dans les villes moyennes et en milieu rural. C’est un fait accompli au Burkina Faso ; malgré la discipline de l’école et la sensibilisation, la drogue y est présente, menace les fondements de cette institution, et sème le désarroi dans les familles. 

Parmi les raisons invoquées on relève le snobisme, l’effet de mode, ou encore l’illusion de prendre la drogue pour un palliatif aux difficultés de la vie scolaire ou familiale. Qu’importe, « une jeunesse malade est une charge pour la société », soutient M. Soumaïla SAWADOGO, Directeur de l’Education Permanente et des stratégies éducatives des jeunes, Conseiller de jeunesse et d’éducation permanente. Aucune étude nationale disponible ne permet de rendre compte de l’ampleur du phénomène. L’on peut toutefois s’en tenir à un sondage de U-report en milieu jeunes, cité par le «Guide d’animation sur les conduites addictives des adolescents et des jeunes» (septembre 2017) du Ministère de la jeunesse, de la formation et de l’insertion professionnelle. Ce sondage a le mérite de donner une certaine appréciation du phénomène de la drogue dans le milieu scolaire qui est une partie représentative de la jeunesse.

 A la question : « les enfants et élèves consomment-ils la drogue dans ton milieu ? » 40% des 8 998 répondants sur 20 246 interrogés, ont répondu oui ; à la question, « as-tu une fois déjà pris la drogue ? » 12% des 7 953 répondants sur 9 059 interrogés ont dit oui ; et à la question : « quel groupe consomme le plus la drogue ? Filles ou garçons ? », 11% des 5 329 répondants sur 5 889 interrogés ont affirmé que ce sont les filles contre 89% pour les garçons. D’ailleurs, le nombre de cas rencontrés au quotidien par les services de répression et les services psychiatriques du Centre Hospitalier National Yalgado Ouédraogo sont des indices inquiétants. L’environnement des jeunes et ses mutations y sont – ils pour quelque chose ? Longtemps pays de transit, le Burkina Faso est devenu un pays de consommation, à tel point que le phénomène concerne les scolaires. Quelques recherches nous La drogue, l’autre obstacle aux droits des jeunes Dossier 6 N°003 Août 2019 renseignent que le Burkina Faso dans les années 80 fut effectivement une zone de transit sous l’impulsion d’expatriés en provenance de pays voisins. 

La drogue était alors signalée dans les villes frontalières et était l’apanage de personnes adultes. De fait, l’heure n’était pas au trafic local qui prévaut actuellement, impliquant la jeunesse scolarisée et non. L’évolution de cet environnement correspond à un nouveau contexte face auquel les jeunes ne semblent pas disposer de moyens de résilience. Ce contexte est celui à la fois de la production, du trafic et de la consommation (cannabis notamment). Le 23 mars 2017, 2 tonnes de cannabis d’une valeur de 170 millions de FCFA ont été saisies dans le village de Topera (Nako), région du Sud-Ouest. Sur l’ensemble du territoire, un bilan sur les quantités des drogues saisies entre 2014 et 2018 a de quoi inquiéter. En effet, les forces de sécurité et la douane ont saisie en 2014 les quantités suivantes de drogues : cannabis, 53,502t ; cocaïne, 22,68kg ; héroïne, 0,16kg ; médicaments prohibés, 11,363t. Pour chacune de ces drogues, les chiffres seront les suivants en 2018 : cannabis, 10,625t ; cocaïne, 5,665kg ; héroïne, 18,603kg ; médicaments prohibés, 75,294t. Un coup d’œil permet donc de constater un recul du cannabis et de la cocaïne, tandis que l’héroïne et les médicaments prohibés (largement distribués) sont en nette progression. Selon M. Sawadogo, l’accroissement du phénomène dans les lycées serait d’abord imputable à une facilité d’accès qui pousserait les jeunes à franchir le pas. 

Il s’agit plutôt de la disponibilité actuelle des produits dans notre pays dont les multiples frontières restent poreuses malgré les efforts de l’Etat. Il met également en cause le contexte du terrorisme qui aurait fait de l’Afrique de l’Ouest une plaque tournante. La drogue, phénomène de mode D’autres préoccupations sont également relevées par le spécialiste de la jeunesse : l’appât du gain facile (pour les jeunes trafiquants), la défaillance du système éducatif, l’insuffisance de la répression, la drogue comme phénomène de mode (parfois montré par les médias), l’idée chez ces jeunes d’en consommer pour être forts et respectés dans leurs groupes d’amis. Sans oublier qu’au sein de la jeunesse, des pratiques telle la fréquence des soirées «killing» sont à dénoncer. Ces sortes de soirées en vogue où tout serait permis, à commencer par l’abus de drogue et le sexe. Lors de ces soirées différents types de drogues circuleraient à volonté, ainsi que des cocktails de boissons fortement alcoolisées, sans oublier le tabac. L’on emploi souvent le mot drogue pour autant parler du fléau de la toxicomanie ; cependant plusieurs types de produits sont en circulation. Ceux rencontrés dans notre pays et consommés par les jeunes sont l’héroïne, le cannabis, la cocaïne, et les psychotropes. Dans ce dernier groupe se trouvent des médicaments détournés de leur destination ou de leur usage normal. Les tramadol, bleu-bleu et autres missiles, des produits d’origine douteuse illustrent parfaitement cette réalité. En vente parmi les médicaments de la rue, leur popularité dans le milieu des jeunes – ouvriers, élèves, étudiants- est l’objet d’une tolérance déconcertante. Sont aussi à dénoncer les séances chicha, des bars chicha où les consommateurs absorbent des produits de nature inconnue. Parallèlement à la drogue, diverses formes de violences sont de plus en plus légion dans nos lycées. Bagarres, rixes, brimades, agression à l’arme blanche, voire au revolver…Y aurait-il un lien de cause à effet ? L’on pourrait émettre quelques réserves, mais tout porte à croire que ce fléau est de nature à engendrer un climat d’insécurité à l’école, s’il ne venait pas à remettre en cause la fonction de celle-ci. 

L’école serait-elle faible face au phénomène de plus en plus préoccupant de la drogue ? Il semble plutôt judicieux d’envisager des pistes de solutions impliquant tous les acteurs y compris ceux de l’école, comme le suggèrent certains experts. Si besoin est, il faut d’emblée considérer l’âge des lycéens, qui est éminemment celui dévolu à des mutations physiologiques et physiques se traduisant par un fort besoin de s’affranchir de l’ordre établi, y compris des valeurs défendues par la société. Surviennent les premières expériences, une multitude de prises de risques, et des défis que l’adolescent se lance à lui-même. S’en suit aussi la prise de distance d’avec les parents. Ceux-ci ont donc un rôle important à jouer dans l’information sur leur enfant, sur les risques sanitaires et juridiques, l’écoute, le bon exemple, le dialogue avec les éducateurs et la mise en place d’un environnement psycho-affectif favorable à son épanouissement.


Quant à l’Etat burkinabè il dispose de mesures préventives et répressives fondées sur un ensemble de textes juridiques. En effet, le Burkina Faso a ratifié successivement les conventions internationales de 1961 sur les stupéfiants, de 1971 sur les substances psychotropes et de 1988 sur les trafics illicites des stupéfiants et des substances psychotropes par l’effet, respectivement des décrets N°62-169 du 31/10/62, du Kiti AN IV-235 du 31/12/86 et du décret 92-93 du 5/5/92. 

Au niveau sous régional, notre pays a ratifié des conventions en tant que membre de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) sur l’entraide judiciaire et l’extradition. A l’interne, un dispositif permet le contrôle des drogues : il s’agit entre autres du décret du 23 Juin 1999 (N°99- 213/PRES), par lequel le Président du Faso a promulgué la Loi N°017/99/AN portant code des drogues adopté le 29 Avril 1999 par l’Assemblée Nationale. Les organisations de la société civile et les services spécialisés de l’Etat doivent conjuguer leurs efforts pour développer de nouvelles stratégies de lutte plus dissuasives et plus efficaces. 
                                                                                                      Par Victor KOMONDI

Les lignes d’or de Korotimi



Il est 16 heures ce 06 février 2019. Nous avons rendez-vous avec l’apprenante Sanou Korotimi, la cinquantaine sonnée. C’est tout en sourire qu’elle nous reçoit après son cours d’alphabétisation. Et pour cause, elle fait partie des 30 femmes de l’Organisation à Base communautaire (OBC) sachant désormais lire et écrire dans leur langue, grâce à l’appui du projet RECORDE[1] .


Pour Korotimi, savoir lire et écrire est un rêve devenu réalité: « Lorsque nous avons commencé la formation, je n’y croyais pas. Aujourd’hui, je suis très fière de moi, de cette nouvelle personne que je suis devenue. Et les progrès que nous réalisons chaque jour me rassure que mon illettrisme sera bientôt un simple souvenir» se réjouit-elle, avant de poursuivre : «Aujourd’hui, j’ai la possibilité d’écrire les noms et numéros de téléphone des membres de ma famille, mais aussi des personnes avec lesquelles je mène des activités quotidiennes.

 C’est une avancée dans ma vie ; j’en suis très heureuse». Korotimi s’achemine vers une réelle appropriation de l’écriture. Elle a appris avec succès à écrire les mots et les chiffres dans sa langue maternelle : le dioula. Il y a de cela quelques mois, elle dépendait de ses proches pour enregistrer un contact dans le répertoire de son téléphone ou y rechercher un autre qu’elle veut appeler. Korotimi n’est qu’un exemple parmi tant de femmes prises en charge par le programme d’alphabétisation. « D’où vous est venue cette idée de former les femmes à l’alphabétisation ? » Nous avons posé cette question à Sawadogo Fidèle, coordonnateur du projet RECORDE sur le site de Bobo Dioulasso: «L’initiative procède de cette vision du projet RECORDE, qui vise à renforcer l’autonomie des femmes ».

 Les cours d’alphabétisation contribuent efficacement à l’atteinte des Objectifs du Développement durable, notamment en leurs points 4 et 5, qui visent respectivement à « assurer l’accès de tous à une éducation de qualité, sur un pied d’égalité », et à « promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie. » L’initiative est assurément un cas d’école car elle montre qu’il y a toujours une chance de réussir tant qu’il y a une volonté manifeste d’apprendre et des personnes ressources pour accompagner aussi bien les bénéficiaires que les promoteurs.

 Si dans certains milieux, savoir lire et écrire passe pour un statut banal, pour ces femmes du village de Pala (Bobo Dioulasso), cela constitue une véritable lumière qui vient éclairer le chemin de la quête d’une vraie dignité humaine : celle où la femme connait et défend ses droits et œuvre aisément au développement de ses enfants. C’est pourquoi, conclut Korotimi : « J’arrive désormais à suivre les notes des devoirs de mes enfants. S’ils n’ont pas la moyenne j’entreprends des démarches avec les enseignants afin de trouver une solution ». Oui en effet, les petites lignes qui se dessinent après chaque passage de son stylo sont pour elle des lignes d’or qui changeront toute sa vie et celles de ses enfants. 
                                                                                                                Par Victor KOMONDI

[1] Ce projet est cofinancé par l’Agence Française de Développement. Néanmoins, les idées et les opinions présentées dans ce document ne représentent pas nécessairement celles de l’AFD.

Quand les écoles Hermann Gmeiner tablent sur la qualité

La fin d’une année scolaire vient indubitablement sanctionner neuf mois de travail. Pour l’année 2017-2018, les résultats des Ecoles Hermann Gmeiner SOS Villages d’Enfants forcent l’admiration. En primaire, en secondaire, tout comme dans les centres de formation, notre organisation apporte une contribution fort appréciable en réalisant dans l’ensemble le taux de réussite largement au-dessus des taux nationaux. Tenez, 81,56% pour l’examen du CEP, et 97,40% pour le BEPC, tandis qu’ils sont respectivement de 67,77% et de 42,91% au plan national. Une preuve patente de la qualité du travail fourni par le personnel, mais aussi une illustration d’une responsabilité de mieux en mieux assurée par SOS Villages d’Enfants Burkina Faso.


Les écoles sont des outils de mise en œuvre de la politique éducative, en vue de doter l’enfant et le jeune des valeurs et des capacités que requiert son intégration dans la société. Les écoles Herman Gmeiner reuinissent les atouts qu’exigent les autorités éducatives de référence. Loin d’être négligées, les disciplines artistiques bénéficient des mêmes égards que celles dites intellectuelles et ayant une renommée plutôt favorable. C’est ce dont on a pu se rendre compte lors de la fermeture des classes en juillet dernier.
 En effet, en marge des activités scolaires, les élèves de l’Ecole SOS Hermann Gmeiner de Bobo Dioulasso, ont participé à une compétition culturelle dénommée « Faso School’s Won- ders, à l’issue de laquelle ils se sont adjugé la première place face à 10 écoles concurrentes. Cette compétition organisée par l’Association Jeunesse-Vision-Avenir (AJEVIA) com- portait cinq disciplines que sont : le duel (concours d’art ora- toire), le slam, le sketch et le ballet traditionnel.

 Ce brillant succès de l’ Ecole Herman Gmeiner de Bobo - Dioulasso et dans de nombreux aspects de la vie scolaire est dû à plusieurs facteurs dont la qualité de l’enseignement dispensé, l’accompagnement sans faille des collaborateurs de SOS, l’abnégation des enfants –parfois issus de familles en difficulté. Satisfait du résultat d’ensemble de ses élèves et apprenants, SOS Villages d’enfants Burkina Faso qui, depuis quatre (04) ans à travers la Cellule d’Encadrement des Jeunes (CEJ) a initié la tenue annuelle d’un camp vacances au profit des jeunes, n’a pas dérogé à la règle cette année. Ce camp qui se veut un tremplin pour l’épanouissement pour les jeunes est dit ‘’camp de leadership’’ en ce qu’il participe à la quête permanente de l’excellence.

 Cette édition 2018, dont le thème était : «promotion des valeurs culturelles du Burkina Faso pour une jeunesse responsable» a regroupé soixante-six (66) jeunes et adolescents venus des unités programmes de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso. Seul le mérite a prévalu au choix de ces jeunes. Si certains étant illustrés par leurs résultats aux examens scolaires, d’autres par leur rang à l’admission en classe supérieure, un dernier groupe concerne ceux et celles qui ont su faire preuve de discipline en apprentissage de métier. Avec pour objectif de «Contribuer à la sauvegarde et au respect des valeurs culturelles du Burkina Faso», ce camp qui, une semaine durant, a conduit les jeunes à des activités sportives et culturelles, des conférences et des excursions.

 Des thèmes actuels et originaux ont été développés par d’éminents conférenciers comme Sa majesté le Pô Pè, chef coutumier de la ville de Pô, et des techniciens du ministère de la culture. Lors de la cérémonie de clôture du camp intervenue le 19 août 2018, le représentant des jeunes campeurs a montré leur joie d’avoir été bénéficiaires de ce cadeau de vacances. Il a aussi exprimé leur gratitude à l’endroit de tous les encadreurs et des responsables de SOS Villages d’ Enfants Burkina Faso, et souhaité que cette action se pérennise. Le responsable de la Cellule d’Encadrement des Jeunes (CEJ) a traduit la grande satisfaction de l’équipe à l’issue de l’exécution du programme, sûr de l’impact positif que le camp aura sur les jeunes.

 Le Directeur National de SOS Villages d’ Enfants Burkina Faso a salué la présence des nombreuses autorités venues soutenir l’évènement. Une mention particulière a été faite à Sa majesté le Pô Pè, parrain de la présente édition du camp. ‘’Jeunes, vous êtes les meilleurs’’ ; c’est en ces termes que Ousséni Nyantudré s’est adressé aux campeurs, fier des résultats obtenus après une semaine d’intenses activités. Pour SOS Villages d’ Enfants Burkina Faso, l’excellence dans l’éducation est une quête permanente et les différents acteurs mettent en œuvre tous les moyens dont ils disposent pour mener les enfants et les jeunes pris en charge par l’organisation à leur plein épanouissement et leur réussite intégrale.
                                                                                                               Par Victor KOMONDI

Cap enfance positive : un mois, un thème, une heure de télé.

SOS Villages d’Enfants Burkina Faso renforce d’avantage sa visibilité. En consortium avec 12 autres associations et ONG, dont Christian Children Fund of Canada, il été a lancé en juin dernier, une émission télévisée au titre évocateur de «Cap enfance positive». Oui, tout est dit dans ce titre, et l’émission mensuelle d’une heure est un outil au service des objectifs fédérateurs des organisations partenaires. Il vient combler un vide général dans les espaces médiatiques du Burkina Faso où les sujets sur l’enfance sont sporadiques, manquent de la visibilité nécessaire pour impacter les opinions et induire des comportements. 


Ambitieux au regard de l’état des lieux, les objectifs de Cap enfance positive sont de nature à communiquer et à sensibiliser. Dans la première année, c’est un projet qui vise à poser avec pertinence la problématique de l’épanouissement de l’enfance au Burkina Faso. Entre juin 2018 et mai 2019, les thèmes discutés sur la chaîne de télévision BF1 par des acteurs avertis, devront toucher différentes cibles, des décideurs aux parents d’enfants, en passant par les leaders de communautés et les partenaires techniques et financiers. Préenregistrée, la première émission a été diffusée le samedi 30 juin dernier et animée par le réseau Focus des Organisations pour la Réalisation de la Convention Relative aux droits des Enfants ( FORCE), les invités ont planché sur la question des enfants sur les sites d’orpaillages traditionnels artisanaux au Burkina Faso.


Le sujet doit sa pertinence aux effets pervers du boom minier dans notre pays, et précisément aux efforts d’exploitation de l’or par les populations au moyen d’outils rudimentaires, faisant appel à la main d’œuvre infantile. Les panelistes ont unanimement fait le lien entre d’une part la présence des enfants sur les sites artisanaux traditionnels et d’autre part, la pauvreté des familles, l’accessibilité de la main d’œuvre enfantine, et les diverses activités de leurs parents en ces lieux. Or les sites d’orpaillage, caractérisés par la dangerosité des différentes opérations d’exploitation et un environnement matériel précaire, sont de loin des milieux inappropriés pour l’exercice des droits de l’enfant. Au mépris de leur développement, les enfants sont victimes, sinon impliqués dans différents phénomènes vécus par leurs communautés : braquage, drogue, prostitution, analphabétisme, trafics divers, pires formes de travail, accidents et maladies de travail… En amont de l’émission, un micro-trottoir a permis de mesurer le degré de connaissance de la question par le citoyen lambda, et son opinion. 

Les réactions et commentaires appropriés des panelistes ont jeté une lumière sur l’état des lieux, les implications en termes de développement de l’enfant et de droit. D’où des interpellations. D’abord à l’endroit des parents, responsables immédiats du devenir de leurs enfants ; à l’endroit des partenaires financiers pour la mise à disposition de moyens de communication et de sensibilisation ; et enfin à l’endroit du politique qui dispose des prérogatives de contrainte et de répression. Bien d’autres thèmes ont déjà été débattus et diffusés, comme par exemple: ‘’comment prendre en compte efficacement les aspects de protection de l’enfant dans le contexte de la décentralisation au Burkina, et quelles solutions contre le rap et le mariage d’enfants à l’est du Burkina Faso’’.

 De quoi permettre, à moyen terme, de parvenir entre autres, à une meilleure appropriation des textes et des dispositions en vigueur, et à susciter un intérêt de plus en plus accru de l’opinion nationale sur la question de l’enfance.

                                                                                          Par Victor KOMONDI

Entretien avec Daniel Barroy, Président de SOS France

Lorsqu’on rencontre Daniel Barroy il n’est pas besoin de passer beaucoup de temps avec lui pour se rendre compte que nous sommes en présence d’une personne bien avenante. De prime a bord, il vous englobe de sa présence rassurante qui ne cache pas l’expérience de l’humain qu’il recèle. Simplicité, ouverture et sincérité caractérisent également l’homme quand il parle de ce qui a toujours été l’essentiel de sa vie. Nous avons profité de son séjour au Burkina Faso pour lui poser quelques questions. Pour le Président des Villages d’Enfants SOS de France, au cours des 20 dernières années, l’appui de SOS France à SOS Villages d’Enfants Burkina Faso n’a jamais fait défaut. S’adressant aux jeunes de SOS Burkina Faso, il lance un appel selon lequel ils devront prendre en main leur destin. 




Prunelle : Pouvez-vous vous présenter et présenter brièvement SOS France ? 

Daniel Barroy : je suis président de SOS France depuis deux ans, par ailleurs dans la vie professionnelle, fonctionnaire administrateur général au ministère de la culture à Paris. Alors SOS France c’est donc une des premières associations SOS qui ont été créées, (nous avons fêté notre soixantième anniversaire il y a un an en 2016;) qui a été créé dans le nord de la France sur le modèle qu’avait Gilbert COTTEAU sur le modèle qu’avait décliné Herman Gmeiner ( Ndl : Fondateur de SOS Villages d’ Enfants ) et nous sommes aujourd’hui considérés comme une PSA ( Ndl Association de Promotion et de Soutien ) c’est-à-dire que nous avons quatorze Villages d’Enfants SOS en France, nous avons d’ailleurs quatre villages à construire en France dans les années qui viennent et puis nous participons au financement d’un certain nombre d’associations dans le monde dont le Burkina Faso. 
Prunelle : Justement parlant du Burkina Faso, quelles impressions éprouvez-vous après ce contact avec SOS Villages d’Enfants Burkina Faso ? 

Daniel Barroy : Ecoutez, c’est un premier contact ! D’abord je voudrais vous dire que je me réjouis vraiment ; c’est pour nous vraiment important que SOS Villages d’Enfants Burkina Faso puisse retrouver une organisation en association, c’est pour nous tout à fait important ; ça c’est la première remarque. La deuxième remarque, j’ai, dans les différents échanges que j ’ai eus avec Monsieur Boly, constaté aussi les efforts que développent les équipes au Burkina pour mobiliser l’ensemble des partenaires sur le terrain, que ce soit pour les partenaires gouvernementaux, que ce soit les entreprises et éventuels gros donateurs. Je pense que c’est quelque chose qui, pour nous aussi, est un symbole de la confiance que votre association peut développer sur le plan pays et aussi la confiance que nous pouvons avoir dans les relations avec vous.

Prunelle : SOS VE BF commémore les vingt ans de travail, travail effectué en étroite partenariat avec SOS France : Quel bilan faites-vous de ce partenariat ?

 Daniel Barroy : Ecoutez, c’est la première fois que je viens au Burkina Faso, donc, je ne peux avoir qu’une vision assez théorique ; nous sommes alors très fiers finalement d’être en quelque sorte (et nous tenons à ce que ça reste notamment dans les statuts de l’association en cours de création), avec évidemment les acteurs burkinabé, fondateurs de SOS Villages d’Enfants Burkina Faso et, par-delà les difficultés que le pays a pu connaitre au cours des vingt ans, notre appui et notre participation n’ont jamais fait défaut. Il y a deux villages qui touchent aujourd’hui 2000- 2600 enfants avec les différents programmes. Je vais voir le Village de Ouagadougou bientôt mais ce bilan fait que nous sommes évidemment et nous resterons à l’écoute de vos projets et de vos développements.
 Prunelle : Y’a-t-il des perspectives de développement pour les associations nationales que vous soutenez dans le monde entier, notamment SOS Villages d’Enfants Burkina Faso? 

 Daniel Barroy : Alors il y a deux aspects dans votre question : il faut en être conscient, la capacité de mobilisation des ressources en Europe, dans les associations européennes, sont quand même aujourd’hui plus difficiles que cela ne l’était il y a quinze ans et donc la fédération tente, (et je crois que c’est un enjeu important) de développer des financements de la part de continents autres que le seul continent européen. Par ailleurs, évidemment, nous, SOS France, nous restons extraordinairement attentifs à ce que les moyens dont nous pouvons disposer restent, comment dire, soit en priorité utilisés au bénéfice des enfants et le plus possible au bénéfice des enfants ; alors l’autre volet de votre question c’est les projets de développement au Burkina : j’en ai parlé à l’instant avec Monsieur Boly et le directeur national : oui il y’en a nécessairement, nous sommes attentifs ; ça va suivre son cours mais ce n’est pas à nous de déterminer ce que sont vos priorités ; donc c’est précisément votre association qui le fera, en liaison bien sûr avec la fédération internationale.

 Prunelle : En 2007, avant que SOS Villages d’Enfants Burkina Faso n’entre dans un cycle de conflits, il avait été projeté la construction d’un troisième village au BF, en avez-vous entendu parler ? Si oui qu’en est-il aujourd’hui ?

Daniel Barroy : J’en ai entendu parler mais, comment dire, ce projet peut venir en concurrence d’autres préoccupations. En tout état de cause, nous avons bien défini une méthode de travail pour que justement les priorités puissent être non seulement fixées mais rendues opérationnelles dans les années qui viennent parce que, je crois, il y a plusieurs problèmes qui se posent et il faut arriver à gérer un échelonnement à la fois en investissements ; puis, n’oubliez pas que c’est aussi notre préoccupation et quand je dis notre préoccupation, entendez que c’est aussi notre fierté. Quand nous finançons un programme, nous savons bien que quelque part, il y a un engagement moral à assumer le financement de son fonctionnement au moins pendant un certain temps. Voilà, j’ai entendu parler du projet, on va voir comment on va pouvoir le mettre et encore une fois, on va le voir avec le Bureau Régional de KDI ( Ndl. Kinderdorf International ) et avec les équipes ici dans le pays.

Prunelle : Quel message auriez-vous à transmettre aux enfants, aux jeunes de SOS Villages d’Enfants Burkina Faso?
Daniel Barroy : Vous savez, nous, notre préoccupation, c’est au travers de notre modèle, le modèle de KDI ( Ndl Kinderdorf International ) c’est-à-dire la fratrie - la mère - la maison - le village. Nous considérons que c’est vraiment la démarche qui permet aux enfants qui nous sont confiés de devenir des citoyens à part entière. Alors, en terme un peu technocratique, on dirait d’aller vers l’autonomie en tant que futurs adultes et donc, moi, je leur dirai surtout qu’ils aient confiance mais, à côté de cela, qu’ils prennent en main aussi leur destin. Voilà !

Propos recueillis par Victor KOMONDI 

Rendez-vous à la Pâtisserie Le vase d’honneur

On sent Mariétou plutôt épanouie en ces lieux que nulle part ailleurs. Enthousiaste, elle va d’un pas alerte entre les clients et les autres employés de cet établissement de Ouagadougou, «Les délices du four». Elle trotte plutôt, perpétuellement motivée par un projet né depuis le temps où elle était à la Cellule d’Encadrement des Jeunes de SOS Villages d’Enfants Burkina Faso. Faisant sien le dicton qui dit ‘’Aide-toi et le Ciel t’aidera’’


 Mariétou est convaincue qu’au prix de son abnégation et de son espérance, elle finira par atteindre son objectif. Et ses propos en disent long : « Faire la cuisine a toujours été pour moi un rêve depuis ma tendre enfance. En cela j’ai d’abord été encouragée par ma Mère SOS, et plus tard, par les éducateurs.

 C’est d’ailleurs avec ma Mère SOS que j’ai fait mes premiers pas dans la cuisine. A l’issue de mon séjour dans le Village d’Enfants SOS de Ouagadougou, lorsqu’on m’a demandé ce que je voulais faire dans l’avenir, j’ai tout de suite dit : la Pâtisserie ! » Et Mariétou entre au centre Valba où elle reçoit une formation de deux ans avant d’être embauchée par cette maison. Aujourd’hui pétrie d’expérience, elle se dit fière de l’état d’avancement de son projet.

 Mettant à profit mon money gift d’une valeur de 1 500 Euros (environ 983 000 FCFA), elle vient de s’acheter un équipement : un four professionnel, un congélateur, et un réfrigérateur. Elle a également loué un local de 6m2 à Bonheur-Ville (un quartier à l’Ouest de Ouagadougou) pour installer son entreprise. Marguerite Dakouré, responsable de la cellule d’encadrement des jeunes est toute d’admiration pour elle : « Mariétou est une jeune fille très sociable et ouverte. Elle a toujours eu une passion pour la pâtisserie et nous l’avons accompagnée dans ce sens pour la suite de sa formation p r o f e s s i o n n e l l e » , t é m o i g n e – t - e l l e . Ainsi, très bientôt, Mariétou inaugurera sa pâtisserie qui s’appelle déjà «Le vase d’honneur». 
                                                                                                                Par Victor KOMONDI

Une journée passée avec Abdoulaye,

Quand Abdoulaye Sangaré, après quelques années, quitte le Village d’Enfants SOS de Ouagadougou et la Cellule d’ Encadrement des Jeunes, il laisse les responsables sur un sentiment de devoir accompli, et surtout de satisfaction. La vie d’Abdoulaye représente un de ces résultats sociaux durables de l’action de SOS Villages d’Enfants Burkina Faso. Son parcours reste encore un exemple à même de faire faire des émules.


 Abdoulaye a aujourd’hui un statut chez CITEC qui l’emploie en qualité d’agent de maintenance dans son usine de fabrique d’huile et de savon. Au milieu des machines, c’est bien là sa place, puisqu’il l’a désirée en préparant ses diplômes à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso. D’abord un Certificat d’Aptitude Professionnelle(CAP), option mécanique industrielle obtenue au Centre Mout; puis, en 2005, toujours dans la même spécialité, il s’adjuge un BEP (Brevet d’Etudes Professionnelles) au Complexe Scolaire Baraka dans des conditions inhabituelles à SOS Villages d’ Enfants Burkina Faso. Abdoulaye témoigne en effet : « J’avais atteint la limite d’âge de prise en charge tandis que je n’avais pas encore fini mes études. 
Les responsables de SOS Villages d’Enfants Burkina Faso, m’ont accordé une année supplémentaire. Sans quoi, je n’aurais pas été candidat à l’examen du BEP.» Dans les jours qui suivent, Abdoulaye suit une formation en techniques de recherche d’emploi proposée par SOS Villages d’ Enfants Burkina Faso, en collaboration avec l’Agence Nationale de la Promotion de l’Emploi (ANPE). « Cette formation a été déterminante pour l’obtention de son premier travail », se souvient Abdoulaye. Et c’est le déclic ! Quelques semaines plus tard son dossier à l’ANPE intéresse la CITEC qui l’intègre tout de suite dans un effectif d’environ 4000 employés. « Mon travail est d’assurer le bon fonctionnement des machines. Vu la taille des machines et leur nombre nous travaillons en équipe », explique Abdoulaye. Le milieu est exigeant, mais il tire son épingle du jeu, en témoigne le satisfecit de monsieur Badiéra, son supérieur hiérarchique immédiat : « C’est un garçon dont les compétences professionnelles et la qualité de ses relations avec les collègues forcent l’admiration […] Jamais je n’ai eu à le reprocher de quoi que ce soit ; je suis fier de lui ». Sentiment d’ailleurs partagé par de nombreux autres collaborateurs. 

A propos de lui, sa maman SOS ne tarit d’éloges : « J’ai été très heureuse et je le suis encore aujourd’hui, d’avoir été la Mère SOS de Abdoulaye. En plus de son amour pour les études, il a toujours été un garçon serviable». Tout sourire, l’ancien pensionnaire du Village d’Enfants dit garder un très bon souvenir de sa vie d’enfant à SOS. « Certes, nous avons rencontré quelques difficultés - comme dans toute autre famille -, mais ce que je retiens après ces moments passés au Village d’Enfant SOS, c’était la joie de vivre avec mes frères et sœurs SOS. », ajoute-t-il. Quant à sa Maman SOS, c’est une personnalité de choix dans sa vie, et il cache difficilement son émotion quand il parle d’elle. Il reste en contact avec elle, et sans doute pour toujours. « Qui ne voudrait pas en faire autant pour sa mère ? », lance-t-il comme pour se justifier. 
                                                                                        Par Victor KOMONDI

Mariam Traoré, 2ème Prix Helmut Kutin

Le 05 juillet 2017, à Berlin en Allemagne, SOS Villages d’Enfants Burkina Faso a été montré à la face du monde, grâce à la Mère SOS, Mariam Traoré. Celle qui était naguère anonyme comme tant d’autres Mères SOS, a eu le privilège de se rendre à Berlin où elle a reçu le 2ème Prix Helmut Kutin 2017 récompensant des actions majeures en faveur de la prise en charge des enfants. Celle de Mariam s’inscrit dans le contexte des manifestations sociopolitiques de 2014.





Du haut de son âge mûr, c’est une Mère SOS toujours joyeuse au milieu de ses Enfants SOS. « Je suis Mère SOS depuis 14 ans, et si c’était à refaire, je m’engagerai volontiers pour les enfants. C’est le plus beau choix que j’ai fait dans ma vie ». A ce que Mariam Traoré dit, c’est depuis sa tendre jeunesse qu’elle rêvait de travailler auprès des enfants. Cette vocation l’a amené à être responsable d’une école primaire, jusqu’au jour où elle a vu l’annonce de SOS Villages d’Enfants Burkina Faso qui recherchait des candidatures pour le poste de Mère SOS.

 Pour Maman Mariam « tout enfant doit grandir avec le sentiment d’être aimé de façon inconditionnelle. Un enfant qui grandit sans amour, c’est comme un arbre qui manque de sève. » « Lorsqu’on parle d’amour pour les enfants », enseigneelle, « il s’agit de l’amour pour tous enfants du monde. N’apporter une attention particulière qu’aux seuls enfants qui nous sont confiés, c’est faire une partie de la mission. Nous devons apporter notre soutien, notre sourire, notre présence, et notre main tendue à tous les enfants d’où qu’ils viennent, termine –t-elle. »

 A Berlin, notre Mère SOS, saisissant l’occasion de son discours, a fait retentir ses convictions devant un parterre de hauts responsables de l’organisation, dont le président International Sidartha KAUL, et celui dont le prix porte le nom Helmut Kutin, un des pionniers de SOS Villages d’ Enfants. Pour Mariam, « Etre une Mère SOS , ce n’est pas un simple travail, ce n’est pas une succession d’activités, c’est une vocation, c’est un sacerdoce. J’ai beaucoup appris avec mes Enfants SOS, ils m’ont permis de donner un vrai sens à ma vie. Et si c’était à refaire, je le referais sans hésiter avec autant de dévouement. » De quoi justifier sa bravoure exceptionnelle lors de la crise socio - politique qui a secoué le Burkina Faso en 2014. 

Alors que le pays avait soif de changement politique après 27 ans de règne du Président Compaoré, ce dernier comptait modifier la constitution pour rester éternellement au pouvoir. Un mouvement insurrectionnel s’est opposé à son projet. Il s’en est suivi de violents troubles sociaux politiques dans tout le pays avec malheureusement des pertes en vie humaine. A Bobo Dioulasso, certaines personnes ont cru à tort que le Village d’Enfants SOS appartiendrait à la femme du Président Une foule s’est alors dirigée vers le Village afin de piller et d’y mettre le feu.

 C’est ainsi que Maman Mariam a mobilisé toutes les MèresSOS du Village pour évacuer tous les enfants du Village à travers un itinéraire caché. Elle a réussi grâce à son engagement, son intelligence et sa force de mobilisation, à sauver 97 enfants du danger. Evoquant le Prix, Monsieur Ousseni Nyantudré, Directeur National de SOS Villages d’ Enfants Butrkina Faso se félicite que le Burkina Faso soit monté sur l’une des plus hautes marches de la tribune de SOS Villages d’Enfants International. « Ce prix est un grand honneur pour tous les travailleurs de SOS Villages d’Enfants Burkina Faso », se réjouit-il. Pour lui l’événement est en soi une reconnaissance du travail des Mères SOS et par extension, tous les travailleurs qui consacrent leur temps à (re)donner un sourire aux enfants en difficulté. Il entrevoit aussi dans cette distinction un défi pour l’organisation et pour les femmes qui « n’ont plus droit à l’erreur » après avoir fait preuve de tant d’engagement dans la prise en charge de qualité des enfants qui connaissent des difficultés. Aujourd’hui, le calme est revenu au Pays des hommes intègres.

 Les élections de 2015 ont porté au pouvoir un nouveau président démocratiquement élu. La page de la crise sociopolitique est tournée. Lorsqu’on met le pied dans le Village d’ Enfants SOS de Bobo Dioulasso, on est émerveillé de voir les Enfants SOS épanouis avec des résultants scolaires très satisfaisants. Somme toute, l’œuvre de Mariam illustre bien la pensée du fondateur de SOS Villages d’ Enfants Hermann GMEINER : « Une volonté individuelle peut avoir un impact sur la construction d’un monde meilleur »
                                                                                                             Par Victor KOMONDI

Nelson Mandela, un chemin avec SOS Villages d’Enfants

Un papy au milieu de ses petits-enfants; ce fut la scène agréable offerte par la visite de Nelson Mandela aux enfants du Village d’ Enfants SOS du CAP en Afrique du Sud, le 25 mai 1995, alors qu’il était Président de la Nation Arc-en Ciel. 


Les enfants SOS ayant accueilli Madiba garderont à jamais gravé dans leur mémoire le souvenir de la rencontre avec le Président, qui plus, était encore un trésor humain vivant. La présence de cet ancien homme qui fut sans doute un acte symbolique. Comme tous les enfants de SOS Villages d’ Enfants, Nelson Mandela a connu une vie très difficile. Le message fut l’homme lui même, témoignant de sa proximité avec ces enfants qui ont eu à un moment de leur vie un parcours qui, toutes proportions gardées, évoque sa souffrance.

 A L’occasion, Madiba s’est voulu reconnaissant à la FIFA de l’aide qu’elle apporte à SOS Villages d’Enfants en endossant un tee-shirt qui magnifie le partenariat FIFASOS Villages d’Enfants. Mandela a ainsi indiqué la voie, et tout près de nous et des Enfants SOS du Burkina Faso, c’est l’Ambassade du pays de Nelson Mandela au Burkina Faso qui l’emprunte depuis quatre ans. En effet, chaque 18 juillet, à l’occasion de la journée internationale dédiée à l’icône Mandela, une cérémonie est organisée au Village d’ Enfants SOS de Ouagadougou par cette représentation diplomatique, pour marcher sur les pas de l’homme. 
Des lettres de demande de soutien sont alors envoyées par l’Ambassade sud-africaine aux entreprises désireuses de soutenir l’activité en faveur des enfants. C’est le 5 décembre 2013 que Nelson Mandela nous a quittés à l’âge de 95 ans. Un homme qui continue d’inspirer des générations toutes entières sur les valeurs de paix, de pardon et de solidarité dont il a été lui-même un exemple. A ce titre, sa vie est un modèle, pour les enfants et pour tous, et un témoignage comme celui de Gandhi, Martin Luther King ou Mère Teresa. 

Merci à son Excellence GANGUMzI Tsengiwe ambassadeur sud-africain au Burkina pour la noblesse de ses actions envers les enfants.
                                                                                                          Par Victor KOMONDI

Mariage forcé ou précoce : prévenir les douleurs indicibles des enfants


Quelque part au Burkina Faso, une adolescente de 12 ans sera la promise d’un sexagénaire ; elle vivra avec un homme qu’elle n’a pas choisi. La société lui volera sa jeunesse et le sourire pendant que des engagements écrits sommeillent encore dans les tiroirs. Elles sont, hélas ! nombreuses, ces filles, parfois mineures, mariées tôt ou sans leur consentement. Il faut que ça change ! d’où une marche silencieuse pour dire non aux mariages forcés ou précoces. Peut-être fallait-il y penser plus tôt. SOS Villages d’Enfants Burkina a pris part à l’organisation de cette marche initiée par l’ONg Christian Children Fund of Canada (CCFC) et ses partenaires, le samedi 27 février 2016 à Fada N’gourma, chef-lieu de la région de l’Est du pays des hommes intègres. Elèves, parents, enseignants, autorités administratives, coutumières et religieuses, tous ont répondu à l’appel, convaincus que l’éradication de cette plaie qui gangrène la société est une condition pour le bonheur de ces milliers de jeunes filles dont le vœu chaque matin est de jouir de leur droit de dire oui au conjoint de leur choix au moment voulu.


Tenez ! Toutes les 3 secondes, une fille est mariée avant l’âge de 18 ans dans les pays en voie de développement. Au Burkina Faso, le Sahel, l’Est et le Centre Nord détiennent le bonnet d’âne des régions où le rapt des jeunes filles et le mariage précoce ou forcé sont monnaie courante. Cette réalité donne froid au dos et témoigne de la persistance de certaines pratiques anciennes rébarbatives. Apparemment ce n’est pas demain la veille d’un changement de mentalités ; il y a donc des décennies de travail en vue. La participation à la marche silencieuse est entre autres, une réponse apportée par SOS Villages d’ Enfants aux côtés de l’ONG Christian Children Fund of Canada (CCFC) et ses autres partenaires. 

C’est aussi un message envoyé aux populations et une interpellation des autorités des régions concernées, à faire usage de leur prérogatives pour un changement de la situation. La population de la ville de Fada n’a pas marchandé sa mobilisation ce jour-là. Partis de la Place de l’unité, les marcheurs ont effectué un circuit de trois kilomètres environ à travers la ville, passant progressivement devant l’hôtel de ville, la radio Taanba et le marché central de Fada N’gourma. Des banderoles aux textes très évocateurs ont été exhibés et des slogans scandés : « Le mariage forcé est une prison d’amour forcé » ; « Ô jeune fille, c’est clair, le mariage forcé est un obstacle à ton épanouissement» ; « Papa, maman, amis, frères, levons-nous pour lutter contre le mariage forcé. Plus jamais ça dans notre province ! ». A tour de rôle, le gouverneur de la région de l’Est, le représentant de l’évêque et la représentante du ministre de la femme, de la solidarité nationale et de la famille ont réaffirmé leur volonté de combattre un fléau qui arrache la jeune fille dès sa tendre enfance, l’obligeant à grandir avant l’âge. Ils ont tous convenu que nous sommes en présence d’un danger pour la santé sexuelle et reproductive de la jeune fille. « Aujourd’hui, nous avons prouvé aux yeux des populations de la Région de l’Est du Burkina et de l’opinion internationale que la question du mariage forcé est une pratique que nous condamnons et, nous allons la combattre sans relâche, main dans la main. », a lancé Jérémie OUANGRAWA, Directeur Pays de CCFC lors de son allocution.

 Il s’est dit convaincu que « la victoire est désormais un impératif » La participation de SOS Villages d’Enfants répond à sa vision qui veut que “tous les enfants du monde sont nos enfants”n N°000 - Juin 2016 -9- doSSiEr Mariage forcé ou précoce : prévenir les douleurs indicibles des enfants Quelque part au Burkina Faso, une adolescente de 12 ans sera la promise d’un sexagénaire ; elle vivra avec un homme qu’elle n’a pas choisi. La société lui volera sa jeunesse et le sourire pendant que des engagements écrits sommeillent encore dans les tiroirs. 

Elles sont, hélas ! nombreuses, ces filles, parfois mineures, mariées tôt ou sans leur consentement. Il faut que ça change ! d’où une marche silencieuse pour dire non aux mariages forcés ou précoces. Peut-être fallait-il y penser plus tôt. SOS Villages d’Enfants Burkina a pris part à l’organisation de cette marche initiée par l’ONg Christian Children Fund of Canada (CCFC) et ses partenaires, le samedi 27 février 2016 à Fada N’gourma, chef-lieu de la région de l’Est du pays des hommes intègres. Elèves, parents, enseignants, autorités administratives, coutumières et religieuses, tous ont répondu à l’appel, convaincus que l’éradication de cette plaie qui gangrène la société est une condition pour le bonheur de ces milliers de jeunes filles dont le vœu chaque matin est de jouir de leur droit de dire oui au conjoint de leur choix au moment voulu.
                                                                                                          Par Victor KOMONDI