“Etre homme, c'est précisément être responsable. C'est connaître la honte en face d'une misère qui ne semblait pas dépendre de soi. C'est être fier d'une victoire que les camarades ont remportée. C'est sentir, en posant sa pierre, que l'on contribue à batir le monde" Antoine de Saint-Exupéry
mardi 31 mars 2020
lundi 30 mars 2020
Allianz social fund au Burkina Faso, une victoire qui compte
D’une valeur de 10 000 euros, le projet devra bientôt faire bouger
les lignes en matière d’informatique et d’exploitation de l’Internet chez les
jeunes de SOS Villages d’Enfants. Financé par Allianz Social Fund, il vise le renforcement de la compétitivité
des jeunes pour la recherche d’un emploi décent. Ce fonds est le fruit d’un
appel à projet lancé en 2018 et auquel SOS Villages d’Enfants Burkina a été
admis, tout comme SOS Villages d’Enfants Madagascar.
D’abord inespéré au regard des rigueurs de l’appel à
projet, c’est à la surprise de l’équipe de SOS Villages
d’Enfants Burkina Faso, que la bonne nouvelle a été
annoncée. Ce qui vaut des lauriers pour le département
Mobilisation de Ressources du programme de prise en
charge des jeunes. En somme, un cadeau de noël de la
part de Allianz !
Le projet de Renforcement de la compétitivité des
jeunes pour la recherche d’un emploi décent est une
trouvaille novatrice pour SOS Villages d’Enfants
Burkina Faso. Il vise à relever le défi de l’employabilité
des jeunes. Il y a de quoi ! Car, selon une enquête menée
en 2015 par l’Institut National de la Statistique et de la
Démographie(INSD) seulement 5.3% des jeunes âgés
de 15 -25 ans ont accès à l’internet et à l’ordinateur
au Burkina Faso. La notion actuelle de modernisation
de l’emploi passe par la maîtrise des technologies
de l’information et de la communication. Leurs
principaux outils que sont l’internet et l’ordinateur
passent aujourd’hui pour être les clés de l’insertion
socioprofessionnelle. Le faible taux d’accessibilité des
jeunes aux moyens indispensables pour la quête de
l’emploi constitue un défi tant au plan national que pour
SOS Villages d’Enfants, qui fait de l’emploi des jeunes
son cheval de bataille.
Le chemin qui mène à l’emploi
passe par l’ordinateur et le net. Les avatars de la fracture
numérique qui caractérisent les pays à faible revenu, c’est
aussi le faible accès aux biens de connexion et l’absence
de compétence pour les emplois parvenus à leur stade
de modernité. La conséquence immédiate en est la
disqualification des couches pauvres, dont les jeunes
sans appui familial. S’il faut rechercher les annonces sur
Internet, le dossier de candidature, lui, sera déposé sur
une plateforme de la toile qui attend un très prochain
clic pour délivrer les résultats. Autant former les jeunes
en vue d’accroitre leur employabilité. A SOS Villages
d’Enfants, les jeunes sont un groupe vulnérable ; un
gap les sépare de leurs camarades d’âge bénéficiant
de conditions sociales décentes, et face auxquels ils
devront se montrer à la hauteur des emplois désirés.
Des rencontres d’échanges avec les jeunes autour de
la question de l’employabilité ont permis de déceler
l’obstacle majeur à l’insertion socioprofessionnelle des
jeunes, qui est le non accès des jeunes à l’ordinateur et à
l’internet. Dans ce contexte, est né le projet d’une salle
informatique aménagée. Equipée de 5 machines, cette
salle servira de cadre de formation pour le renforcement
de la compétitivité des jeunes appelés, dans un proche
avenir, à trouver de l’emploi ou à s’en créer un. Le projet
consiste à renforcer une salle informatique existant, en
vue d’y former 91 jeunes du programme de prise en
charge des jeunes et du programme de renforcement
de la famille. A terme, par le biais des TIC, ceux-ci
devront voir leur compétitivité renforcée en matière de
recherche d’emploi.
Par Victor KOMONDI
Comité de protection de l’enfant, une initiative du Projet RECORDE
Un bébé fut abandonné en plein mois d’août, aux
intempéries. Et il fallait faire quelque chose ! Ce
que fit le comité de Protection de l’enfant, lorsqu’il
a été saisi de la situation dans le quartier Polesgo.
Abandonné par sa mère, malade, et démunie,
Emmanuel eût la vie sauve grâce à l’intervention
de la communauté, alertée par les pleurs de
l’infortuné. Le comité de protection de l’enfant, déjà
mis en place à l’époque, s’est dépêché sur les lieux
et a trouvé un beau garçon âgé d’à peine dix jours !
Puis, tout s’améliora au bonheur d’Emmanuel qui
vit aujourd’hui dans les conditions lui permettant
d’espérer des jours meilleurs.
La question des droits de l’enfant fait polémique un
peu partout, c’est connu ! En Afrique, et au Burkina
Faso, même si des voix ne s’élèvent pas pour décrier
certaines dispositions officielles en la matière, l’on
discute tout de même sur leur opportunité. Tels qu’ils
sont institutionnalisés, les droits de l’enfant dérangent
certains milieux, qui y trouvent un phénomène importé,
ou une question futile devant les multiples formes de la
pauvreté, de préoccupations quotidiennes hautement
plus vitales. La culture y est aussi pour quelque chose,
surtout lorsque coercitions et brimades sont une
approche admise. Excision des jeunes filles, mariages
forcés et/ou précoces, violences physiques et autres
formes de maltraitance, tout y passe.
D’où parfois,
malheureusement, des conséquences dommageables et
irréversibles.
L’Association Namanegbzanga se trouve aux avantgardes du combat légitime que le constat suscite sur le
terrain. Mariam Boly, responsable du projet RECORDE
à Ouagadougou, porte également la charge du suivi des
actions entreprises par l’association. Ainsi dit-elle, « c’est
pour contrer ces dérives récurrentes observées sur la
protection de l’enfant, que l’Association Namanegbzanga
a mis en place le comité de protection de l’enfant, dont
l’objectif majeur est de veiller au respect des droits de
l’enfant dans les communautés (Polesgo et Roumtenga)
».
Le rôle du comité est de contribuer à lutter contre les violences faites aux enfants dans les communautés de mise en œuvre du projet RECORDE que sont Polesgo et Roumtenga, et au-delà, si cela est nécessaire. Il est composé de 10 membres, issus des différentes communautés, dont un leader religieux, des leaders d’opinion et surtout des représentants des services de l’Etat, de la mairie et des écoles. Pour Houda DABO, président dudit comité, la configuration de cet organe est un enjeu de crédibilité pour les messages véhiculés pendant les séances de sensibilisation de masse parfois à travers des théâtres fora dans les lieux de culte, et lors des rencontres des Groupements Villageois d’Epargne et de Crédit (GVEC). « Les membres qui composent le comité, lui valent une certaine crédibilité. La sensibilisation n’aurait pas eu un écho favorable si elle devait être menée par des personnes étrangères à la communauté ». Chacun d’eux fait office de conseiller et facilite la mise en relation du groupe avec les services de l’action sociale, surtout en cas d’alerte. D’où la grande confiance que la communauté leur accorde.
Le rôle du comité est de contribuer à lutter contre les violences faites aux enfants dans les communautés de mise en œuvre du projet RECORDE que sont Polesgo et Roumtenga, et au-delà, si cela est nécessaire. Il est composé de 10 membres, issus des différentes communautés, dont un leader religieux, des leaders d’opinion et surtout des représentants des services de l’Etat, de la mairie et des écoles. Pour Houda DABO, président dudit comité, la configuration de cet organe est un enjeu de crédibilité pour les messages véhiculés pendant les séances de sensibilisation de masse parfois à travers des théâtres fora dans les lieux de culte, et lors des rencontres des Groupements Villageois d’Epargne et de Crédit (GVEC). « Les membres qui composent le comité, lui valent une certaine crédibilité. La sensibilisation n’aurait pas eu un écho favorable si elle devait être menée par des personnes étrangères à la communauté ». Chacun d’eux fait office de conseiller et facilite la mise en relation du groupe avec les services de l’action sociale, surtout en cas d’alerte. D’où la grande confiance que la communauté leur accorde.
Et
des signalements, comme le cas d’Emmanuel, sont faits.
En effet, depuis la mise en place du comité, sept cas de
signalement ont été enregistrés et traités avec succès.
L’appropriation d’informations relatives aux droits de
l’enfant devient par ailleurs une réalité ; le changement
de mentalité également.
Fort de cette expérience, et en vue de partager les bonnes
pratiques, le comité à Polesgo et Roumtenga compte
intégrer dans un avenir proche le réseau de protection
de l’enfant, une organisation à l’échelle de la ville de
Ouagadougou.
Victor KOMONDI
Les frères Doulkom, un parcours exemplaire
Elever des triplets de garçons, si gentils soient-ils, est un triple défi, qu’il n’est pas donné à tous de relever.
Au Village d’Enfants SOS de Ouagadougou, on se souvient des frères Dolkom, des triplets admis en
1997, trois success stories, qui révèlent le sens du combat de notre organisation. Installés aux places qu’ils
ont choisies dans la société, ils témoignent respectivement d’un moral à toute épreuve, et d’un passé
pleinement assumé.
Dominique : Sa verve rassure avant qu’il vous conte
l’histoire qui est la sienne, celle d’une enfance qui aurait pu être difficile ; celle d’un jeune homme en quête
d’un emploi décent ; mais aussi, celle d’un accomplissement au bout d’un travail d’équipe au sein de SOS
Villages d’Enfants. Son parcours à la suite de son séjour au Village d’Enfants SOS décrit effectivement
son combat pour se faire une place dans le monde du
travail. L’ancien enfant SOS est aujourd’hui réceptionniste à l’hôpital de district de Bogodogo. « J’ai trois
sources de revenus qui me permettent de vivre dignement, et au-delà, de subvenir aux besoins
d’autres personnes », se réjouit- il.
Avant qu’il ne quitte SOS Villages d’Enfants, il se forme au
métier d’instituteur à l’Ecole
Nationale des Enseignants du
Primaire(ENEP) de Loumbila. A
l’issue de cette formation il n’est pas
reçu au test de recrutement d’enseignants dans la fonction publique.
Dynamique, il est embauché agent
commercial pour des produits
d’assurance, par une maison de la place. C’est que
l’homme dispose d’assez de qualités humaines pour
faire un bon agent commercial. Très vite, son carnet
d’adresses s’étoffe et l’avenir lui semble prometteur
dans cet univers.
Pourtant Dominique se sent insatisfait, et va se porter
candidat au test de recrutement de réceptionnistes. «
Mon admission à ce poste relève du miracle », s’étonne
- t - il encore quand il
évoque les épreuves de
ce recrutement. « Nous
étions 300 candidats au
départ, précise-t-il.
L’on devait alors procéder à un tir au sort
pour en retenir 20.
Je fus de ce groupe. Après le test, 5 personnes ont été retenues
pour l’entretien d’embauche. Au bout du rouleau, 02
personnes furent retenues, dont moi, le veinard ! »
Il
met cela à l’actif de l’éducation reçue à SOS Villages
d’Enfants Burkina Faso. « Nous avons, mes frères et
moi, reçu une très bonne éducation. Au Village d’Enfants SOS, comme à la Cellule d’Encadrement des
Jeunes, nous avons toujours reçu des conseils nous
invitant à la persévérance quoi qu’il arrive ». Et pour
lui, ne pas exercer le métier d’instituteur n’est pas une
fatalité dans la mesure où il profite des acquis de sa
formation.
La preuve est que, réceptionniste qu’il est, il dispense
encore des cours de soutien, et continue d’officier en
qualité de freelance pour l’assureur qui l’employait.
«Alors que j’étais agent commercial, j’ai pu établir un
bon carnet d’adresses. Si bien que je reste sollicité par
les clients pour l’assurance de leurs automobiles. Mais
pour en arriver là, j’ai dû comprendre le secret du métier : communiquer, séduire le client, le fidéliser et
surtout maintenir le contact avec lui. En somme, c’est
ce qui me vaut les ristournes que je perçois pendant
que je suis hors de l’entreprise ». Dominique est un
fonceur qui assume son parcours. Sans complexe, il y
reconnait le mérite de SOS Villages d’ Enfants Burkina Faso. Il se souvient particulièrement de ce jour de
1997, lorsqu’après la disparition de leur père, ils y ont
été admis.
Laurent : Comme son frère Dominique, Laurent
commence par une formation professionnelle, celle
d’Infirmier Diplômé d’Etat. A la fin du cycle, Laurent
passe deux ans en quête d’intégration à la fonction
publique. Avant cette intégration, il devrait se contenter d’un poste dans le privé dont les revenus lui permettent à peine de vivre. Cependant, cela n’est
pas un motif de découragement. Il sera enfin retenu à la promotion de 2018. Plutôt satisfait, il affiche de l’enthousiasme
quant à ses débuts : « Je suis
affecté à DANDE à
100 km de Bobo -
Dioulasso. Je dois avouer qu’au début, être infirmier
représentait pour moi une opportunité professionnelle. A présent, c’est mieux que cela. Je ne regrette
pas d’avoir embrassé ce noble métier. Quand je vois
le retour que me font les patients sur l’attention que
je leur porte, je me dis que c’était plutôt une vocation
tardive » nous confie – t – il, le sourire aux lèvres.
Se
remémorant son parcours à SOS Villages d’ Enfants
Burkina Faso, il marque une halte sur un pan de son
histoire qui reste pour lui sujet à de nombreux souvenirs dont celui-ci :
« Lorsque nous étions à la Cellule d’Encadrement des
Jeunes (CEJ), il m’est arrivé d’avoir une moyenne trimestrielle insatisfaisante, 09/20. Le responsable de la
CEJ à l’époque, m’a fait appeler, et dans le secret de son
bureau, il m’a dit ceci: « Ecoute, je ne sais pas ce qui
t’arrive, mais sache que si tes frères ont obtenu une
bonne moyenne, toi aussi tu peux le faire. A la prochaine évaluation, je veux que tu me montres que tu
es aussi capable. » Et ce fut le cas, la courbe de ma
moyenne a commencé à grimper. Puis ce fut le tour
des autres éducateurs de s’intéresser à mon travail.
Très vite, j’ai pu remonter la pente.
Du reste, les encadreurs et notre maman SOS sont des
personnes auxquelles je suis à jamais attaché. Ce sont
des membres de ma famille. La notion de la famille,
c’est à eux que nous la devons. Je trouve difficilement
des mots de reconnaissance à l’endroit de SOS Villages
d’Enfants Burkina Faso et de ses partenaires.
Profitant largement de leurs efforts, nous sommes devenus
des hommes accomplis et comblés aux plans professionnel et social. Malgré la difficulté de l’emploi au
Burkina Faso, nous avons mes frères et moi,
réussi à nous frayer un chemin et à trouver une place au soleil. Mais pour nous
[NDLR : Laurent, Dominique, et Jean], la
meilleure reconnaissance ne sera pas que
des mots, nous voulons la traduire en
actes concrets en nous engageant à aider nos frères encore sous la tutelle de SOS
Villages d’Enfants Burkina Faso.
Jean : Jean a commencé sa formation professionnelle au
Lycée Privé le Technicien, puis au Lycée de la Jeunesse
(Ouagadougou), où il s’est orienté en construction
bâtiment. Spécialiste en génie civil, il a un travail à
plein temps dans une brasserie de la place. Bien avant,
Jean était tâcheron, travaillant à son propre compte.
Avec plusieurs cordes à son arc, Jean saisit volontiers
toute opportunité d’activité lucrative, en particulier à
ses heures perdues. Aujourd’hui, avec son expérience,
il trouve quelques marchés de construction qu’il
conduit ou sous-traite.
Parti à la rencontre d’un triplet ayant vécu dans l’un
des Village d’Enfants SOS du Burkina Faso, nous
avons redécouvert le trio complémentaire dont les
mamans SOS se souviennent. Les décisions sont prises
lorsque le quorum est atteint, c’est-à-dire lorsque deux
sont avisés. Selon l’envergure du sujet, la maman SOS
peut être mise à contribution. Une séduisante leçon
de démocratie en famille qui ne peut laisser personne
indifférent.
Par Victor KOMONDI
Par Victor KOMONDI
Siddhartha KAUL, tout pour l'enfant !
On l’attendait impatiemment depuis l’annonce de sa visite et il est venu, celui qui, à la suite de son père, fondateur du premier Village SOS en Inde,
marche depuis 4 décennies dans le sillon tracé par Hermann Gmeiner. Dans le cadre d’une tournée africaine qui l’a d’abord conduit au Togo, au Bénin
et en Côte d’Ivoire, Siddhartha KAUL a séjourné au Burkina Faso, du 05 au 09 Août 2018 pour toucher du doigt les réalités de SOS Villages d’Enfants
au Burkina Faso.
Au menu, une série de rencontres avec
des groupes d’acteurs, des visites, avec
le Président du Faso, pour évaluer, à
chaque étape, la qualité des services au
bien-être des enfants d’une part et d’autre part une
audience avec le président du Faso afin de plaider
pour un soutien conséquent du gouvernement à
l’organisation.
Le Président international de SOS Villages d’Enfants
a immergé dans le quotidien des enfants, des
travailleurs, et des partenaires de son organisation
au Burkina Faso. En somme, la mission de SOS
Villages d’Enfants a été porté durant ce séjour pas
comme les autres.
Tout a commencé par un accueil à la hauteur de
l’hôte, au Village d’Enfants SOS de Ouagadougou
dans l’après-midi du 5 août 2018.
Ce sont les femmes
de l’OBC (Organisation à Base Communautaire),
Namanegbzanga, partenaire du programme de
renforcement de la Famille, les Mamans SOS, les
enfants, et les collaborateurs qui étaient les maîtres
d’œuvre de cette activité, apportant du rythme avec
chants et pas de danse gracieux. Puis un mot solennel
de bienvenue de la représentante des Mères SOS du
Burkina Faso. Le deuxième temps fort de ce séjour
est la rencontre avec l’équipe managériale conduite
par le Directeur National Ousseni Nyantudré.
Moment de débats constructifs, ces échanges n’ont
pas occulté certaines insuffisances, d’où des directives
claires et fermes à observer pour rendre plus efficace
l’action de SOS Villages d’Enfants Burkina. Quid
des écoles dites SOS ? Elles garderont leur raison
d’être, à condition qu’au moins 30% des enfants du
groupe cible y fréquentent. D’une rencontre à une
autre, voilà le Président dans le bureau de Madame
la Ministre de la Femme de la Solidarité Nationale
de la Famille et de l’ Action Humanitaire, qui depuis
une vingtaine d’années, suit et supervise des activités
de SOS Villages d’Enfants Burkina Faso.
Aux Mamans SOS, par exemple, Il connaît l’énormité
de leur mission. A la Ministre, le Président a
relayé les attentes de SOS VE Burkina: la mise à disposition de personnel pour soutenir la prise en
charge des enfants dans les différents programmes
; le relèvement de la contribution du gouvernement
pour le fonctionnement de SOS Villages d’ Enfants
Burkina Faso. Légitimité oblige, la Ministre a
marqué son accord de principe pour la première
attente, en attendant une expression de besoin afin
de réagir efficacement à la seconde.
Ensuite, convivialité et chaleur ont été au rendezvous lors de la rencontre entre l’invité du jour et
le Président du Faso, SEM Rock Marc Christian
KABORE. Si pour le premier, l’heure était au
plaidoyer, le second a saisi l’occasion pour rendre
un hommage mérité à Siddhartha KAUL et à son
organisation, et surtout, susciter davantage leur
abnégation face aux difficultés que le gouvernement
à lui seul ne peut surmonter.
A leur tour, les mères SOS, une des forces vives de
notre organisation, ont eu droit à un échange avec
le Président Siddhartha KAUL. Reconnaissant la
portée de l’œuvre des Mères SOS, le Président les a
exhortées à garder de vue les valeurs et les capacités
qu’elles doivent développer chez leurs enfants. Ils
ont ensemble fait le tour de nombreuses questions
sur la vie actuelle de l’organisation et les projets à
venir.
A la fin des échanges, ce fut la visite d’une concession
familiale dont l’architecture n’a pas laissé le Président
indifférent.
Quant aux 52 jeunes qu’il a rencontrés, ils ont pu
retenir quelques conseils pratiques pour réussir leur
vie. Entre autres, dire non à la drogue et avoir une
vie sexuelle responsable.
La cérémonie de remise des chevalières, dernier
acte grandiose de ce séjour, a permis de sanctionner
le programme par un temps de réjouissance, qui a
aussi été celui des aurevoirs.
Par Victor KOMONDI
La drogue, l’autre obstacle aux droits des jeunes
Le 26 juin dernier la communauté mondiale
célébrait la journée internationale de lutte
contre l’abus et le trafic des drogues.
L’opportunité de revenir sur cet événement
répond au souci de SOS Villages d’Enfants
Burkina Faso, à l’occasion, de mettre en relief
un problème de santé publique au Burkina
Faso, qui plus, menace l’épanouissement
de la jeunesse. Il faut malheureusement
constater que le phénomène de la drogue
affecte l’école, menace l’équilibre de
la famille, tout en mettant en jeu les
fondements de l’économie. En tirant la
sonnette d’alarme notre rédaction espère
faire œuvre utile pour la prise en compte
immédiate de la question par l’Etat et ses
partenaires.
Aux côtés de nombreux fléaux, aujourd’hui la drogue
guète nos enfants à l’école. Tandis qu’il a été un tabou par
le passé, du fait de la répression et des risques multiples,
la drogue est aujourd’hui une denrée de consommation
courante dans les milieux jeunes, d’où son
entrée dans la cour de l’école. Criard dans
les centres urbains, le phénomène marque
aussi sa présence dans les villes moyennes
et en milieu rural. C’est un fait accompli
au Burkina Faso ; malgré la discipline de
l’école et la sensibilisation, la drogue y
est présente, menace les fondements de
cette institution, et sème le désarroi dans
les familles.
Parmi les raisons invoquées
on relève le snobisme, l’effet de mode,
ou encore l’illusion de prendre la drogue
pour un palliatif aux difficultés de la
vie scolaire ou familiale. Qu’importe,
« une jeunesse malade est une charge
pour la société », soutient M. Soumaïla
SAWADOGO, Directeur de l’Education
Permanente et des stratégies éducatives
des jeunes, Conseiller de jeunesse et
d’éducation permanente. Aucune étude
nationale disponible ne permet de rendre compte de
l’ampleur du phénomène. L’on peut toutefois s’en
tenir à un sondage de U-report en milieu jeunes, cité
par le «Guide d’animation sur les conduites addictives
des adolescents et des jeunes» (septembre 2017) du
Ministère de la jeunesse, de la formation et de l’insertion
professionnelle. Ce sondage a le mérite de donner une
certaine appréciation du phénomène de la drogue
dans le milieu scolaire qui est une partie représentative
de la jeunesse.
A la question : « les enfants et élèves
consomment-ils la drogue dans ton milieu ? » 40% des
8 998 répondants sur 20 246 interrogés, ont répondu
oui ; à la question, « as-tu une fois déjà pris la drogue
? » 12% des 7 953 répondants sur 9 059 interrogés ont
dit oui ; et à la question : « quel groupe consomme le
plus la drogue ? Filles ou garçons ? », 11% des 5 329
répondants sur 5 889 interrogés ont affirmé que ce
sont les filles contre 89% pour les garçons. D’ailleurs, le
nombre de cas rencontrés au quotidien par les services
de répression et les services psychiatriques du Centre
Hospitalier National Yalgado Ouédraogo sont des
indices inquiétants. L’environnement des jeunes et ses
mutations y sont – ils pour quelque chose ?
Longtemps pays de transit, le Burkina Faso est devenu
un pays de consommation, à tel point que le phénomène
concerne les scolaires. Quelques recherches nous
La drogue,
l’autre obstacle aux droits des jeunes
Dossier
6 N°003 Août 2019
renseignent que le Burkina Faso dans les années 80
fut effectivement une zone de transit sous l’impulsion
d’expatriés en provenance de pays voisins.
La drogue
était alors signalée dans les villes frontalières et était
l’apanage de personnes adultes. De fait, l’heure n’était
pas au trafic local qui prévaut actuellement, impliquant
la jeunesse scolarisée et non. L’évolution de cet
environnement correspond à un nouveau contexte face
auquel les jeunes ne semblent pas disposer de moyens de
résilience. Ce contexte est celui à la fois de la production,
du trafic et de la consommation (cannabis notamment).
Le 23 mars 2017, 2 tonnes de cannabis d’une valeur de
170 millions de FCFA ont été saisies dans le village de
Topera (Nako), région du Sud-Ouest. Sur l’ensemble
du territoire, un bilan sur les quantités des drogues
saisies entre 2014 et 2018 a de quoi inquiéter. En effet,
les forces de sécurité et la douane ont saisie en 2014
les quantités suivantes de drogues : cannabis, 53,502t
; cocaïne, 22,68kg ; héroïne, 0,16kg ; médicaments
prohibés, 11,363t. Pour chacune de ces drogues, les
chiffres seront les suivants en 2018 : cannabis, 10,625t
; cocaïne, 5,665kg ; héroïne, 18,603kg ; médicaments
prohibés, 75,294t. Un coup d’œil permet donc de
constater un recul du cannabis et de la cocaïne, tandis
que l’héroïne et les médicaments
prohibés (largement distribués)
sont en nette progression. Selon
M. Sawadogo, l’accroissement du
phénomène dans les lycées serait
d’abord imputable à une facilité
d’accès qui pousserait les jeunes à
franchir le pas.
Il s’agit plutôt de la
disponibilité actuelle des produits
dans notre pays dont les multiples
frontières restent poreuses
malgré les efforts de l’Etat. Il met
également en cause le contexte
du terrorisme qui aurait fait de
l’Afrique de l’Ouest une plaque
tournante.
La drogue, phénomène de mode
D’autres préoccupations sont
également relevées par le spécialiste de la jeunesse : l’appât
du gain facile (pour les jeunes trafiquants), la défaillance
du système éducatif, l’insuffisance de la répression, la
drogue comme phénomène de mode (parfois montré
par les médias), l’idée chez ces jeunes d’en consommer
pour être forts et respectés dans leurs groupes d’amis.
Sans oublier qu’au sein de la jeunesse, des pratiques
telle la fréquence des soirées «killing» sont à dénoncer.
Ces sortes de soirées en vogue où tout serait permis,
à commencer par l’abus de drogue et le sexe. Lors de
ces soirées différents types de drogues circuleraient à
volonté, ainsi que des cocktails de boissons fortement
alcoolisées, sans oublier le tabac.
L’on emploi souvent le mot drogue pour autant parler
du fléau de la toxicomanie ; cependant plusieurs types
de produits sont en circulation. Ceux rencontrés
dans notre pays et consommés par les jeunes sont
l’héroïne, le cannabis, la cocaïne, et les psychotropes.
Dans ce dernier groupe se trouvent des médicaments
détournés de leur destination ou de leur usage normal.
Les tramadol, bleu-bleu et autres missiles, des produits
d’origine douteuse illustrent parfaitement cette réalité.
En vente parmi les médicaments de la rue, leur
popularité dans le milieu des jeunes – ouvriers, élèves,
étudiants- est l’objet d’une tolérance déconcertante.
Sont aussi à dénoncer les séances chicha, des bars
chicha où les consommateurs absorbent des produits
de nature inconnue. Parallèlement à la drogue, diverses
formes de violences sont de plus en plus légion dans
nos lycées. Bagarres, rixes, brimades, agression à l’arme
blanche, voire au revolver…Y aurait-il un lien de cause
à effet ?
L’on pourrait émettre quelques réserves, mais tout
porte à croire que ce fléau est de nature à engendrer un
climat d’insécurité à l’école, s’il ne venait pas à remettre
en cause la fonction de celle-ci.
L’école serait-elle faible
face au phénomène de plus en plus préoccupant de la
drogue ? Il semble plutôt judicieux d’envisager des pistes
de solutions impliquant tous les acteurs y compris ceux
de l’école, comme le suggèrent certains experts. Si besoin est, il faut d’emblée considérer l’âge des
lycéens, qui est éminemment celui dévolu à des
mutations physiologiques et physiques se traduisant par
un fort besoin de s’affranchir de l’ordre établi, y compris
des valeurs défendues par la société. Surviennent les
premières expériences, une multitude de prises de
risques, et des défis que l’adolescent se lance à lui-même.
S’en suit aussi la prise de distance d’avec les parents.
Ceux-ci ont donc un rôle important à jouer dans
l’information sur leur enfant, sur les risques sanitaires
et juridiques, l’écoute, le bon exemple, le dialogue avec
les éducateurs et la mise en place d’un environnement
psycho-affectif favorable à son épanouissement.
Quant à l’Etat burkinabè il dispose de mesures
préventives et répressives fondées sur un ensemble
de textes juridiques. En effet, le Burkina Faso a ratifié
successivement les conventions internationales de
1961 sur les stupéfiants, de 1971 sur les substances
psychotropes et de 1988 sur les trafics illicites des
stupéfiants et des substances psychotropes par l’effet,
respectivement des décrets N°62-169 du 31/10/62,
du Kiti AN IV-235 du 31/12/86 et du décret 92-93 du
5/5/92.
Au niveau sous régional, notre pays a ratifié
des conventions en tant que membre de la CEDEAO
(Communauté économique des Etats de l’Afrique
de l’Ouest) sur l’entraide judiciaire et l’extradition. A
l’interne, un dispositif permet le contrôle des drogues
: il s’agit entre autres du décret du 23 Juin 1999 (N°99-
213/PRES), par lequel le Président du Faso a promulgué
la Loi N°017/99/AN portant code des drogues adopté
le 29 Avril 1999 par l’Assemblée Nationale.
Les organisations de la société civile et les services
spécialisés de l’Etat doivent conjuguer leurs efforts
pour développer de nouvelles stratégies de lutte plus
dissuasives et plus efficaces.
Par Victor KOMONDI
Les lignes d’or de Korotimi
Il est 16 heures ce 06 février 2019. Nous avons rendez-vous avec
l’apprenante Sanou Korotimi, la cinquantaine sonnée. C’est tout en sourire
qu’elle nous reçoit après son cours d’alphabétisation. Et pour cause, elle fait
partie des 30 femmes de l’Organisation à Base communautaire (OBC) sachant
désormais lire et écrire dans leur langue, grâce à l’appui du projet RECORDE[1] .
Pour Korotimi, savoir lire et écrire est un
rêve devenu réalité: « Lorsque nous avons
commencé la formation, je n’y croyais
pas. Aujourd’hui, je suis très fière de moi,
de cette nouvelle personne que je suis devenue. Et les
progrès que nous réalisons chaque jour me rassure que
mon illettrisme sera bientôt un simple souvenir» se
réjouit-elle, avant de poursuivre : «Aujourd’hui, j’ai la
possibilité d’écrire les noms et numéros de téléphone
des membres de ma famille, mais aussi des personnes
avec lesquelles je mène des activités quotidiennes.
C’est
une avancée dans ma vie ; j’en suis très heureuse».
Korotimi s’achemine vers une réelle appropriation de
l’écriture. Elle a appris avec succès à écrire les mots et
les chiffres dans sa langue maternelle : le dioula. Il y
a de cela quelques mois, elle dépendait de ses proches
pour enregistrer un contact dans le répertoire de son
téléphone ou y rechercher un autre qu’elle veut appeler.
Korotimi n’est qu’un exemple parmi tant de femmes
prises en charge par le programme d’alphabétisation.
« D’où vous est venue cette idée de former les femmes
à l’alphabétisation ? » Nous avons posé cette question à
Sawadogo Fidèle, coordonnateur du projet RECORDE
sur le site de Bobo Dioulasso: «L’initiative procède de
cette vision du projet RECORDE, qui vise à renforcer
l’autonomie des femmes ».
Les cours d’alphabétisation contribuent efficacement
à l’atteinte des Objectifs du Développement
durable, notamment en leurs points 4 et 5, qui visent
respectivement à « assurer l’accès de tous à une éducation
de qualité, sur un pied d’égalité », et à « promouvoir les
possibilités d’apprentissage tout au long de la vie. »
L’initiative est assurément un cas d’école car elle
montre qu’il y a toujours une chance de réussir tant
qu’il y a une volonté manifeste d’apprendre et des
personnes ressources pour accompagner aussi bien
les bénéficiaires que les promoteurs.
Si dans certains
milieux, savoir lire et écrire passe pour un statut banal,
pour ces femmes du village de Pala (Bobo Dioulasso),
cela constitue une véritable lumière qui vient éclairer le
chemin de la quête d’une vraie dignité humaine : celle où
la femme connait et défend ses droits et œuvre aisément
au développement de ses enfants.
C’est pourquoi, conclut Korotimi : « J’arrive désormais
à suivre les notes des devoirs de mes enfants. S’ils n’ont
pas la moyenne j’entreprends des démarches avec les
enseignants afin de trouver une solution ». Oui en effet,
les petites lignes qui se dessinent après chaque passage
de son stylo sont pour elle des lignes d’or qui changeront
toute sa vie et celles de ses enfants.
Par Victor KOMONDI
[1] Ce projet est cofinancé par l’Agence Française de Développement. Néanmoins, les idées et les opinions présentées dans ce document ne représentent pas nécessairement celles de l’AFD.
Quand les écoles Hermann Gmeiner tablent sur la qualité
La fin d’une année scolaire vient indubitablement sanctionner neuf mois de travail. Pour
l’année 2017-2018, les résultats des Ecoles Hermann Gmeiner SOS Villages d’Enfants forcent
l’admiration. En primaire, en secondaire, tout comme
dans les centres de formation, notre organisation apporte une contribution fort appréciable en réalisant
dans l’ensemble le taux de réussite largement au-dessus des taux nationaux. Tenez, 81,56% pour l’examen
du CEP, et 97,40% pour le BEPC, tandis qu’ils sont respectivement de 67,77% et de 42,91% au plan national.
Une preuve patente de la qualité du travail fourni par
le personnel, mais aussi une illustration d’une responsabilité de mieux en mieux assurée par SOS Villages
d’Enfants Burkina Faso.
Les écoles sont des outils de mise en œuvre de la politique éducative, en vue de doter l’enfant et le jeune des valeurs et des capacités que requiert son intégration dans la société. Les écoles Herman Gmeiner reuinissent les atouts qu’exigent les autorités éducatives de référence. Loin d’être négligées, les disciplines artistiques bénéficient des mêmes égards que celles dites intellectuelles et ayant une renommée plutôt favorable. C’est ce dont on a pu se rendre compte lors de la fermeture des classes en juillet dernier.
En effet, en marge des activités scolaires, les élèves de l’Ecole SOS Hermann Gmeiner de Bobo Dioulasso, ont participé à une compétition culturelle dénommée « Faso School’s Won- ders, à l’issue de laquelle ils se sont adjugé la première place face à 10 écoles concurrentes. Cette compétition organisée par l’Association Jeunesse-Vision-Avenir (AJEVIA) com- portait cinq disciplines que sont : le duel (concours d’art ora- toire), le slam, le sketch et le ballet traditionnel.
Ce brillant succès de l’ Ecole Herman Gmeiner de Bobo - Dioulasso et dans de nombreux aspects de la vie scolaire est dû à plusieurs facteurs dont la qualité de l’enseignement dispensé, l’accompagnement sans faille des collaborateurs de SOS, l’abnégation des enfants –parfois issus de familles en difficulté. Satisfait du résultat d’ensemble de ses élèves et apprenants, SOS Villages d’enfants Burkina Faso qui, depuis quatre (04) ans à travers la Cellule d’Encadrement des Jeunes (CEJ) a initié la tenue annuelle d’un camp vacances au profit des jeunes, n’a pas dérogé à la règle cette année. Ce camp qui se veut un tremplin pour l’épanouissement pour les jeunes est dit ‘’camp de leadership’’ en ce qu’il participe à la quête permanente de l’excellence.
Cette édition 2018, dont le thème était : «promotion des valeurs culturelles du Burkina Faso pour une jeunesse responsable» a regroupé soixante-six (66) jeunes et adolescents venus des unités programmes de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso. Seul le mérite a prévalu au choix de ces jeunes. Si certains étant illustrés par leurs résultats aux examens scolaires, d’autres par leur rang à l’admission en classe supérieure, un dernier groupe concerne ceux et celles qui ont su faire preuve de discipline en apprentissage de métier. Avec pour objectif de «Contribuer à la sauvegarde et au respect des valeurs culturelles du Burkina Faso», ce camp qui, une semaine durant, a conduit les jeunes à des activités sportives et culturelles, des conférences et des excursions.
Des
thèmes actuels et originaux ont été développés par d’éminents conférenciers comme
Sa majesté le Pô Pè, chef
coutumier de la ville de Pô, et
des techniciens du ministère
de la culture.
Lors de la cérémonie de clôture du camp intervenue le 19
août 2018, le représentant des
jeunes campeurs a montré leur joie d’avoir été bénéficiaires
de ce cadeau de vacances. Il a aussi exprimé leur gratitude à
l’endroit de tous les encadreurs et des responsables de SOS
Villages d’ Enfants Burkina Faso, et souhaité que cette action
se pérennise. Le responsable de la Cellule d’Encadrement
des Jeunes (CEJ) a traduit la grande satisfaction de l’équipe à
l’issue de l’exécution du programme, sûr de l’impact positif
que le camp aura sur les jeunes.
Le Directeur National de SOS Villages d’ Enfants Burkina Faso a salué la présence des nombreuses autorités venues soutenir l’évènement. Une mention particulière a été faite à Sa majesté le Pô Pè, parrain de la présente édition du camp. ‘’Jeunes, vous êtes les meilleurs’’ ; c’est en ces termes que Ousséni Nyantudré s’est adressé aux campeurs, fier des résultats obtenus après une semaine d’intenses activités. Pour SOS Villages d’ Enfants Burkina Faso, l’excellence dans l’éducation est une quête permanente et les différents acteurs mettent en œuvre tous les moyens dont ils disposent pour mener les enfants et les jeunes pris en charge par l’organisation à leur plein épanouissement et leur réussite intégrale.
Par Victor KOMONDI
Les écoles sont des outils de mise en œuvre de la politique éducative, en vue de doter l’enfant et le jeune des valeurs et des capacités que requiert son intégration dans la société. Les écoles Herman Gmeiner reuinissent les atouts qu’exigent les autorités éducatives de référence. Loin d’être négligées, les disciplines artistiques bénéficient des mêmes égards que celles dites intellectuelles et ayant une renommée plutôt favorable. C’est ce dont on a pu se rendre compte lors de la fermeture des classes en juillet dernier.
En effet, en marge des activités scolaires, les élèves de l’Ecole SOS Hermann Gmeiner de Bobo Dioulasso, ont participé à une compétition culturelle dénommée « Faso School’s Won- ders, à l’issue de laquelle ils se sont adjugé la première place face à 10 écoles concurrentes. Cette compétition organisée par l’Association Jeunesse-Vision-Avenir (AJEVIA) com- portait cinq disciplines que sont : le duel (concours d’art ora- toire), le slam, le sketch et le ballet traditionnel.
Ce brillant succès de l’ Ecole Herman Gmeiner de Bobo - Dioulasso et dans de nombreux aspects de la vie scolaire est dû à plusieurs facteurs dont la qualité de l’enseignement dispensé, l’accompagnement sans faille des collaborateurs de SOS, l’abnégation des enfants –parfois issus de familles en difficulté. Satisfait du résultat d’ensemble de ses élèves et apprenants, SOS Villages d’enfants Burkina Faso qui, depuis quatre (04) ans à travers la Cellule d’Encadrement des Jeunes (CEJ) a initié la tenue annuelle d’un camp vacances au profit des jeunes, n’a pas dérogé à la règle cette année. Ce camp qui se veut un tremplin pour l’épanouissement pour les jeunes est dit ‘’camp de leadership’’ en ce qu’il participe à la quête permanente de l’excellence.
Cette édition 2018, dont le thème était : «promotion des valeurs culturelles du Burkina Faso pour une jeunesse responsable» a regroupé soixante-six (66) jeunes et adolescents venus des unités programmes de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso. Seul le mérite a prévalu au choix de ces jeunes. Si certains étant illustrés par leurs résultats aux examens scolaires, d’autres par leur rang à l’admission en classe supérieure, un dernier groupe concerne ceux et celles qui ont su faire preuve de discipline en apprentissage de métier. Avec pour objectif de «Contribuer à la sauvegarde et au respect des valeurs culturelles du Burkina Faso», ce camp qui, une semaine durant, a conduit les jeunes à des activités sportives et culturelles, des conférences et des excursions.
Des
thèmes actuels et originaux ont été développés par d’éminents conférenciers comme
Sa majesté le Pô Pè, chef
coutumier de la ville de Pô, et
des techniciens du ministère
de la culture.
Lors de la cérémonie de clôture du camp intervenue le 19
août 2018, le représentant des
jeunes campeurs a montré leur joie d’avoir été bénéficiaires
de ce cadeau de vacances. Il a aussi exprimé leur gratitude à
l’endroit de tous les encadreurs et des responsables de SOS
Villages d’ Enfants Burkina Faso, et souhaité que cette action
se pérennise. Le responsable de la Cellule d’Encadrement
des Jeunes (CEJ) a traduit la grande satisfaction de l’équipe à
l’issue de l’exécution du programme, sûr de l’impact positif
que le camp aura sur les jeunes.Le Directeur National de SOS Villages d’ Enfants Burkina Faso a salué la présence des nombreuses autorités venues soutenir l’évènement. Une mention particulière a été faite à Sa majesté le Pô Pè, parrain de la présente édition du camp. ‘’Jeunes, vous êtes les meilleurs’’ ; c’est en ces termes que Ousséni Nyantudré s’est adressé aux campeurs, fier des résultats obtenus après une semaine d’intenses activités. Pour SOS Villages d’ Enfants Burkina Faso, l’excellence dans l’éducation est une quête permanente et les différents acteurs mettent en œuvre tous les moyens dont ils disposent pour mener les enfants et les jeunes pris en charge par l’organisation à leur plein épanouissement et leur réussite intégrale.
Par Victor KOMONDI
Cap enfance positive : un mois, un thème, une heure de télé.
SOS Villages d’Enfants Burkina Faso renforce
d’avantage sa visibilité. En consortium avec
12 autres associations et ONG, dont Christian
Children Fund of Canada, il été a lancé en juin dernier,
une émission télévisée au titre évocateur de «Cap enfance
positive». Oui, tout est dit dans ce titre, et l’émission
mensuelle d’une heure est un outil au service des objectifs
fédérateurs des organisations partenaires. Il vient combler un
vide général dans les espaces médiatiques du Burkina Faso
où les sujets sur l’enfance sont sporadiques, manquent de
la visibilité nécessaire pour impacter les opinions et induire
des comportements.
Ambitieux au regard de l’état des
lieux, les objectifs de Cap enfance positive sont de nature à
communiquer et à sensibiliser. Dans la première année, c’est
un projet qui vise à poser avec pertinence la problématique
de l’épanouissement de l’enfance au Burkina Faso. Entre
juin 2018 et mai 2019, les thèmes discutés sur la chaîne
de télévision BF1 par des acteurs avertis, devront toucher
différentes cibles, des décideurs aux parents d’enfants, en
passant par les leaders de communautés et les partenaires
techniques et financiers. Préenregistrée, la
première émission a été diffusée le samedi
30 juin dernier et animée par le réseau Focus
des Organisations pour la Réalisation de la
Convention Relative aux droits des Enfants
( FORCE), les invités ont planché sur la
question des enfants sur les sites d’orpaillages
traditionnels artisanaux au Burkina Faso.
Le
sujet doit sa pertinence aux effets pervers du
boom minier dans notre pays, et précisément
aux efforts d’exploitation de l’or par les
populations au moyen d’outils rudimentaires,
faisant appel à la main d’œuvre infantile. Les
panelistes ont unanimement fait le lien entre
d’une part la présence des enfants sur les sites artisanaux
traditionnels et d’autre part, la pauvreté des familles,
l’accessibilité de la main d’œuvre enfantine, et les diverses
activités de leurs parents en ces lieux. Or les sites d’orpaillage,
caractérisés par la dangerosité des différentes opérations
d’exploitation et un environnement matériel précaire, sont
de loin des milieux inappropriés pour l’exercice des droits de
l’enfant. Au mépris de leur développement, les enfants sont
victimes, sinon impliqués dans différents phénomènes vécus
par leurs communautés : braquage, drogue, prostitution,
analphabétisme, trafics divers, pires formes
de travail, accidents et maladies de travail…
En amont de l’émission, un micro-trottoir a
permis de mesurer le degré de connaissance
de la question par le citoyen lambda, et son
opinion.
De quoi permettre, à moyen terme, de parvenir
entre autres, à une meilleure appropriation des textes et des
dispositions en vigueur, et à susciter un intérêt de plus en
plus accru de l’opinion nationale sur la question de l’enfance.
Par Victor KOMONDI
Entretien avec Daniel Barroy, Président de SOS France
Lorsqu’on rencontre Daniel Barroy il n’est pas besoin de passer beaucoup de temps avec lui pour se rendre compte que nous sommes en présence d’une personne bien avenante.
De prime a bord, il vous englobe de sa présence rassurante qui ne cache pas l’expérience de l’humain qu’il recèle. Simplicité, ouverture et sincérité caractérisent également
l’homme quand il parle de ce qui a toujours été l’essentiel de sa vie. Nous avons profité de son séjour au Burkina Faso pour lui poser quelques questions. Pour le Président des
Villages d’Enfants SOS de France, au cours des 20 dernières années, l’appui de SOS France à SOS Villages d’Enfants Burkina Faso n’a jamais fait défaut. S’adressant aux jeunes
de SOS Burkina Faso, il lance un appel selon lequel ils devront prendre en main leur destin.
Prunelle : Pouvez-vous vous présenter et présenter
brièvement SOS France ?
Daniel Barroy : je suis président de SOS France depuis deux
ans, par ailleurs dans la vie professionnelle, fonctionnaire
administrateur général au ministère de la culture à Paris. Alors
SOS France c’est donc une des premières associations SOS qui
ont été créées, (nous avons fêté notre soixantième anniversaire il
y a un an en 2016;) qui a été créé dans le nord de la France sur le
modèle qu’avait Gilbert COTTEAU sur le modèle qu’avait décliné
Herman Gmeiner ( Ndl : Fondateur de SOS Villages d’ Enfants
) et nous sommes aujourd’hui considérés comme une PSA ( Ndl
Association de Promotion et de Soutien ) c’est-à-dire que nous
avons quatorze Villages d’Enfants SOS en France, nous avons
d’ailleurs quatre villages à construire en France dans les années
qui viennent et puis nous participons au financement d’un certain
nombre d’associations dans le monde dont le Burkina Faso.
Prunelle : Justement parlant du Burkina Faso, quelles
impressions éprouvez-vous après ce contact avec SOS
Villages d’Enfants Burkina Faso ?
Daniel Barroy : Ecoutez, c’est un premier contact ! D’abord je
voudrais vous dire que je me réjouis vraiment ; c’est pour nous
vraiment important que SOS Villages d’Enfants Burkina Faso
puisse retrouver une organisation en association, c’est pour
nous tout à fait important ; ça c’est la première remarque. La
deuxième remarque, j’ai, dans les différents échanges que j
’ai eus avec Monsieur Boly, constaté aussi les efforts
que développent les équipes au Burkina pour mobiliser
l’ensemble des partenaires sur le terrain, que ce soit pour les
partenaires gouvernementaux, que ce soit les entreprises et
éventuels gros donateurs. Je pense que c’est quelque chose
qui, pour nous aussi, est un symbole de la confiance que
votre association peut développer sur le plan pays et aussi la
confiance que nous pouvons avoir dans les relations avec vous.
Prunelle : SOS VE BF commémore les vingt ans de
travail, travail effectué en étroite partenariat avec SOS
France : Quel bilan faites-vous de ce partenariat ?
Daniel Barroy : Ecoutez, c’est la première fois que je viens au
Burkina Faso, donc, je ne peux avoir qu’une vision assez théorique
; nous sommes alors très fiers finalement d’être en quelque sorte
(et nous tenons à ce que ça reste notamment dans les statuts de
l’association en cours de création), avec évidemment les acteurs
burkinabé, fondateurs de SOS Villages d’Enfants Burkina Faso et,
par-delà les difficultés que le pays a pu connaitre au cours des vingt
ans, notre appui et notre participation n’ont jamais fait défaut. Il y
a deux villages qui touchent aujourd’hui 2000- 2600 enfants avec
les différents programmes. Je vais voir le Village de Ouagadougou
bientôt mais ce bilan fait que nous sommes évidemment et nous
resterons à l’écoute de vos projets et de vos développements.
Prunelle : Y’a-t-il des perspectives de développement pour les associations nationales que vous soutenez dans le monde entier, notamment SOS Villages d’Enfants Burkina Faso?
Daniel Barroy : Alors il y a deux aspects dans votre question : il faut en être conscient, la capacité de mobilisation des ressources en Europe, dans les associations européennes, sont quand même aujourd’hui plus difficiles que cela ne l’était il y a quinze ans et donc la fédération tente, (et je crois que c’est un enjeu important) de développer des financements de la part de continents autres que le seul continent européen. Par ailleurs, évidemment, nous, SOS France, nous restons extraordinairement attentifs à ce que les moyens dont nous pouvons disposer restent, comment dire, soit en priorité utilisés au bénéfice des enfants et le plus possible au bénéfice des enfants ; alors l’autre volet de votre question c’est les projets de développement au Burkina : j’en ai parlé à l’instant avec Monsieur Boly et le directeur national : oui il y’en a nécessairement, nous sommes attentifs ; ça va suivre son cours mais ce n’est pas à nous de déterminer ce que sont vos priorités ; donc c’est précisément votre association qui le fera, en liaison bien sûr avec la fédération internationale.
Prunelle : En 2007, avant que SOS Villages d’Enfants Burkina Faso n’entre dans un cycle de conflits, il avait été projeté la construction d’un troisième village au BF, en avez-vous entendu parler ? Si oui qu’en est-il aujourd’hui ?
Daniel Barroy : J’en ai entendu parler mais, comment dire,
ce projet peut venir en concurrence d’autres préoccupations.
En tout état de cause, nous avons bien défini une méthode
de travail pour que justement les priorités puissent être non
seulement fixées mais rendues opérationnelles dans les années
qui viennent parce que, je crois, il y a plusieurs problèmes qui
se posent et il faut arriver à gérer un échelonnement à la fois
en investissements ; puis, n’oubliez pas que c’est aussi notre
préoccupation et quand je dis notre préoccupation, entendez que
c’est aussi notre fierté. Quand nous finançons un programme,
nous savons bien que quelque part, il y a un engagement
moral à assumer le financement de son fonctionnement au
moins pendant un certain temps. Voilà, j’ai entendu parler du
projet, on va voir comment on va pouvoir le mettre et encore
une fois, on va le voir avec le Bureau Régional de KDI ( Ndl.
Kinderdorf International ) et avec les équipes ici dans le pays.
Prunelle : Quel message auriez-vous à transmettre aux enfants, aux jeunes de SOS Villages d’Enfants Burkina Faso?
Daniel Barroy : Vous savez, nous, notre préoccupation, c’est au travers de notre modèle, le modèle de KDI ( Ndl Kinderdorf International ) c’est-à-dire la fratrie - la mère - la maison - le village. Nous considérons que c’est vraiment la démarche qui permet aux enfants qui nous sont confiés de devenir des citoyens à part entière. Alors, en terme un peu technocratique, on dirait d’aller vers l’autonomie en tant que futurs adultes et donc, moi, je leur dirai surtout qu’ils aient confiance mais, à côté de cela, qu’ils prennent en main aussi leur destin. Voilà !
Prunelle : Y’a-t-il des perspectives de développement pour les associations nationales que vous soutenez dans le monde entier, notamment SOS Villages d’Enfants Burkina Faso?
Daniel Barroy : Alors il y a deux aspects dans votre question : il faut en être conscient, la capacité de mobilisation des ressources en Europe, dans les associations européennes, sont quand même aujourd’hui plus difficiles que cela ne l’était il y a quinze ans et donc la fédération tente, (et je crois que c’est un enjeu important) de développer des financements de la part de continents autres que le seul continent européen. Par ailleurs, évidemment, nous, SOS France, nous restons extraordinairement attentifs à ce que les moyens dont nous pouvons disposer restent, comment dire, soit en priorité utilisés au bénéfice des enfants et le plus possible au bénéfice des enfants ; alors l’autre volet de votre question c’est les projets de développement au Burkina : j’en ai parlé à l’instant avec Monsieur Boly et le directeur national : oui il y’en a nécessairement, nous sommes attentifs ; ça va suivre son cours mais ce n’est pas à nous de déterminer ce que sont vos priorités ; donc c’est précisément votre association qui le fera, en liaison bien sûr avec la fédération internationale.
Prunelle : En 2007, avant que SOS Villages d’Enfants Burkina Faso n’entre dans un cycle de conflits, il avait été projeté la construction d’un troisième village au BF, en avez-vous entendu parler ? Si oui qu’en est-il aujourd’hui ?
Prunelle : Quel message auriez-vous à transmettre aux enfants, aux jeunes de SOS Villages d’Enfants Burkina Faso?
Daniel Barroy : Vous savez, nous, notre préoccupation, c’est au travers de notre modèle, le modèle de KDI ( Ndl Kinderdorf International ) c’est-à-dire la fratrie - la mère - la maison - le village. Nous considérons que c’est vraiment la démarche qui permet aux enfants qui nous sont confiés de devenir des citoyens à part entière. Alors, en terme un peu technocratique, on dirait d’aller vers l’autonomie en tant que futurs adultes et donc, moi, je leur dirai surtout qu’ils aient confiance mais, à côté de cela, qu’ils prennent en main aussi leur destin. Voilà !
Propos recueillis par
Victor KOMONDI
Rendez-vous à la Pâtisserie Le vase d’honneur
On sent Mariétou plutôt épanouie
en ces lieux que nulle part ailleurs.
Enthousiaste, elle va d’un pas alerte
entre les clients et les autres employés de cet
établissement de Ouagadougou, «Les délices
du four». Elle trotte plutôt, perpétuellement
motivée par un projet né depuis le temps
où elle était à la Cellule d’Encadrement
des Jeunes de SOS Villages d’Enfants
Burkina Faso. Faisant sien le dicton qui dit
‘’Aide-toi et le Ciel
t’aidera’’
Mariétou
est convaincue
qu’au prix de
son abnégation
et de son
espérance, elle finira par atteindre son objectif.
Et ses propos en disent long : « Faire la cuisine a
toujours été pour moi un rêve depuis ma tendre
enfance. En cela j’ai d’abord été encouragée par
ma Mère SOS, et plus tard, par les éducateurs.
C’est d’ailleurs avec ma Mère SOS que j’ai fait
mes premiers pas dans la cuisine. A l’issue de
mon séjour dans le Village d’Enfants SOS de
Ouagadougou, lorsqu’on m’a demandé ce que
je voulais faire dans l’avenir, j’ai tout de suite
dit : la Pâtisserie ! » Et Mariétou entre au centre
Valba où elle reçoit une formation de deux ans
avant d’être embauchée par cette maison.
Aujourd’hui pétrie d’expérience, elle se
dit fière de l’état d’avancement de son
projet.
Mettant à profit mon money gift
d’une valeur de 1 500 Euros (environ 983
000 FCFA), elle vient de s’acheter un
équipement : un four professionnel, un
congélateur, et un réfrigérateur. Elle
a également
loué un local
de 6m2 à Bonheur-Ville (un quartier à l’Ouest
de Ouagadougou) pour installer son entreprise.
Marguerite Dakouré, responsable de la cellule
d’encadrement des jeunes est toute d’admiration
pour elle : « Mariétou est une jeune fille très
sociable et ouverte. Elle
a toujours eu une passion
pour la pâtisserie et nous
l’avons accompagnée dans
ce sens pour la suite de sa formation
p r o f e s s i o n n e l l e » , t é m o i g n e – t - e l l e .
Ainsi, très bientôt, Mariétou inaugurera sa
pâtisserie qui s’appelle déjà «Le vase d’honneur».
Par Victor KOMONDI
Par Victor KOMONDI
Une journée passée avec Abdoulaye,
Quand Abdoulaye Sangaré, après quelques années,
quitte le Village d’Enfants SOS de Ouagadougou
et la Cellule d’ Encadrement des Jeunes, il laisse
les responsables sur un sentiment de devoir accompli, et surtout de satisfaction. La vie d’Abdoulaye représente un de ces résultats sociaux durables
de l’action de SOS Villages d’Enfants Burkina Faso.
Son parcours reste encore un exemple à même de
faire faire des émules.
Abdoulaye a aujourd’hui un statut chez CITEC qui l’emploie en qualité d’agent de maintenance dans son usine
de fabrique d’huile et de savon. Au milieu des machines,
c’est bien là sa place, puisqu’il l’a désirée en préparant
ses diplômes à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso.
D’abord un Certificat d’Aptitude Professionnelle(CAP),
option mécanique industrielle obtenue au Centre Mout;
puis, en 2005, toujours dans la même spécialité, il s’adjuge un BEP (Brevet d’Etudes Professionnelles) au
Complexe Scolaire Baraka dans des conditions inhabituelles à SOS Villages d’ Enfants Burkina Faso. Abdoulaye témoigne en effet : « J’avais atteint la limite d’âge de
prise en charge tandis que je n’avais pas encore fini mes
études.
Les responsables de SOS Villages d’Enfants Burkina Faso, m’ont accordé une année supplémentaire.
Sans quoi, je n’aurais pas été candidat à l’examen du
BEP.»
Dans les jours qui suivent, Abdoulaye suit une formation
en techniques de recherche d’emploi proposée par SOS
Villages d’ Enfants Burkina Faso, en collaboration avec
l’Agence Nationale de la Promotion de l’Emploi
(ANPE). « Cette formation a été déterminante pour
l’obtention de son premier travail », se souvient Abdoulaye. Et c’est le déclic ! Quelques semaines plus tard son
dossier à l’ANPE intéresse la CITEC qui l’intègre tout
de suite dans un effectif d’environ 4000 employés. «
Mon travail est d’assurer le bon fonctionnement des machines. Vu la taille des machines et leur nombre nous travaillons en équipe », explique Abdoulaye. Le milieu est
exigeant, mais il tire son épingle du jeu, en témoigne le
satisfecit de monsieur Badiéra, son supérieur hiérarchique immédiat : « C’est un garçon dont les compétences professionnelles et la qualité de ses relations avec
les collègues forcent l’admiration […] Jamais je n’ai
eu à le reprocher de quoi que ce soit ; je suis fier
de lui ». Sentiment d’ailleurs partagé par de nombreux autres collaborateurs.
Par Victor KOMONDI
Mariam Traoré, 2ème Prix Helmut Kutin
Le 05 juillet 2017, à Berlin en Allemagne, SOS Villages d’Enfants Burkina Faso a été montré à la face du monde, grâce à la Mère SOS, Mariam Traoré. Celle qui était naguère anonyme
comme tant d’autres Mères SOS, a eu le privilège de se rendre à Berlin où elle a reçu le 2ème Prix Helmut Kutin 2017 récompensant des actions majeures en faveur de la prise en charge
des enfants. Celle de Mariam s’inscrit dans le contexte des manifestations sociopolitiques de 2014.
Du haut de son âge mûr, c’est une Mère SOS toujours
joyeuse au milieu de ses Enfants SOS. « Je suis Mère SOS
depuis 14 ans, et si c’était à refaire, je m’engagerai volontiers pour les enfants. C’est le plus beau choix que j’ai fait
dans ma vie ». A ce que Mariam Traoré dit, c’est depuis sa
tendre jeunesse qu’elle rêvait de travailler auprès des enfants. Cette vocation l’a amené à être responsable d’une
école primaire, jusqu’au jour où elle a vu l’annonce de SOS
Villages d’Enfants Burkina Faso qui recherchait des candidatures pour le poste de Mère SOS.
Pour Maman Mariam « tout enfant doit grandir avec le sentiment d’être
aimé de façon inconditionnelle. Un enfant qui grandit sans
amour, c’est comme un arbre qui manque de sève. »
« Lorsqu’on parle d’amour pour les enfants », enseigneelle, « il s’agit de l’amour pour tous enfants du monde.
N’apporter une attention particulière qu’aux seuls enfants qui nous sont confiés, c’est faire une partie de la mission. Nous devons apporter notre soutien, notre sourire,
notre présence, et notre main tendue à tous les enfants
d’où qu’ils viennent, termine –t-elle. »
A Berlin, notre
Mère SOS, saisissant l’occasion de son discours, a fait retentir ses convictions devant un parterre de hauts responsables de l’organisation, dont le président International Sidartha KAUL, et celui dont le prix porte le nom Helmut
Kutin, un des pionniers de SOS Villages d’ Enfants. Pour
Mariam, « Etre une Mère SOS , ce n’est pas un simple travail, ce n’est pas une succession d’activités, c’est une vocation, c’est un sacerdoce. J’ai beaucoup appris avec mes
Enfants SOS, ils m’ont permis de donner un vrai sens à
ma vie. Et si c’était à refaire, je le referais sans hésiter avec
autant de dévouement. »
De quoi justifier sa bravoure exceptionnelle lors de la crise
socio - politique qui a secoué le Burkina Faso en 2014.
Alors que le pays avait soif de changement politique après
27 ans de règne du Président Compaoré, ce dernier comptait modifier la constitution pour rester éternellement au
pouvoir. Un mouvement insurrectionnel s’est opposé à
son projet. Il s’en est suivi de violents troubles sociaux
politiques dans tout le pays avec malheureusement des
pertes en vie humaine. A Bobo Dioulasso, certaines personnes ont cru à tort que le Village d’Enfants SOS appartiendrait à la femme du Président Une foule s’est alors
dirigée vers le Village afin de piller et d’y mettre le feu.
Les élections de 2015 ont porté au pouvoir un
nouveau président démocratiquement élu. La page de la
crise sociopolitique est tournée. Lorsqu’on met le pied
dans le Village d’ Enfants SOS de Bobo Dioulasso, on
est émerveillé de voir les Enfants SOS épanouis avec des
résultants scolaires très satisfaisants.
Somme toute, l’œuvre de Mariam illustre bien la pensée
du fondateur de SOS Villages d’ Enfants Hermann
GMEINER : « Une volonté individuelle peut avoir un
impact sur la construction d’un monde meilleur »
Par Victor KOMONDI
Nelson Mandela, un chemin avec SOS Villages d’Enfants
Un papy au milieu de ses petits-enfants; ce fut la
scène agréable offerte par la visite de Nelson
Mandela aux enfants du Village d’ Enfants
SOS du CAP en Afrique du Sud, le 25 mai 1995, alors
qu’il était Président de la Nation Arc-en Ciel.
Les enfants SOS ayant accueilli Madiba garderont à
jamais gravé dans leur mémoire le souvenir de la
rencontre avec le Président, qui plus, était encore un
trésor humain vivant. La présence de cet ancien homme
qui fut sans doute un acte symbolique. Comme tous les
enfants de SOS Villages d’ Enfants, Nelson Mandela a
connu une vie très difficile. Le message fut l’homme lui même, témoignant de sa proximité avec ces enfants qui
ont eu à un moment de leur vie un parcours qui, toutes
proportions gardées, évoque sa souffrance.
A
L’occasion, Madiba s’est voulu reconnaissant à la FIFA
de l’aide qu’elle apporte à SOS Villages d’Enfants en
endossant un tee-shirt qui magnifie le partenariat FIFASOS Villages d’Enfants.
Mandela a ainsi indiqué la voie,
et tout près de nous et des
Enfants SOS du Burkina Faso,
c’est l’Ambassade du pays de
Nelson Mandela au Burkina
Faso qui l’emprunte depuis
quatre ans.
En effet, chaque 18 juillet, à
l’occasion de la journée
internationale dédiée à l’icône
Mandela, une cérémonie est
organisée au Village d’ Enfants
SOS de Ouagadougou par cette
représentation diplomatique,
pour marcher sur les pas de l’homme.
Des lettres de
demande de soutien sont alors envoyées par
l’Ambassade sud-africaine aux entreprises désireuses
de soutenir l’activité en faveur des enfants.
C’est le 5 décembre 2013 que Nelson Mandela nous a
quittés à l’âge de 95 ans. Un homme qui continue
d’inspirer des générations toutes entières sur les
valeurs de paix, de pardon et de solidarité dont il a été
lui-même un exemple. A ce titre, sa vie est un modèle,
pour les enfants et pour tous, et un témoignage
comme celui de Gandhi, Martin Luther King ou Mère
Teresa.
Merci à son Excellence GANGUMzI
Tsengiwe ambassadeur sud-africain au Burkina pour
la noblesse de ses actions envers les enfants.
Par Victor KOMONDI
Par Victor KOMONDI
Mariage forcé ou précoce : prévenir les douleurs indicibles des enfants
Quelque part au Burkina Faso, une adolescente de 12 ans sera la promise d’un sexagénaire ; elle vivra avec un homme qu’elle n’a pas choisi. La société lui volera sa jeunesse et le sourire pendant que des engagements écrits sommeillent encore dans les tiroirs. Elles sont, hélas ! nombreuses, ces filles, parfois mineures, mariées tôt ou sans leur consentement. Il faut que ça change ! d’où une marche silencieuse pour dire non aux mariages forcés ou précoces. Peut-être fallait-il y penser plus tôt. SOS Villages d’Enfants Burkina a pris part à l’organisation de cette marche initiée par l’ONg Christian Children Fund of Canada (CCFC) et ses partenaires, le samedi 27 février 2016 à Fada N’gourma, chef-lieu de la région de l’Est du pays des hommes intègres. Elèves, parents, enseignants, autorités administratives, coutumières et religieuses, tous ont répondu à l’appel, convaincus que l’éradication de cette plaie qui gangrène la société est une condition pour le bonheur de ces milliers de jeunes filles dont le vœu chaque matin est de jouir de leur droit de dire oui au conjoint de leur choix au moment voulu.
Tenez ! Toutes les 3 secondes, une fille est mariée
avant l’âge de 18 ans dans les pays en voie de
développement. Au Burkina Faso, le Sahel, l’Est et
le Centre Nord détiennent le bonnet d’âne des
régions où le rapt des jeunes filles et le mariage
précoce ou forcé sont monnaie courante. Cette
réalité donne froid au dos et témoigne de la
persistance de certaines pratiques anciennes
rébarbatives. Apparemment ce n’est pas demain la
veille d’un changement de mentalités ; il y a donc
des décennies de travail en vue.
La participation à la marche silencieuse est entre
autres, une réponse apportée par SOS Villages d’
Enfants aux côtés de l’ONG Christian Children
Fund of Canada (CCFC) et ses autres partenaires.
C’est aussi un message envoyé aux populations et
une interpellation des autorités des régions
concernées, à faire usage de leur prérogatives pour
un changement de la situation.
La population de la ville de Fada n’a pas marchandé
sa mobilisation ce jour-là. Partis de la Place de
l’unité, les marcheurs ont effectué un circuit de trois
kilomètres environ à travers la ville, passant
progressivement devant l’hôtel de ville, la radio
Taanba et le marché central de Fada N’gourma.
Des banderoles aux textes très évocateurs ont été
exhibés et des slogans scandés : « Le mariage forcé
est une prison d’amour forcé » ; « Ô jeune fille, c’est
clair, le mariage forcé est un obstacle à ton épanouissement» ; « Papa, maman, amis, frères,
levons-nous pour lutter contre le mariage forcé.
Plus jamais ça dans notre province ! ».
A tour de rôle, le gouverneur de la région de l’Est,
le représentant de l’évêque et la représentante du
ministre de la femme, de la solidarité nationale et de
la famille ont réaffirmé leur volonté de combattre
un fléau qui arrache la jeune fille dès sa tendre
enfance, l’obligeant à grandir avant l’âge. Ils ont
tous convenu que nous sommes en présence d’un
danger pour la santé sexuelle et reproductive de la
jeune fille.
« Aujourd’hui, nous avons prouvé aux yeux des
populations de la Région de l’Est du Burkina et de
l’opinion internationale que la question du mariage
forcé est une pratique que nous condamnons et,
nous allons la combattre sans relâche, main dans la
main. », a lancé Jérémie OUANGRAWA,
Directeur Pays de CCFC lors de son allocution.
Il
s’est dit convaincu que « la victoire est désormais
un impératif »
La participation de SOS Villages d’Enfants répond à
sa vision qui veut que “tous les enfants du monde
sont nos enfants”n
N°000 - Juin 2016 -9-
doSSiEr
Mariage forcé ou précoce : prévenir les douleurs indicibles des enfants
Quelque part au Burkina Faso, une adolescente de 12 ans sera la promise d’un sexagénaire ; elle vivra avec un homme qu’elle n’a pas choisi. La société lui volera sa jeunesse et le sourire pendant que
des engagements écrits sommeillent encore dans les tiroirs.
Elles sont, hélas ! nombreuses, ces filles, parfois mineures, mariées tôt ou sans leur consentement. Il faut que ça change ! d’où une marche
silencieuse pour dire non aux mariages forcés ou précoces. Peut-être fallait-il y penser plus tôt. SOS Villages d’Enfants Burkina a pris part à l’organisation de cette marche initiée par l’ONg
Christian Children Fund of Canada (CCFC) et ses partenaires, le samedi 27 février 2016 à Fada N’gourma, chef-lieu de la région de l’Est du pays des hommes intègres. Elèves, parents, enseignants, autorités
administratives, coutumières et religieuses, tous ont répondu à l’appel, convaincus que l’éradication de cette plaie qui gangrène la société est une condition pour le bonheur de ces milliers de jeunes filles dont
le vœu chaque matin est de jouir de leur droit de dire oui au conjoint de leur choix au moment voulu.
Par Victor KOMONDI
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