lundi 30 mars 2020

Cap enfance positive : un mois, un thème, une heure de télé.

SOS Villages d’Enfants Burkina Faso renforce d’avantage sa visibilité. En consortium avec 12 autres associations et ONG, dont Christian Children Fund of Canada, il été a lancé en juin dernier, une émission télévisée au titre évocateur de «Cap enfance positive». Oui, tout est dit dans ce titre, et l’émission mensuelle d’une heure est un outil au service des objectifs fédérateurs des organisations partenaires. Il vient combler un vide général dans les espaces médiatiques du Burkina Faso où les sujets sur l’enfance sont sporadiques, manquent de la visibilité nécessaire pour impacter les opinions et induire des comportements. 


Ambitieux au regard de l’état des lieux, les objectifs de Cap enfance positive sont de nature à communiquer et à sensibiliser. Dans la première année, c’est un projet qui vise à poser avec pertinence la problématique de l’épanouissement de l’enfance au Burkina Faso. Entre juin 2018 et mai 2019, les thèmes discutés sur la chaîne de télévision BF1 par des acteurs avertis, devront toucher différentes cibles, des décideurs aux parents d’enfants, en passant par les leaders de communautés et les partenaires techniques et financiers. Préenregistrée, la première émission a été diffusée le samedi 30 juin dernier et animée par le réseau Focus des Organisations pour la Réalisation de la Convention Relative aux droits des Enfants ( FORCE), les invités ont planché sur la question des enfants sur les sites d’orpaillages traditionnels artisanaux au Burkina Faso.


Le sujet doit sa pertinence aux effets pervers du boom minier dans notre pays, et précisément aux efforts d’exploitation de l’or par les populations au moyen d’outils rudimentaires, faisant appel à la main d’œuvre infantile. Les panelistes ont unanimement fait le lien entre d’une part la présence des enfants sur les sites artisanaux traditionnels et d’autre part, la pauvreté des familles, l’accessibilité de la main d’œuvre enfantine, et les diverses activités de leurs parents en ces lieux. Or les sites d’orpaillage, caractérisés par la dangerosité des différentes opérations d’exploitation et un environnement matériel précaire, sont de loin des milieux inappropriés pour l’exercice des droits de l’enfant. Au mépris de leur développement, les enfants sont victimes, sinon impliqués dans différents phénomènes vécus par leurs communautés : braquage, drogue, prostitution, analphabétisme, trafics divers, pires formes de travail, accidents et maladies de travail… En amont de l’émission, un micro-trottoir a permis de mesurer le degré de connaissance de la question par le citoyen lambda, et son opinion. 

Les réactions et commentaires appropriés des panelistes ont jeté une lumière sur l’état des lieux, les implications en termes de développement de l’enfant et de droit. D’où des interpellations. D’abord à l’endroit des parents, responsables immédiats du devenir de leurs enfants ; à l’endroit des partenaires financiers pour la mise à disposition de moyens de communication et de sensibilisation ; et enfin à l’endroit du politique qui dispose des prérogatives de contrainte et de répression. Bien d’autres thèmes ont déjà été débattus et diffusés, comme par exemple: ‘’comment prendre en compte efficacement les aspects de protection de l’enfant dans le contexte de la décentralisation au Burkina, et quelles solutions contre le rap et le mariage d’enfants à l’est du Burkina Faso’’.

 De quoi permettre, à moyen terme, de parvenir entre autres, à une meilleure appropriation des textes et des dispositions en vigueur, et à susciter un intérêt de plus en plus accru de l’opinion nationale sur la question de l’enfance.

                                                                                          Par Victor KOMONDI

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