SOS Villages d’Enfants Burkina Faso renforce
d’avantage sa visibilité. En consortium avec
12 autres associations et ONG, dont Christian
Children Fund of Canada, il été a lancé en juin dernier,
une émission télévisée au titre évocateur de «Cap enfance
positive». Oui, tout est dit dans ce titre, et l’émission
mensuelle d’une heure est un outil au service des objectifs
fédérateurs des organisations partenaires. Il vient combler un
vide général dans les espaces médiatiques du Burkina Faso
où les sujets sur l’enfance sont sporadiques, manquent de
la visibilité nécessaire pour impacter les opinions et induire
des comportements.
Ambitieux au regard de l’état des
lieux, les objectifs de Cap enfance positive sont de nature à
communiquer et à sensibiliser. Dans la première année, c’est
un projet qui vise à poser avec pertinence la problématique
de l’épanouissement de l’enfance au Burkina Faso. Entre
juin 2018 et mai 2019, les thèmes discutés sur la chaîne
de télévision BF1 par des acteurs avertis, devront toucher
différentes cibles, des décideurs aux parents d’enfants, en
passant par les leaders de communautés et les partenaires
techniques et financiers. Préenregistrée, la
première émission a été diffusée le samedi
30 juin dernier et animée par le réseau Focus
des Organisations pour la Réalisation de la
Convention Relative aux droits des Enfants
( FORCE), les invités ont planché sur la
question des enfants sur les sites d’orpaillages
traditionnels artisanaux au Burkina Faso.
Le
sujet doit sa pertinence aux effets pervers du
boom minier dans notre pays, et précisément
aux efforts d’exploitation de l’or par les
populations au moyen d’outils rudimentaires,
faisant appel à la main d’œuvre infantile. Les
panelistes ont unanimement fait le lien entre
d’une part la présence des enfants sur les sites artisanaux
traditionnels et d’autre part, la pauvreté des familles,
l’accessibilité de la main d’œuvre enfantine, et les diverses
activités de leurs parents en ces lieux. Or les sites d’orpaillage,
caractérisés par la dangerosité des différentes opérations
d’exploitation et un environnement matériel précaire, sont
de loin des milieux inappropriés pour l’exercice des droits de
l’enfant. Au mépris de leur développement, les enfants sont
victimes, sinon impliqués dans différents phénomènes vécus
par leurs communautés : braquage, drogue, prostitution,
analphabétisme, trafics divers, pires formes
de travail, accidents et maladies de travail…
En amont de l’émission, un micro-trottoir a
permis de mesurer le degré de connaissance
de la question par le citoyen lambda, et son
opinion.
De quoi permettre, à moyen terme, de parvenir
entre autres, à une meilleure appropriation des textes et des
dispositions en vigueur, et à susciter un intérêt de plus en
plus accru de l’opinion nationale sur la question de l’enfance.
Par Victor KOMONDI

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