lundi 30 mars 2020

Entretien avec Daniel Barroy, Président de SOS France

Lorsqu’on rencontre Daniel Barroy il n’est pas besoin de passer beaucoup de temps avec lui pour se rendre compte que nous sommes en présence d’une personne bien avenante. De prime a bord, il vous englobe de sa présence rassurante qui ne cache pas l’expérience de l’humain qu’il recèle. Simplicité, ouverture et sincérité caractérisent également l’homme quand il parle de ce qui a toujours été l’essentiel de sa vie. Nous avons profité de son séjour au Burkina Faso pour lui poser quelques questions. Pour le Président des Villages d’Enfants SOS de France, au cours des 20 dernières années, l’appui de SOS France à SOS Villages d’Enfants Burkina Faso n’a jamais fait défaut. S’adressant aux jeunes de SOS Burkina Faso, il lance un appel selon lequel ils devront prendre en main leur destin. 




Prunelle : Pouvez-vous vous présenter et présenter brièvement SOS France ? 

Daniel Barroy : je suis président de SOS France depuis deux ans, par ailleurs dans la vie professionnelle, fonctionnaire administrateur général au ministère de la culture à Paris. Alors SOS France c’est donc une des premières associations SOS qui ont été créées, (nous avons fêté notre soixantième anniversaire il y a un an en 2016;) qui a été créé dans le nord de la France sur le modèle qu’avait Gilbert COTTEAU sur le modèle qu’avait décliné Herman Gmeiner ( Ndl : Fondateur de SOS Villages d’ Enfants ) et nous sommes aujourd’hui considérés comme une PSA ( Ndl Association de Promotion et de Soutien ) c’est-à-dire que nous avons quatorze Villages d’Enfants SOS en France, nous avons d’ailleurs quatre villages à construire en France dans les années qui viennent et puis nous participons au financement d’un certain nombre d’associations dans le monde dont le Burkina Faso. 
Prunelle : Justement parlant du Burkina Faso, quelles impressions éprouvez-vous après ce contact avec SOS Villages d’Enfants Burkina Faso ? 

Daniel Barroy : Ecoutez, c’est un premier contact ! D’abord je voudrais vous dire que je me réjouis vraiment ; c’est pour nous vraiment important que SOS Villages d’Enfants Burkina Faso puisse retrouver une organisation en association, c’est pour nous tout à fait important ; ça c’est la première remarque. La deuxième remarque, j’ai, dans les différents échanges que j ’ai eus avec Monsieur Boly, constaté aussi les efforts que développent les équipes au Burkina pour mobiliser l’ensemble des partenaires sur le terrain, que ce soit pour les partenaires gouvernementaux, que ce soit les entreprises et éventuels gros donateurs. Je pense que c’est quelque chose qui, pour nous aussi, est un symbole de la confiance que votre association peut développer sur le plan pays et aussi la confiance que nous pouvons avoir dans les relations avec vous.

Prunelle : SOS VE BF commémore les vingt ans de travail, travail effectué en étroite partenariat avec SOS France : Quel bilan faites-vous de ce partenariat ?

 Daniel Barroy : Ecoutez, c’est la première fois que je viens au Burkina Faso, donc, je ne peux avoir qu’une vision assez théorique ; nous sommes alors très fiers finalement d’être en quelque sorte (et nous tenons à ce que ça reste notamment dans les statuts de l’association en cours de création), avec évidemment les acteurs burkinabé, fondateurs de SOS Villages d’Enfants Burkina Faso et, par-delà les difficultés que le pays a pu connaitre au cours des vingt ans, notre appui et notre participation n’ont jamais fait défaut. Il y a deux villages qui touchent aujourd’hui 2000- 2600 enfants avec les différents programmes. Je vais voir le Village de Ouagadougou bientôt mais ce bilan fait que nous sommes évidemment et nous resterons à l’écoute de vos projets et de vos développements.
 Prunelle : Y’a-t-il des perspectives de développement pour les associations nationales que vous soutenez dans le monde entier, notamment SOS Villages d’Enfants Burkina Faso? 

 Daniel Barroy : Alors il y a deux aspects dans votre question : il faut en être conscient, la capacité de mobilisation des ressources en Europe, dans les associations européennes, sont quand même aujourd’hui plus difficiles que cela ne l’était il y a quinze ans et donc la fédération tente, (et je crois que c’est un enjeu important) de développer des financements de la part de continents autres que le seul continent européen. Par ailleurs, évidemment, nous, SOS France, nous restons extraordinairement attentifs à ce que les moyens dont nous pouvons disposer restent, comment dire, soit en priorité utilisés au bénéfice des enfants et le plus possible au bénéfice des enfants ; alors l’autre volet de votre question c’est les projets de développement au Burkina : j’en ai parlé à l’instant avec Monsieur Boly et le directeur national : oui il y’en a nécessairement, nous sommes attentifs ; ça va suivre son cours mais ce n’est pas à nous de déterminer ce que sont vos priorités ; donc c’est précisément votre association qui le fera, en liaison bien sûr avec la fédération internationale.

 Prunelle : En 2007, avant que SOS Villages d’Enfants Burkina Faso n’entre dans un cycle de conflits, il avait été projeté la construction d’un troisième village au BF, en avez-vous entendu parler ? Si oui qu’en est-il aujourd’hui ?

Daniel Barroy : J’en ai entendu parler mais, comment dire, ce projet peut venir en concurrence d’autres préoccupations. En tout état de cause, nous avons bien défini une méthode de travail pour que justement les priorités puissent être non seulement fixées mais rendues opérationnelles dans les années qui viennent parce que, je crois, il y a plusieurs problèmes qui se posent et il faut arriver à gérer un échelonnement à la fois en investissements ; puis, n’oubliez pas que c’est aussi notre préoccupation et quand je dis notre préoccupation, entendez que c’est aussi notre fierté. Quand nous finançons un programme, nous savons bien que quelque part, il y a un engagement moral à assumer le financement de son fonctionnement au moins pendant un certain temps. Voilà, j’ai entendu parler du projet, on va voir comment on va pouvoir le mettre et encore une fois, on va le voir avec le Bureau Régional de KDI ( Ndl. Kinderdorf International ) et avec les équipes ici dans le pays.

Prunelle : Quel message auriez-vous à transmettre aux enfants, aux jeunes de SOS Villages d’Enfants Burkina Faso?
Daniel Barroy : Vous savez, nous, notre préoccupation, c’est au travers de notre modèle, le modèle de KDI ( Ndl Kinderdorf International ) c’est-à-dire la fratrie - la mère - la maison - le village. Nous considérons que c’est vraiment la démarche qui permet aux enfants qui nous sont confiés de devenir des citoyens à part entière. Alors, en terme un peu technocratique, on dirait d’aller vers l’autonomie en tant que futurs adultes et donc, moi, je leur dirai surtout qu’ils aient confiance mais, à côté de cela, qu’ils prennent en main aussi leur destin. Voilà !

Propos recueillis par Victor KOMONDI 

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