lundi 30 mars 2020

Sonia, la fille de Myriam

 Ils sont nombreux ces enfants qui, pour une raison ou une autre, sont privés de la prise en charge parentale, ou qui courent le risque de la perdre. Ce sont ces enfants qui sont admis au Village d’Enfants SOS. Sonia fait partie de ces enfants. Lisez son histoire. Sonia est la plus jeune de la famille Soutongo-Nooma du Village d’ Enfants SOS de Ouagadougou ; elle a toute l’attention de sa Maman SOS, de ses frères et sœurs, ainsi que de sa Tante SOS.

 L’accueil et l’amour qui lui ont été réservés dès son entrée ont favorisé son intégration. C’est une fillette qui ne manque pas d’humour; elle a aussi le sourire facile. A l’instar des autres enfants du Village, elle vit aujourd’hui une belle expérience qui s’illumine chaque jour un peu plus. Myriam, épileptique, ne pouvait rêver meilleur sort pour sa fille née orpheline, et surtout albinos dans un milieu où ce handicap expose le sujet à de nombreuses frustrations: stigmatisation, humiliations, incriminations diverses, voire menaces. La naissance de cette fille-là fut la surprise de trop qui mit fin à la joie d’une maternité rêvée le temps de la grossesse. La surprise fut particulièrement douloureuse puisqu’elle en rajouta à la disparition du père de l’enfant, survenue trois mois plus tôt. Le père parti a laissé une épouse certes inconsolable, sans ressources, livrée à la débrouille qui était déjà le lot de son quotidien. Du reste, ses maigres ressources étaient naguère tirées des travaux champêtres qui, par temps de changements climatiques, sont évidemment symboliques. 

D’ailleurs, les conditions de vie ne sont pas toujours faciles dans un pays où la pluviométrie est parfois capricieuse. La récolte catastrophique de la dernière saison pluvieuse ne favorisa rien. La famille vivait désormais sous la menace constante de la faim quand les vivres viendraient à finir avant la période dite "de soudure". Plus proche de la jeune mère, vivait sa mère, 70 ans, quasi impotente et sans le sou. Ainsi donc, envers et contre tout, Myriam devrait prendre soin de son futur enfant toute seule. L’inquiétude du départ brutal de son mari n’était pas le seul souci. Qu’adviendrait-il de son enfant. L’épilepsie est une maladie assez grave qui provoque de violentes convulsions et une perte momentanée de connaissance; elle le vivait. Qu’arriverait-t-il à l’enfant en cas de crise de sa mère à l’accouchement ou même après?
 La future maman était maintenant loin de la joie de la maternité, un des moments les plus agréables dans la vie d’une femme. Sonia vient au monde, marquée à la fois du sceau de son albinisme et de la pauvreté d’une mère. Une mère malade. Un cas qui retient l’attention des services de l’action sociale qui le soumet à SOS Villages d’Enfants Burkina Faso. Enquête sociale faite, Sonia est admise dans une famille SOS. Au détour d’une situation difficile, peut se révéler une main tendue qui trace les chemins d’un bonheur inattendue. Ce bonheur qui est possible grâce à l’engagement de personnes qui ont tout donné pour des enfants, afin qu’ils vivent les rêves de leur âge. Des personnes qui paient d’une abondante sueur de bonnes conditions de vie des Enfants SOS. Ce sont ces mécènes, ces parrains; aussi ces Mères, ces Tantes, ces éducateurs dont les larmes sont souvent l’alerte d’un danger dans leur famille SOS. 
Comme la voie lactée dans le ciel, les multiples sourires innocents de ses enfants vulnérables scintillent dans le cœur de ceux qui les voient. Quel tableau du monde! Que de raisons de croire qu’un autre monde est possible pour tous les enfants. Un monde où aucun enfant ne devrait grandir seul.                                                     Par Victor KOMONDI

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