lundi 30 mars 2020

Mariage forcé ou précoce : prévenir les douleurs indicibles des enfants


Quelque part au Burkina Faso, une adolescente de 12 ans sera la promise d’un sexagénaire ; elle vivra avec un homme qu’elle n’a pas choisi. La société lui volera sa jeunesse et le sourire pendant que des engagements écrits sommeillent encore dans les tiroirs. Elles sont, hélas ! nombreuses, ces filles, parfois mineures, mariées tôt ou sans leur consentement. Il faut que ça change ! d’où une marche silencieuse pour dire non aux mariages forcés ou précoces. Peut-être fallait-il y penser plus tôt. SOS Villages d’Enfants Burkina a pris part à l’organisation de cette marche initiée par l’ONg Christian Children Fund of Canada (CCFC) et ses partenaires, le samedi 27 février 2016 à Fada N’gourma, chef-lieu de la région de l’Est du pays des hommes intègres. Elèves, parents, enseignants, autorités administratives, coutumières et religieuses, tous ont répondu à l’appel, convaincus que l’éradication de cette plaie qui gangrène la société est une condition pour le bonheur de ces milliers de jeunes filles dont le vœu chaque matin est de jouir de leur droit de dire oui au conjoint de leur choix au moment voulu.


Tenez ! Toutes les 3 secondes, une fille est mariée avant l’âge de 18 ans dans les pays en voie de développement. Au Burkina Faso, le Sahel, l’Est et le Centre Nord détiennent le bonnet d’âne des régions où le rapt des jeunes filles et le mariage précoce ou forcé sont monnaie courante. Cette réalité donne froid au dos et témoigne de la persistance de certaines pratiques anciennes rébarbatives. Apparemment ce n’est pas demain la veille d’un changement de mentalités ; il y a donc des décennies de travail en vue. La participation à la marche silencieuse est entre autres, une réponse apportée par SOS Villages d’ Enfants aux côtés de l’ONG Christian Children Fund of Canada (CCFC) et ses autres partenaires. 

C’est aussi un message envoyé aux populations et une interpellation des autorités des régions concernées, à faire usage de leur prérogatives pour un changement de la situation. La population de la ville de Fada n’a pas marchandé sa mobilisation ce jour-là. Partis de la Place de l’unité, les marcheurs ont effectué un circuit de trois kilomètres environ à travers la ville, passant progressivement devant l’hôtel de ville, la radio Taanba et le marché central de Fada N’gourma. Des banderoles aux textes très évocateurs ont été exhibés et des slogans scandés : « Le mariage forcé est une prison d’amour forcé » ; « Ô jeune fille, c’est clair, le mariage forcé est un obstacle à ton épanouissement» ; « Papa, maman, amis, frères, levons-nous pour lutter contre le mariage forcé. Plus jamais ça dans notre province ! ». A tour de rôle, le gouverneur de la région de l’Est, le représentant de l’évêque et la représentante du ministre de la femme, de la solidarité nationale et de la famille ont réaffirmé leur volonté de combattre un fléau qui arrache la jeune fille dès sa tendre enfance, l’obligeant à grandir avant l’âge. Ils ont tous convenu que nous sommes en présence d’un danger pour la santé sexuelle et reproductive de la jeune fille. « Aujourd’hui, nous avons prouvé aux yeux des populations de la Région de l’Est du Burkina et de l’opinion internationale que la question du mariage forcé est une pratique que nous condamnons et, nous allons la combattre sans relâche, main dans la main. », a lancé Jérémie OUANGRAWA, Directeur Pays de CCFC lors de son allocution.

 Il s’est dit convaincu que « la victoire est désormais un impératif » La participation de SOS Villages d’Enfants répond à sa vision qui veut que “tous les enfants du monde sont nos enfants”n N°000 - Juin 2016 -9- doSSiEr Mariage forcé ou précoce : prévenir les douleurs indicibles des enfants Quelque part au Burkina Faso, une adolescente de 12 ans sera la promise d’un sexagénaire ; elle vivra avec un homme qu’elle n’a pas choisi. La société lui volera sa jeunesse et le sourire pendant que des engagements écrits sommeillent encore dans les tiroirs. 

Elles sont, hélas ! nombreuses, ces filles, parfois mineures, mariées tôt ou sans leur consentement. Il faut que ça change ! d’où une marche silencieuse pour dire non aux mariages forcés ou précoces. Peut-être fallait-il y penser plus tôt. SOS Villages d’Enfants Burkina a pris part à l’organisation de cette marche initiée par l’ONg Christian Children Fund of Canada (CCFC) et ses partenaires, le samedi 27 février 2016 à Fada N’gourma, chef-lieu de la région de l’Est du pays des hommes intègres. Elèves, parents, enseignants, autorités administratives, coutumières et religieuses, tous ont répondu à l’appel, convaincus que l’éradication de cette plaie qui gangrène la société est une condition pour le bonheur de ces milliers de jeunes filles dont le vœu chaque matin est de jouir de leur droit de dire oui au conjoint de leur choix au moment voulu.
                                                                                                          Par Victor KOMONDI

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