lundi 30 mars 2020

Mariam Traoré, 2ème Prix Helmut Kutin

Le 05 juillet 2017, à Berlin en Allemagne, SOS Villages d’Enfants Burkina Faso a été montré à la face du monde, grâce à la Mère SOS, Mariam Traoré. Celle qui était naguère anonyme comme tant d’autres Mères SOS, a eu le privilège de se rendre à Berlin où elle a reçu le 2ème Prix Helmut Kutin 2017 récompensant des actions majeures en faveur de la prise en charge des enfants. Celle de Mariam s’inscrit dans le contexte des manifestations sociopolitiques de 2014.





Du haut de son âge mûr, c’est une Mère SOS toujours joyeuse au milieu de ses Enfants SOS. « Je suis Mère SOS depuis 14 ans, et si c’était à refaire, je m’engagerai volontiers pour les enfants. C’est le plus beau choix que j’ai fait dans ma vie ». A ce que Mariam Traoré dit, c’est depuis sa tendre jeunesse qu’elle rêvait de travailler auprès des enfants. Cette vocation l’a amené à être responsable d’une école primaire, jusqu’au jour où elle a vu l’annonce de SOS Villages d’Enfants Burkina Faso qui recherchait des candidatures pour le poste de Mère SOS.

 Pour Maman Mariam « tout enfant doit grandir avec le sentiment d’être aimé de façon inconditionnelle. Un enfant qui grandit sans amour, c’est comme un arbre qui manque de sève. » « Lorsqu’on parle d’amour pour les enfants », enseigneelle, « il s’agit de l’amour pour tous enfants du monde. N’apporter une attention particulière qu’aux seuls enfants qui nous sont confiés, c’est faire une partie de la mission. Nous devons apporter notre soutien, notre sourire, notre présence, et notre main tendue à tous les enfants d’où qu’ils viennent, termine –t-elle. »

 A Berlin, notre Mère SOS, saisissant l’occasion de son discours, a fait retentir ses convictions devant un parterre de hauts responsables de l’organisation, dont le président International Sidartha KAUL, et celui dont le prix porte le nom Helmut Kutin, un des pionniers de SOS Villages d’ Enfants. Pour Mariam, « Etre une Mère SOS , ce n’est pas un simple travail, ce n’est pas une succession d’activités, c’est une vocation, c’est un sacerdoce. J’ai beaucoup appris avec mes Enfants SOS, ils m’ont permis de donner un vrai sens à ma vie. Et si c’était à refaire, je le referais sans hésiter avec autant de dévouement. » De quoi justifier sa bravoure exceptionnelle lors de la crise socio - politique qui a secoué le Burkina Faso en 2014. 

Alors que le pays avait soif de changement politique après 27 ans de règne du Président Compaoré, ce dernier comptait modifier la constitution pour rester éternellement au pouvoir. Un mouvement insurrectionnel s’est opposé à son projet. Il s’en est suivi de violents troubles sociaux politiques dans tout le pays avec malheureusement des pertes en vie humaine. A Bobo Dioulasso, certaines personnes ont cru à tort que le Village d’Enfants SOS appartiendrait à la femme du Président Une foule s’est alors dirigée vers le Village afin de piller et d’y mettre le feu.

 C’est ainsi que Maman Mariam a mobilisé toutes les MèresSOS du Village pour évacuer tous les enfants du Village à travers un itinéraire caché. Elle a réussi grâce à son engagement, son intelligence et sa force de mobilisation, à sauver 97 enfants du danger. Evoquant le Prix, Monsieur Ousseni Nyantudré, Directeur National de SOS Villages d’ Enfants Butrkina Faso se félicite que le Burkina Faso soit monté sur l’une des plus hautes marches de la tribune de SOS Villages d’Enfants International. « Ce prix est un grand honneur pour tous les travailleurs de SOS Villages d’Enfants Burkina Faso », se réjouit-il. Pour lui l’événement est en soi une reconnaissance du travail des Mères SOS et par extension, tous les travailleurs qui consacrent leur temps à (re)donner un sourire aux enfants en difficulté. Il entrevoit aussi dans cette distinction un défi pour l’organisation et pour les femmes qui « n’ont plus droit à l’erreur » après avoir fait preuve de tant d’engagement dans la prise en charge de qualité des enfants qui connaissent des difficultés. Aujourd’hui, le calme est revenu au Pays des hommes intègres.

 Les élections de 2015 ont porté au pouvoir un nouveau président démocratiquement élu. La page de la crise sociopolitique est tournée. Lorsqu’on met le pied dans le Village d’ Enfants SOS de Bobo Dioulasso, on est émerveillé de voir les Enfants SOS épanouis avec des résultants scolaires très satisfaisants. Somme toute, l’œuvre de Mariam illustre bien la pensée du fondateur de SOS Villages d’ Enfants Hermann GMEINER : « Une volonté individuelle peut avoir un impact sur la construction d’un monde meilleur »
                                                                                                             Par Victor KOMONDI

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