mercredi 11 juillet 2018

Donatien, le mécanicien qui a touché à son rêve, grâce au money-gift



A 26 ans, Donatien Bognini, ancien Enfant SOS est un homme qui vit de son travail. Il est patron d’un modeste atelier de cycles dans le quartier Bilbalgo, à quelques encablures du Théâtre Populaire, le centre d’affaires des deux roues par excellence. Tout est parti de son money gift reçu à la fin de sa prise en charge, témoigne-t-il. 1000 Euros (environ 650 000F CFA), cet argent aura suffi à couvrir les besoins de base pour la création de l’atelier : l’achat d’une caisse à outils et d’accessoires,  et la construction d’un hangar de tôles couvrant  près de 8m2. Le reste devra se gérer à la débrouille, au jour le jour.  
Debout aux aurores, il met un point d’honneur à ouvrir son atelier à la première heure.  Là, il s’emploie à dépanner des engins de clients arrivés dans l’urgence. Souvent, quelques minutes de travail attentionné suffisent pour remettre la monture en route. Mais Donatien  est aussi revendeur d’engins à lui confiés par des clients, qu’il remet en l’état avant de les mettre sur le marché. Point d’employés pour le moment malgré une certaine prospérité de ses activités.
Si les dépannages spontanés procurent à Donatien, un revenu estimé à 98 Euros (60 000F CFA), il gagne environ 150 Euros sur la vente des engins restaurés. De quoi s’offrir un bon niveau de vie dans un pays où environ 40% des habitants vivent avec moins d’un dollar par jour.
A SOS Villages d’Enfants Burkina Faso, les responsables de la Cellule d’Encadrement des jeunes se souviennent de l’ambition de Donatien de posséder un atelier du genre. Aimé Sawadogo, Conseiller de Jeunesse nous confie : « Donatien fait partie des jeunes avec lesquels nous étions certains de leur réussite pour le sérieux qu’il mettait à l’école et à l’apprentissage. Il a toujours été très habile ; il a décidé librement de faire de la mécanique des deux roues. » C’est ainsi que dès la fin de prise en charge en décembre 2012, l’homme s’est investi dans son projet de vie.
Un atelier de mécanique pour les deux roues, ce n’est pas curieux dans la ville de Ouagadougou, « capitale des deux roues ». La capitale politique du pays des hommes intègres est connue comme telle, ce qui est aussi un marché d’emploi pour ceux qui rêvent gros dans les petits métiers. De la compétence, du sérieux, un petit budget, et une entreprise est née, une histoire commence !

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