A 26 ans, Donatien
Bognini, ancien Enfant SOS est un homme qui vit de son travail. Il est patron
d’un modeste atelier de cycles dans le quartier Bilbalgo, à quelques encablures
du Théâtre Populaire, le centre d’affaires des deux roues par excellence. Tout
est parti de son money gift reçu à la
fin de sa prise en charge, témoigne-t-il. 1000 Euros (environ 650 000F
CFA), cet argent aura suffi à couvrir les besoins de base pour la création de
l’atelier : l’achat d’une caisse à outils et d’accessoires, et la construction d’un hangar de tôles
couvrant près de 8m2. Le
reste devra se gérer à la débrouille, au jour le jour.
Debout aux aurores, il
met un point d’honneur à ouvrir son atelier à la première heure. Là, il s’emploie à dépanner des engins de
clients arrivés dans l’urgence. Souvent, quelques minutes de travail
attentionné suffisent pour remettre la monture en route. Mais Donatien est aussi revendeur d’engins à lui confiés
par des clients, qu’il remet en l’état avant de les mettre sur le marché. Point
d’employés pour le moment malgré une certaine prospérité de ses activités.
Si les dépannages
spontanés procurent à Donatien, un revenu estimé à 98 Euros (60 000F CFA),
il gagne environ 150 Euros sur la vente des engins restaurés. De quoi s’offrir
un bon niveau de vie dans un pays où environ 40% des habitants vivent avec
moins d’un dollar par jour.
A SOS Villages d’Enfants
Burkina Faso, les responsables de la Cellule d’Encadrement des jeunes se
souviennent de l’ambition de Donatien de posséder un atelier du genre. Aimé
Sawadogo, Conseiller de Jeunesse nous confie : « Donatien fait partie des
jeunes avec lesquels nous étions certains de leur réussite pour le sérieux
qu’il mettait à l’école et à l’apprentissage. Il a toujours été très
habile ; il a décidé librement de faire de la mécanique des deux
roues. » C’est ainsi que dès la fin de prise en charge en décembre 2012, l’homme
s’est investi dans son projet de vie.
Un atelier de mécanique
pour les deux roues, ce n’est pas curieux dans la ville de Ouagadougou,
« capitale des deux roues ». La capitale politique du pays des hommes
intègres est connue comme telle, ce qui est aussi un marché d’emploi pour ceux
qui rêvent gros dans les petits métiers. De la compétence, du sérieux, un petit
budget, et une entreprise est née, une histoire commence !
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