Autant des
difficultés de développement subsistent en Afrique, autant des initiatives novatrices sont encouragées pour
soutenir la résilience des populations.
Après plus d’un an de mise en œuvre, RECORDE se reconnait aux changements
notoires enregistrés dans la vie de ses bénéficiaires. Au-delà des
considérations d’ordre technique, des personnes vivant dans la zone
d’intervention du projet témoignent. De l’état de dénuement d’avant, elles sont
aujourd’hui capables d’envisager un mieux-être, confiantes dans les nouvelles
conditions favorisées par RECORDE. Un
projet dont la portée se mesure véritablement à l’aune de ces changements
qui s’assimilent parfois la renaissance.
Le portrait de Alidou Nabolé, 10 ans, vivant à Roumtenga avec sa famille
d’adoption, en est édifiant. Quand on
lui pose la question sur le métier qu’il voudrait embrasser dans l’avenir, il
répond timidement, et dans le sourire qui caractérise son âge :
« médecin ». Oui, Alidou revient de loin ! Le 6 mai dernier,
nous l’avons rencontré dans sa localité située à une dizaine de kilomètres de Ouagadougou.
Alidou est
d’une fratrie de trois enfants qui perdent un jour leur père. Très tôt, ils
sont intégrés dans la famille d’un oncle, où les enfants sont maintenant au
nombre de douze. Là, ils sont sensés recevoir l’éducation, et tous les soins
nécessaires à leur épanouissement. Mais la réalité est là, qui impose ses
lois : pluviométrie capricieuse, récoltes insuffisantes ; autant de
facteurs qui expliquent la pauvreté endémique des familles. Soit dit en
passant, au Burkina Faso il existe deux saisons ; un hivernage de trois
mois, et une saison sèche qui domine le reste de l’année. Bien entendu, ce
contexte impose souvent aux familles paysannes de verser dans la débrouille
pour subvenir à leurs besoins essentiels. Entres modestes initiatives
familiales pour glaner un peu d’argent et les activités scolaires, le quotidien
de Alidou s’avère périlleux. Les
résultats scolaires de l’enfant en sont affectés. « Il arrive que Alidou dorme en classe
en pleine séance de cours, » témoigne Mme Tall, la maitresse de sa classe.
Et de poursuivre : « J’ai dû approcher ses parents pour savoir
ce qui se passe. » Mais les appréhensions
de l’enseignante prennent fin en 2017, après le lancement du projet RECORDE,
porteur d’espoir pour les familles.
En effet,
grâce au projet, 40 familles pratiquent désormais de l’élevage, ou du
maraichage dans le basfond aménagé de la localité. La famille de Alidou n’est certes pas totalement sortie de
la précarité ; néanmoins les aspects vitaux de la vie quotidienne
s’améliorent. Et les résultats scolaires de l’enfant forcent l’admiration.
Tenez, en mathématiques, il réalise une moyenne stable de 10/10, tandis que
d’un trimestre à l’autre sa moyenne générale dépasse 8/10. Il mérite donc sa place de major de la
classe depuis le début de l’année scolaire.
Si Alidou Nabolé veut devenir médecin, c’est pour une raison bien
précise : « pour soigner les malades » nous a-t-il confié. Avec
le projet RECORDE, de grands rêves sont donc permis. Tous ces rêves concourent
à un même objectif : contribuer au développement des communautés locales
en bâtissant un meilleur avenir pour les enfants.
Victor KOMONDI
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