lundi 9 juillet 2018

A Roumtenga le Projet RECORDE suscite des rêves d’espérance

Le projet RECORDE (REnforcement des Capacités des Organisations de la société civile  pour mieux prévenir la perte de la prise en charge  parentale et promouvoir le Droit des Enfants), a vu le jour en 2017. Après un an, le projet démontre déjà sa pertinence, puisque à Roumtenga, les lignes bougent visiblement. 
Autant des difficultés de développement subsistent en Afrique, autant des  initiatives novatrices sont encouragées pour soutenir la résilience des populations.  Après plus d’un an de mise en œuvre, RECORDE se reconnait aux changements notoires enregistrés dans la vie de ses bénéficiaires. Au-delà des considérations d’ordre technique, des personnes vivant dans la zone d’intervention du projet témoignent. De l’état de dénuement d’avant, elles sont aujourd’hui capables d’envisager un mieux-être, confiantes dans les nouvelles conditions favorisées par RECORDE.  Un projet dont la portée se mesure véritablement à l’aune de ces changements qui  s’assimilent parfois la renaissance. Le portrait de Alidou Nabolé, 10 ans, vivant à Roumtenga avec sa famille d’adoption, en est édifiant.  Quand on lui pose la question sur le métier qu’il voudrait embrasser dans l’avenir, il répond timidement, et dans le sourire qui caractérise son âge : « médecin ». Oui, Alidou revient de loin ! Le 6 mai dernier, nous l’avons rencontré dans sa localité située à une dizaine de kilomètres de  Ouagadougou.      

Alidou est d’une fratrie de trois enfants qui perdent un jour leur père. Très tôt, ils sont intégrés dans la famille d’un oncle, où les enfants sont maintenant au nombre de douze. Là, ils sont sensés recevoir l’éducation, et tous les soins nécessaires à leur épanouissement. Mais la réalité est là, qui impose ses lois : pluviométrie capricieuse, récoltes insuffisantes ; autant de facteurs qui expliquent la pauvreté endémique des familles. Soit dit en passant, au Burkina Faso il existe deux saisons ; un hivernage de trois mois, et une saison sèche qui domine le reste de l’année. Bien entendu, ce contexte impose souvent aux familles paysannes de verser dans la débrouille pour subvenir à leurs besoins essentiels. Entres modestes initiatives familiales pour glaner un peu d’argent et les activités scolaires, le quotidien de Alidou s’avère périlleux.  Les résultats scolaires de l’enfant en sont affectés.  « Il arrive que Alidou dorme en classe en pleine séance de cours, » témoigne Mme Tall, la maitresse de sa classe. Et de poursuivre : « J’ai dû approcher ses parents pour savoir ce qui se passe. »  Mais les appréhensions de l’enseignante prennent fin en 2017, après le lancement du projet RECORDE, porteur d’espoir pour les familles.

En effet, grâce au projet, 40 familles pratiquent désormais de l’élevage, ou du maraichage dans le basfond aménagé de la localité. La famille de  Alidou n’est certes pas totalement sortie de la précarité ; néanmoins les aspects vitaux de la vie quotidienne s’améliorent. Et les résultats scolaires de l’enfant forcent l’admiration. Tenez, en mathématiques, il réalise une moyenne stable de 10/10, tandis que d’un trimestre à l’autre sa moyenne générale dépasse  8/10. Il mérite donc sa place de major de la classe depuis le début de l’année scolaire.  Si Alidou Nabolé veut devenir médecin, c’est pour une raison bien précise : «  pour soigner les malades » nous a-t-il confié. Avec le projet RECORDE, de grands rêves sont donc permis. Tous ces rêves concourent à un même objectif : contribuer au développement des communautés locales en bâtissant un meilleur avenir pour les enfants.
Victor KOMONDI

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