| Christelle quelques mois après son admission au Village de bobo |
Dans
le village de Kiri dans la province du Mouhoum,
situé à près de 600 km de Ouagadougou la capitale politique du Burkina
Faso, vit un jeune père du nom de Henri
Naba. Henri est un jeune père de famille ; outre les travaux
champêtres, il exerce de petits métiers pour subvenir aux besoins de sa
famille. Avec son épouse Blandine, ils ont deux enfants dont Georges quatre
ans et
Christelle, la petite dernière d’un mois. Cette famille, comme des milliers d’autres au Burkina, vit le train-train quotidien jusqu’au jour où
trop trempée par les eaux, la case en banco qui loge la famille s’écroule, exposant celle-ci aux affres de la saison pluvieuse. Armé de
courage le père entreprend de
reconstruire un nouvel abri, les quatre sont relogés grâce à la solidarité des
voisins. Mais comme si la première épreuve ne suffisait pas, voilà que de
nouveau, la case des quatre est de nouveau emportée par les eaux de la saison
hivernale. L’enchainement des événements dans la famille de Henri le laisse
interrogateur sur son sort. Ses
questions ne trouvant pas de
réponse, il verse dans le fatalisme. Ce
cycle de malheur semble être pour lui un signe annonciateur d’un malheur plus
grand.
Pour
Henri, la seule manière de rompre ce cycle est l’exode. Il décide ainsi de
quitter le village pour la capitale, Ouagadougou, fondant leur espoir que le
rêve burkinabè est à Ouagadougou. Mais tout rêve à sa part de surprise. Et
c’est à ses dépens que le jeune père de famille découvrira les limites de
l’hospitalité en ville, qui ne lui a donné que des cauchemars.
En
effet, de nombreux brefs séjours dans des familles des parents de sa femme se
soldent par un désenchantement. Cette expérience amère lui inspire une autre
aventure. Ayant échoué à Ouagadougou, et décidé à ne plus retourner dans son
village, contre l’avis de sa femme, il décide d’aller à Bobo-Dioulasso la
capitale économique, cette fois – ci en compagnie de l’ainé Georges. La femme,
elle, est restée à Ouagadougou avec le nourrisson.
Une
fois arrivé à Bobo-Dioulasso ne connaissant personne, ils cherchent une maison
en vain. Que faire donc en pleine saison hivernale ? Il faudra bien
trouver un abri où loger. Après maintes recherches ils trouvent finalement un
camion abandonné. C’est sous cette voiture laissée à l’abandon depuis des
années que Henri et son fils aîné Georges
élurent domicile. La question du logement résolue, il restait désormais à
trouver de quoi s’alimenter, ainsi que les autres besoins naturels. Chaque
jour, ils s’abandonnaient ainsi à la providence.
Qu’est
devenue sa femme Blandine restée à Ouagadougou ? Un mois après le départ
de Ouagadougou, la femme de Henri décède. Après le décès de Blandine, le
nourrisson, une fille du nom de Christelle que cette dame abandonne, tombe
gravement malade. Elle venait d’avoir
seulement trois mois, le bébé fut ramené à son père à Bobo-Dioulasso.
Désormais,
il avait en charge ses deux enfants à élever sous la voiture abandonnée. Les
conditions d’une telle vie sont difficiles à supporter avec un bébé de trois
mois en plein mois de juillet où la pluviométrie est plutôt abondante. Tous les
deux enfants sont exposés aux maladies et Christelle ne tardera pas à attraper
la teigne qui va ronger son cuir chevelu, son front et une grande partie de son
visage, la rendant presque
méconnaissable. Christelle, très malnutrie, était devenue une fresque de la
misère familiale.
Dès
lors la famille de Henri n’est plus qu’une scène pathétique qui retient
l’attention de certains passants du quartier. Parmi ces passants, une
enseignante n’ayant pas pu supporter la misère de ces enfants, décide de prendre le bébé. Après
quelques jours à la recherche d’une
structure qui l’accueillerait, elle fait la découverte providentielle de SOS
Villages d’ Enfants à Bobo-Dioulasso, dans le quartier Sarfalao, commune de
Dafra.
Parvenue
aux portes du Village d’Enfants SOS, l’institutrice parvient, à coups de
supplications, à faire admettre le bébé de trois mois. Pour la Maman SOS, la première nuitée avec sa future enfant est
un long moment de compassion. La Maman SOS ayant été sensible à l’état critique
de l’enfant, ne put retenir ses larmes, la première nuit fut celle des larmes
de la Mère SOS et des vomissements de Christelle. Allait – elle survivre ?
Comme
si le malheur ne venait jamais seul, le chargé de l’accueil familial tient tout
de même au respect des règles d’admission des enfants. Il envisage même un
retour du bébé dans l’attente de la traditionnelle enquête. Dans les pleurs, la Maman SOS attire
l’attention du responsable de l’accueil familial que l’enfant risquerait de
perdre la vie si elle retournerait vivre
sous le camion. Elle s’est donc opposée de façon catégorique. Quelques jours
après son admission, l’enquête a permis d’accueillir son frère aîné Georges.
Que
devient alors le père des deux enfants ? L’institutrice qui a retrouvé les
enfants, lui a trouvé un travail
d’éboueur. Ce travail lui permet à peine de vivre, les difficultés qu’il
vit le pousse vers l’abus d'alcool. Il erre
donc de cabarets en cabarets dans l’espoir de noyer ses soucis.
Si
Henri pouvait avoir quelque lucidité pour apprécier les bons résultats scolaire
de Georges et de Christelle ! Leur maman SOS a su leur donner le goût de la vie. Elle est
une maman exemplaire qui donne de l’affection et de précieux accompagnements
pour la réussite de ses enfants SOS. Georges et Christelle sont d’excellents
petits écoliers dont on se disputerait la paternité.
![]() |
| Christelle et sa Mère SOS |
Le
visage souriant de Christelle
aujourd’hui est comparable à la beauté
des pétales d’une fleur aux milles couleurs qui s’ouvre à la nature au contact
de la rosée du matin. La page des difficultés est maintenant tournée à jamais.
Avec les autres enfants du village, ces deux
enfants sont bien intégrés et sourient à la vie.

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