Cette citation n’est pas de moi, elle est de Monseigneur Andrea Pio Cristiani Dans son discours (l’Ossessione della pace) adressé aux jeunes victimes de guerre, Mgr Andrea s’insurge contre le vieux diction « si vis pacem, para bellum » ‘’Si tu veux la paix prépare la guerre,’’ qui selon lui n’a jusque là apporté que désolation. Pour ce dernier la sauvegarde de la paix, passe par le changement de mentalité d’où la nécessité et l’urgence de remplacer le vieux diction par celui – ci : « Si vis pacem para pacem. » ‘’Si tu veux la paix prépare la paix’’ , ainsi Monseigneur Andrea Pio Cristiani, nous oriente vers une nouvelle façon de rechercher la paix véritable.
Le sujet de la paix a intéressé et intéressera tous les peuples de l’humanité, parce qu’elle est le seul gage pour un développement intégral harmonieux. Mais depuis des siècles, des démarches ont été entreprises pour trouver la paix, en vain. La preuve, de nos jours, en Afrique au moyen orient, des populations innocentes payent toujours de lourd tribut imputable aux erreurs de leurs dirigeants qui espèrent fonder la paix en faisant entendre le crépitement des armes. Si les armes étaient la solution à la Paix, les Irakiens, les Congolais, les Palestiniens et les Israéliens auraient séché leurs larmes depuis belle lurette. Malheureusement le constat est tout autre.
Voilà pourquoi cette nouvelle pensée, semble être en notre sens le plus beau chemin dans la marche vers la Paix : « qui veux la paix prépare la paix. » Vouloir construire la paix en avançant sur le terrain de la guerre, c’est faire fausse route. De nos jours, le problème de la guerre, véhiculé par la face cachée de la mondialisation, a de quoi susciter une indignation. En effet selon les chiffres donnés par Amnesty International et Control Armes à travers le film Armes trafic et raison d’Etat, de nos jours 700 millions d’armes sont en circulation dans le monde, dont 2 millions au Congo. L’industrie de l’armement fabrique chaque année, 14 milliards de balles, dont 2 balles pour chaque être humain. Et le plus étonnant : le chiffre d’affaire du trafic illégal des armes, s’élève au bas mot, 1 200 milliards de dollars, une vraie honte pour l’humanité !
Dans la recherche de la Paix, de nombreuses personnes et organisations se sont engagées, y compris l’Église. C’est d’ailleurs dans un monde en pleine crise que le Pape Jean XXIII a écrit le 11 avril 1963, l’Encyclique " Pacem in Terris", paix sur la terre, dans lequel il déclarait : « La justice, la sagesse, le sens de l'humanité réclament qu'on arrête la course aux armements… la proscription de l'arme atomique et enfin le désarmement dûment effectué d'un commun accord et accompagné de contrôles efficaces […]La paix rend service à tous …Il résonne encore à nos oreilles, l'avertissement de Pie XII : « Avec la paix, rien n'est perdu ; mais tout peut l’être par la guerre . » une année après l’encyclique Pacem in terris , le jeune Marthin Luther King, recevant à Oslo le prix Nobel de la Paix remarquait que la question politique et morale cruciale de notre époque c’est le besoin de l’homme de dépasser l’oppression et la violence sans faire appel à la violence et à l’oppression. Martin Luther King, Mâhâtmâ Gandhi, Jean Paul II, Frère Roger de Taizé, Mère Teresa de Calcutta, tous ont reconnu que la violence comme solution pour résoudre les crises, c’est en créer d’autres crises encore plus désastreuses.
Les efforts de Barack Obama, notamment sa main tendue vers les musulmans, sa ferme détermination à « voir le jour où les armes nucléaires auront été éliminées de la surface de la terre » lui a valut le prestigieux Prix Nobel de la Paix. Quoi de plus beau que de travailler pour assurer aux jeunes générations, un avenir meilleur. Mais ne nous y trompons pas, la paix n’est pas seulement l’absence de guerre.
Oui, la paix, au sens d’absence de guerre, ne signifie pas grand chose pour quelqu’un qui est en train de mourir de faim ou de froid. Elle ne soulagera en rien les souffrances d’un prisonnier politique soumis à la torture. Elle n’apportera aucun réconfort à ceux qui ont perdu des êtres chers dans les inondations causées par un déboisement incontrôlé, et un réchauffement de la planète par les pays industrialisés . La paix ne peut s’installer de façon durable que là où les droits de l’homme sont respectés, où les gens ont de quoi manger, où individus et nations sont libres
Le pape Paul VI l’a signifié dans son célèbre Encyclique Popolorum Progressio que le développement est le nouveau nom de la Paix.. Voilà pourquoi des structures comme Fondacio, et bien d’autres s’engagent dans les pays pauvres pour donner plus de dignité à ceux qui en sont dépourvu. La meilleure solution pour la recherche de la Paix, c’est d’abord la Paix. .
Répondre à la provocation par un sourire, n’est pas irréalisable. Car si la violence est le langage des animaux parce que muent par leurs instincts, le langage des hommes est celui de l’amour. En chaque être humain, créé à l’image de Dieu, le divin cherche à chaque instant un terrain d’expression. La tolérance, le Pardon, la non – violence, ne sont pas des actes de lâcheté, mais les vertus divines qui réclament un courage et un dépassement de l’animal en nous.
Avant de souhaiter la paix entre les nations, il est important de savoir que la véritable paix commence d’abord en soi-même, dans le plus profond secret de notre cœur. Semons la paix, là où nous sommes : dans notre famille, dans nos lieux de travail, en des personnes que nous rencontrons sur la route, dans le sourire que l’on peut donner à celui qui en attend le moins. Pour trouver la Paix, non de nom, mais vrai de vrai, Il faudra d’abord passer par la paix. Car « qui veut la paix prépare la paix »
Victor KOMONDI
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